B. UN PAVILLON CORÉEN À LA CITÉ UNIVERSITAIRE ?

Les étudiants sud-coréens en France constituent environ la moitié de la communauté coréenne dans notre pays, forte de 13.000 membres, alors que la Corée du Sud occupant le troisième rang mondial pour le nombre d'étudiants à l'étranger, après la Chine et l'Inde.

Alors que les étudiants coréens, s'ils en ont les capacités financières, cherchent à compléter leur formation par un cursus à l'étranger, la France reste une référence dans des secteurs ciblés, notamment la langue française, les beaux-arts, l'architecture, la philosophie, la cuisine et l'oenologie. L'un des enjeux pour notre pays consiste à diversifier les domaines où sont accueillis les étudiants coréens, en mettant l'accent sur les sciences et l'économie.

Une des difficultés, qui n'est pas propre aux étudiants coréens, est le manque de structures d'accueil pour les étudiants, notamment à Paris et en Île-de-France, corrélé au niveau élevé des loyers. Une réponse pourrait être la création d'un pavillon coréen à la Cité universitaire, projet ancien dont la réalisation semble entravée non pas tant par le manque de moyens financiers, que par des problèmes institutionnels tels qu'une clé de répartition du projet entre les universités coréennes bénéficiaires, la participation éventuelle de grands groupes privés français et coréens (ces derniers étant devenus, de fait, les principaux financeurs et recruteurs des universités coréennes auxquelles ils ont attaché leur nom) et le fait que le pavillon d'un pays, à la Cité universitaire, peut également bénéficier aux ressortissants d'autres Etats.

Dans ce contexte, le groupe interparlementaire d'amitié est disposé à prendre les contacts administratifs et politiques nécessaires pour faire avancer le projet d'un pavillon coréen à la Cité universitaire, au regard du nombre important d'étudiants sud-coréens accueillis en France.

C. LE BESOIN D'UNE FORMALISATION DES ÉCHANGES FRANCO-CORÉENS

L'image de la Corée reste essentiellement perçue, en France, à travers sa culture - alors que, a contrario, des marques sud-coréennes comme les chaebols Daewoo ou Samsung sont loin d'être systématiquement associées au pays du Matin calme.

Une autre difficulté pour encourager les échanges franco-coréens dans notre pays est le cloisonnement disciplinaire : par exemple, si des programmes de coopération existent dans le domaine archéologique, les coopérations restent faibles avec les linguistes et les sociologues, alors que le financement des divers centres d'études coréennes reste dépendant des aléas budgétaires. De même, les associations françaises avec la Corée ont généralement un objet assez strictement défini, qu'il s'agisse des associations d'anciens combattants, ou de Racines coréennes, dont l'expertise est reconnue sur les questions d'adoption 8 ( * ) .

Côté coréen, l'association des résidents coréens, structurée également dans les principales villes françaises, est essentiellement active dans la célébration des principales fêtes coréennes, alors que le dynamisme des églises coréennes (principalement protestantes et bouddhistes) s'explique par les réseaux de sociabilité et d'entraide qu'elles ont mis en place.

Cet éclatement et le manque de visibilité de la Corée en France plaident pour une plus grande formalisation des échanges, à l'occasion d'événements spécifiques ou pour mettre en oeuvre certains projets - tels que la création d'un pavillon coréen à la Cité universitaire. Une fondation pourrait également constituer l'objectif partagé d'un regroupement d'entreprises françaises et coréennes, alors que deux structures, en partie concurrentes, ont été créées : la chambre de commerce et d'industrie franco-coréenne, présidée par M. Philippe Li, et la chambre de commerce de l'Union européenne en Corée 9 ( * ) , cette dernière étant à l'origine de la Fondation Europe-Corée.

* 8 La France compte 11.000 adoptés d'origine coréenne. Pendant trente ans, la Corée du Sud a occupé le premier rang mondial pour le nombre d'adoptions internationales légales.

* 9 Une des particularités de la chambre de commerce de l'Union européenne en Corée, qui dispose de bureaux à Paris, est de promouvoir le développement des échanges tant avec le Sud qu'avec le Nord de la péninsule.

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