Question de M. HAENEL Hubert (Haut-Rhin - RPR) publiée le 25/06/1987

M.Hubert Haenel appelle l'attention de M. le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la jeunesse et des sports, sur le programme national de construction de 1 000 piscines industrialisées, lancé en 1969. Un concours d'idées, suivi d'un marché d'études techniques, d'un marché de construction et d'un marché de maîtrise d'oeuvre ont conduit à la réalisation de 199 piscines du type " Caneton ". Le ministère, maître d'ouvrage de la conception et des marchés, s'est ensuite fait déléguer par les collectivités destinataires la maîtrise d'ouvrage, subdéléguée aux directions départementales de l'équipement, jusqu'à la livraison des ouvrages aux collectivités. Or, des désordres graves affectant les structures, généralisés à l'ensemble des piscine de ce type, sont rapidement apparus, suscitant en 1983 la création de l'Association des gestionnaires de piscines " Caneton " (A.G.E.P.I.C.), en vue d'informer au mieux ses adhérents, engagés ou non, dans des procédures contentieuses et de rechercher une solution amiable générale. De nombreuses réunions au ministère ont amené ce dernier à passer deux contrats d'étude : l'un pour constater, analyser les désordres et proposer des mesures de réhabilitation ; l'autre pour analyser l'ensemble des contrats d'assurance des concepteurs et constructeurs. Lors de l'audience accordée aux représentants de l'A.G.E.P.I.C., le 17 février 1987, et suite à une réunion avec ses services, il semble que la recherche d'une solution amiable soit abandonnée. De plus, les informations attendues par l'A.G.E.P.I.C. semblent ne plus pouvoir être communiquées. L'importance du sinistre, évalué à 200 millions de francs, la faiblesse des moyens techniques et financiers des collectivités concernées comptant pour la plupart environ 10 000 habitants, la complexité des désordres, le coût des procédures contentieuses, l'urgence des réparations entraînant parfois des fermetures pour des raisons de sécurité, risquent de remettre en cause cet important patrimoine sportif national. C'est pourquoi il lui demande s'il souhaite toujours rechercher une solution amiable et si oui, comment et s'il souhaite toujours faciliter la bonne information des collectivités en faisant communiquer les résultats des études menées par ses soins, notamment l'étude Cofast.

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Réponse du ministère : Jeunesse et sports publiée le 23/07/1987

Réponse. -En 1969, l'Etat a décidé de favoriser l'implantation de piscines sur le territoire de certaines collectivités locales afin de développer l'apprentissage de la natation. Le concours d'idées lancé alors concernait " une piscine destinée à des agglomérations relativement restreintes, à des coûts réduits de construction, d'entretien et d'exploitation ". Cinq projets types ont été retenus en définitive pour réaliser un programme pluriannuel (opération " 1000 piscines "). Parmi eux, figurait le projet Caneton (architecte M. Charvier). De 1973 à 1981, 196 piscines Caneton ont été construites sur l'ensemble du territoire. Des désordres répétitifs (environ une centaine actuellement recensés) sont apparus au cours des dernières années, concernant notamment la toiture et son étanchéité, aggravés par la modification, à la suite de la crise de l'énergie, des conditions thermiques d'utilisation. Devant l'ampleur du problème et afin, d'une part, de préserver ce patrimoine sportif important et, d'autre part, de favoriser son amélioration éventuelle sur le plan du confort de l'usager et du coût d'exploitation, le secrétariat d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports a estimé indispensable d'entreprendre une étude technique approfondie et a engagé le dialogue avec les maires concernés, regroupés au sein de l'Agepic, afin de trouver des solutions réalistes à ces problèmes. Parallèlement à cette concertation, certaines collectivités locales se sont engagées dans des procédures contentieuses. Les jugements rendus à ce jour par les tribunaux n'imputent aucune faute de conception à l'Etat. Lors d'une réunion tenue en mars 1987 avec l'Agepic, le secrétariat d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports, après avoir repris complètement l'analyse du dossier, a présenté de nouvelles solutions, cohérentes et réalistes, sur la base des études disponibles. A cet égard, il s'est engagé à faciliter l'information des collectivités locales concernées en communiquant à l'Agepic, à titre gracieux, les rapports établis par les sociétés T.M.A et S.O.R.E.I.B. Ces documents, commandés et financés par l'administration, dégagent des solutions techniques permettant la rénovation des piscines Caneton. Désormais les collectivités locales peuvent s'en inspirer pour entreprendre les travaux, sous leur responsabilité et avec l'accord des tribunaux dans les cas où des procédures contentieuses sont engagées. Par conséquent, il est difficile d'affirmer que la recherche d'une solution amiable n'est plus d'actualité : la transmission des documents techniques précités en constitue un élément essentiel. En revanche, dans la mesure où il n'est pas démontré que les désordres survenus dans certaines des piscines Caneton ont pour origine une erreur de l'administration, le secrétariat d'Etat auprès du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports considère qu'il ne lui appartient pas d'intervenir dans le règlement financier de ces difficultés.

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