Question de M. FOY Alfred (Nord - NI) publiée le 06/03/1996

M. Alfred Foy attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la gravité du problème de l'illettrisme en France. On peut estimer qu'au total 21,8 p. 100 des adultes rencontrent des problèmes de lecture ou d'écriture. Certes, l'Education nationale a obtenu des résultats en constante amélioration depuis dix ans, mais il n'en demeure pas moins que de nouvelles mesures devront être prises pour mieux identifier les élèves en difficulté, comme par exemple des tests d'expression. Mais que faire pour ceux qui sont désormais sortis du système scolaire ? Derrière cette question s'en profile une autre : quelles sont les catégories de personnes les plus touchées ? Même si autrefois les analphabètes étaient bien plus nombreux, il n'en reste pas moins qu'ils étaient infiniment mieux intégrés à la société. Aujourd'hui, force est de constater qu'illettrisme rime avec exclusion : la dévalorisation de l'illettrisme est de toute façon contenue dans le postulat que la maîtrise de l'écrit est la condition nécessaire à l'épanouissement personnel et à l'intégration sociale. C'est donc un élément d'aggravation et de pérennisation de la détresse sociale et professionnelle : il est quasiment impossible maintenant de trouver un emploi lorsqu'on maîtrise mal l'expression écrite et orale, ou la lecture. A cet égard, les chiffres sont éloquents : 36 p. 100 de ceux qui touchent le revenu minimum d'insertion sont des illettrés profonds. Le Groupe permanent de lutte contre l'illettrisme (GPLI) s'est efforcé d'intervenir, mais il manque peut-être d'une véritable stratégie ; or, il est nécessaire d'utiliser des instruments adaptés aux adultes et de former ceux qui enseignent aux illettrés. De plus, cette structure est rattachée au ministère du travail et des affaires sociales, alors que plusieurs ministères sont concernés par le problème de l'illettrisme : la justice, la défense, l'aménagement du territoire, la ville et l'intégration, le travail et les affaires sociales, l'éducation nationale. Dans ces conditions, ne serait-il pas envisageable de remplacer le GPLI par une délégation interministérielle plus étendue qu'elle ne l'est actuellement qui prendrait en charge ce problème ? Le Président de la République avait fait de la fracture sociale le thème majeur de sa campagne ; l'illettrisme en est une des illustrations les plus marquantes. C'est pourquoi il souhaiterait connaître ses intentions sur cette question.

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Réponse du ministère : Éducation publiée le 20/03/1996

Réponse apportée en séance publique le 19/03/1996

Le texte de cette réponse n'est pas disponible en format numérique.

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