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Ateliers protégés et entreprises de travail adapté

11e législature

Question écrite n° 23093 de M. Charles Descours (Isère - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 02/03/2000 - page 736

M. Charles Descours attire l'attention de Mme le ministre de l'emploi et de la solidarité sur les graves conséquences de l'arrêt rendu le 29 juin 1999 par la Cour de cassation pour l'atelier protégé (AP/ETA) " Bretagne Ateliers " et à moyen terme pour l'ensemble de ces AP/ETA. Cet arrêt, en condamnant l'AP/ETA " Bretagne Ateliers " à payer à un salarié un avantage conventionnel, y compris sur le complément de rémunération, en lieu et place de l'Etat, met en péril son existence même et les 475 salariés, dont près de 400 salariés handicapés pleinement insérés, vont se retrouver au chômage si rien n'est fait extrêmement rapidement. Il est par ailleurs évident que si cet arrêt est désormais appliqué, ce sont tous les AP/ETA qui fermeront leurs portes et les 16 000 salariés handicapés qui réalisent plus de 2 milliards de francs de chiffre d'affaires qui seront sans emploi. Il lui demande par conséquent de lui indiquer sa position sur le sujet, ses intentions précises : souhaite-t-elle laisser disparaître cet outil d'insertion des personnes handicapées. Si tel n'est pas le cas quel dispositif de rénovation complète compte-t-elle engager, et quand ? Dans l'immédiat, va-t-elle laisser l'AP/ETA " Bretagne Ateliers " déposer son bilan ?



Réponse du ministère : Emploi

publiée dans le JO Sénat du 31/08/2000 - page 3018

Réponse. - Les ateliers protégés, issus de la loi du 23 novembre 1957 sur le reclassement des travailleurs handicapés, ont été conçus comme des unités de production relevant d'une logique économique et non médico-sociale, à l'inverse des centres d'aide par le travail qui accueillent des personnes plus lourdement handicapées. Ils assument une mission sociale spécifique, liée à l'emploi de 80 % de travailleurs handicapés au minimum. Ceux-ci trouvent dans l'atelier protégé un lieu d'insertion professionnelle et, pour certains d'entre eux, un lieu de préparation à l'intégration dans le milieu ordinaire de travail. Le soutien de l'Etat à la mission sociale des ateliers protégés se traduit par une aide à la personne assurée par le mécanisme de la garantie de ressources du travailleur handicapé, visant à offrir aux intéressés une garantie de ressources minimales, tout en compensant pour les employeurs les conséquences de la moindre productivité liée au handicap. Cette aide de l'Etat, qui s'élève à 700 M.F., est complétée par une subvention annuelle d'un montant global de 160 M.F. Conscient des difficultés évoquées par les associations gérant des ateliers protégés et entreprises de travail adapté, suite à l'arrêt rendu le 29 juin 1999 par la Cour de cassation au sujet de l'association Bretagne Ateliers, le Gouvernement a prévu, dans le projet de loi de modernisation sociale adopté par le conseil des ministres du 24 mai 2000, une disposition législative précisant que les accessoires de salaire prévus par les conventions collectives applicables sont dus à proportion du salaire direct. Cette disposition a été soumise pour avis au Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social des travailleurs handicapés, lors d'une consultation le 11 novembre 2000. Les avantages conventionnels ainsi accordés aux travailleurs handicapés viendront en sus de la garantie de ressources dont ils bénéficient. Plus généralement, les ateliers protégés connaissent des difficultés qui résident, notamment, dans la délicate combinaison entre dispositions générales du code du travail et dispositions particulières liées à leur mission sociale spécifique. Pour identifier et résoudre ces difficultés au bénéfice des ateliers protégés, et répondre à la demande des associations gestionnaires qui ont souhaité une réflexion sur les missions et les moyens des ateliers protégés, un groupe de travail issu du Conseil supérieur pour le reclassement professionnel et social de ce groupe, dont la ministre de l'emploi et de la solidarité est tenue régulièrement informée, seront présentés devant ce même Conseil supérieur et pourront, le cas échéant, donner lieu à modifications législatives ou réglementaires. D'ores et déjà, les modalités d'aide de l'Etat aux structures ont fait l'objet d'un rapport de l'IGAS qui a été présenté au groupe de travail ; les conséquences en seront tirées pour permettre notamment une plus grande lisibilité des critères d'attribution. Enfin, comme le Premier ministre l'a annoncé le 25 janvier dernier, 100 M.F. supplémentaires vont être dégagés sur 3 ans, de 2001à 2003, pour contribuer au renforcement et à la modernisation des ateliers protégés, soit un accroissement de plus de 60 % de l'aide aujourd'hui consentie. Les préoccupations émises par les représentants du secteur des ateliers protégés sont donc d'ores et déjà largement prises en compte par le Gouvernement. En ce qui concerne l'atelier protégé Bretagne Ateliers, la ministre de l'emploi et de la solidarité a immédiatement pris en considération ses difficutés ; l'entreprise a désormais trouvé les voies et moyens d'une préservation de ses équilibres économiques, avec l'appui de l'Etat.