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Situation des droits fondamentaux en Arabie Saoudite

11e législature

Question écrite n° 23743 de M. Bernard Fournier (Loire - RPR)

publiée dans le JO Sénat du 23/03/2000 - page 1005

M. Bernard Fournier appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation préoccupante des droits fondamentaux en Arabie Saoudite. Il ressort des rapports des organismes non gouvernementaux que des tortures et des châtiments corporels d'une extrême gravité font suite à des procès inéquitables, que la situation des femmes, des étrangers et des minorités est inquiétante au regard des conventions internationales de sauvegarde des droits de l'homme. Aussi il lui demande de bien vouloir lui indiquer quelle est la position que le Gouvernement français poursuit envers le royaume d'Arabie, ainsi que les orientations qu'il défendra à l'égard de ce pays devant la 56e session internationale des droits de l'homme de l'ONU, qui se déroulera à Genève, du 20 mars au 28 avril 2000.



Réponse du ministère : Affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 11/05/2000 - page 1680

Réponse. - La 56e session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU est de nouveau l'occasion pour la France de rappeler son attachement au respect universel de ces droits et d'indiquer ses préoccupations face à certaines situations. Elles rejoignent celles qui ont été exprimées par l'Union européenne dans le cadre de son intervention devant la 56e Commission. Le message adressé à l'Arabie saoudite insiste sur les questions de liberté religieuse et de discrimination à l'égard des femmes, domaines dans lesquels la France souhaite tout particulièrement que l'Arabie saoudite puisse engager des progrès. Les Quinze ont également fait part de leur inquiétude à propos des exécutions capitales. Ils ont exprimé leur souci lié à l'existence de rapports mentionnant des cas de torture et de châtiments cruels ou dégradants. En ce qui concerne le fonctionnement de la justice, le gouvernement saoudien a été encouragé à inviter le rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats. Sur ce point, l'Arabie saoudite, au cours de la session, s'est déclarée prête à accéder à cette demande. De manière générale, la France a le souci d'agir de la façon la plus utile et la plus efficace possible. L'adhésion récente de l'Arabie saoudite à plusieurs grands instruments internationaux en matière de droits de l'homme (convention sur la torture, convention contre la discrimination raciale, convention sur les droits de l'enfant) constitue de sa part un pas positif. La France suivra avec attention la traduction de cette démarche nouvelle dans les faits. La présentation prochaine par l'Arabie saoudite de son premier rapport au comité des droits de l'enfant constituera pour ce pays une occasion de témoigner de son engagement. Les autorités françaises souhaitent voir l'Arabie saoudite poursuivre cette démarche d'adhésion et de mise en uvre des grands instruments internationaux en matière de droits de l'homme, notamment par la signature des deux pactes sur les droits civils et politiques, et sur les droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que par la signature de la convention sur l'élimination de toute forme de discrimination envers les femmes. Ces attentes ont été rappelées avec clarté dans la déclaration de l'Union européenne.