Allez au contenu, Allez à la navigation

Difficultés d'application de la loi ouvrant droit à une allocation spécifique aux chômeurs de moins de soixante ans ayant cotisé quarante ans

11e législature

Question écrite n° 24531 de M. Thierry Foucaud (Seine-Maritime - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 20/04/2000 - page 1399

M. Thierry Foucaud attire l'attention de Mme le ministre de l'emploi et de la solidarité sur les difficultés d'application de la loi nº 98-285 du 17 avril 1998. L'esprit de ce texte était clair. Il visait à assurer un revenu minimum de 5 000 francs pour tous les chômeurs ayant cotisé quarante ans. Il reprenait une idée chère à M. le Premier ministre selon laquelle un minimum de 5 000 francs devrait être attribué individuellement à toute personne sans emploi qui pouvait faire valoir quarante années de cotisation aux caisses de retraite. L'objectif était pour chacun de pouvoir vivre décemment au terme d'une vie de travail. Cette décision s'appliquait aux allocataires de l'ASS (allocation de solidarité spécifique) ou du RMI (revenu minimum d'insertion), un complément de ressource l'ASA (allocation spécifique d'attente) leur étant alors octroyé. Dans les faits, les destinataires sont loin de percevoir les 5 000 francs promis. En effet, l'ASA dont le montant s'élève à 1 750 francs n'est pas différentielle. Or, si les bénéficiaires de l'ASS ou du RMI ne sont pas au plafond de leur allocation de base, le complément provenant de l'ASA n'atteint pas les 5 000 francs annoncés et espérés. Voilà pourquoi il lui demande quelles mesures elle compte prendre pour que l'esprit de la loi qui a présidé à la création de l'ASA soit respecté et se traduise par le versement d'un total de 5 000 francs pour toutes les personnes concernées.



Réponse du ministère : Emploi

publiée dans le JO Sénat du 31/08/2000 - page 3021

Réponse. - Depuis le mois de juin 1998, en application de la loi nº 98-285 du 17 avril 1998, les bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) et du revenu minimum d'insertion (RMI) qui ont acquis 40 annuités au titre de l'assurance vieillesse peuvent prétendre à l'allocation spécifique d'attente (ASA). L'ASA est accordée dès lors que l'intéressé peut être indemnisé au moins une journée en ASS à taux plein ou à taux différentiel, à compter de la date où il remplis les conditions pour percevoir l'ASA. En ce qui concerne les bénéficiaires de l'ASS, la circulaire DGEFP nº 98/22 du 24 juin 1998 relative à l'ASA précise que les allocataires de l'ASS qui bénéficient de l'ASA perçoivent l'ASS au taux majoré, en application de l'article R. 351-14 du code du travail modifié par le décret nº 98-455 du 12 juin 1998. De même, l'UNEDIC dans sa directive nº 30-98 du 1er juillet 1998, a expliqué ces règles aux directeurs des ASSEDIC qui sont chargées de les mettre en uvre. Ainsi, une personne qui bénéficiait de l'ASS à taux simple et qui justifie de 160 trimestres au titre de l'assurance vieillesse doit bien évidemment accéder à la majoration de l'ASS, en même temps qu'elle accède à l'ASS. En conséquence, les ressources des bénéficiaires de l'ASS percevant l'allocation spécifique d'attente (ASA) dépassent bien le plancher de 5 000 francs par mois, fixé par le décret nº 98-456 du 12 juin 1998, ce qui est conforme à l'engagement pris par le Gouvernement. Pour ce qui concerne les bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) titulaires de l'ASA, la circulaire DSS - AC nº 98-501 du 6 août 1998 relative aux modalités d'attribution et de liquidation de l'ASA en leur faveur distingue deux cas : celui, d'une part, des bénéficiaires pour lesquels le montant de l'ASA (1 750 francs), additionné au montant du RMI assuré à leur foyer, suffit à leur faire atteindre le plancher de 5 000 francs par mois et, d'autre part, celui des bénéficiaires pour lesquels il se révèle insuffisant. Dans ce dernier cas, la circulaire précitée précise que l'ASA doit être majorée jusqu'à due concurrence du plancher de 5 000 francs, eu égard aux dispositions des articles 1er et 2 du décret nº 98-456 du 12 juin 1998 relatif au montant de l'ASA. Pour l'essentiel, l'ajustement de l'ASA concerne les bénéficiaires du RMI vivant seuls dans la mesure où le RMI leur garantit actuellement un montant de ressources égal à 2 552,35 francs au 1er janvier 2000. Il s'en suit que dans tous les cas, les bénéficiaires du RMI percevant l'ASA sont assurés de disposer d'un minimum de 5 000 francs de ressources par mois.