Question de M. RAFFARIN Jean-Pierre (Vienne - RI) publiée le 21/06/2001

M. Jean-Pierre Raffarin attire l'attention de M. le ministre délégué à la santé sur les positions de la fédération Jusqu'à la mort accompagner la vie (JALMALV) à l'égard de l'euthanasie. Cette fédération est opposée à toute légalisation ou dépénalisation de l'acte euthanasique. Une telle législation, estime-t-elle, risquerait d'entraîner des dérives et abus vis-à-vis des populations les plus vulnérables (handicapés, déments, grands vieillards...). Pour JALMALV, soulager par des soins palliatifs, dialoguer, accompagner, sont les réponses humaines et solidaires qui permettent de prende en charge dignement la personne en fin de vie. Elle estime que l'absence de moyens en soins palliatifs, la carence en personnel soignant, l'insuffisance de formation, le manque de soutien des équipes et des familles, font le lit des demandes d'euthanasie. Quelles sont les intentions du Gouvernement à l'égard de ce dossier ?

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Réponse du ministère : Santé publiée le 10/01/2002

La question de la fin de vie en dépit de sa difficulté doit être posée et débattue. L'erreur serait grande de vouloir occulter un problème qui concerne chaque citoyen et qui correspond à une réalité aussi universelle qu'inévitable. Une socité responsable et démocratique doit s'interroger sur la manière dont elle gère la maladie, le handicap et la mort. Il est primordial, toutefois, de prendre le temps nécessaire pour que ce débat aborde l'ensemble des questions et permette de prendre en compte la diversité des situations relatives à la fin de vie. Accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, apaiser ses souffrances, assurer jusqu'au bout la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage sont les principes qui inspirent la loi de 1999 visant à garantir l'accès de tous aux soins palliatifs. Des progrès ont ainsi été réalisés dans la prise en charge des mourants qui doivent être poursuivis. Il reste que certaines situations particulièrement douloureuses de fin de vie demeurent sans réponse. Force est de constater en effet que certaines situations échappent aux soins palliatifs. C'est le cas notamment lorsque la personne concernée, capable d'exprimer clairement et librement sa volonté, revendique une " assistance à la mort consentie ", selon les termes du Comité consultatif national d'éthique, afin de mettre un terme à ses souffrances physiques et psychiques. Les réponses apportées par certains de nos voisins, notamment européens, offrent des pistes de réflexion à cet égard. Mais il y a aussi les situations dans lesquelles les personnes malades ne sont plus à même d'exprimer une quelconque volonté. Celles-là restent sans solution. Une réponse univoque qui ne prendrait pas en compte la multiplicité des situations et des individus semble devoir être repoussée. Pour autant, on ne saurait accepter de laisser se perpétrer des pratiques individuelles, solidaires et clandestines. A cet égard, un inventaire des positions et des pratiques françaises vis-à-vis des situations de fin de vie devrait être à présent établi. En tout état de cause, il faut approfondir la réflexion sur les conditions dans lesquelles pourrait être mieux assuré le respect de l'autonomie et de la dignité da la personne malade, principe au coeur du projet de loi relatif aux droits des malades et à la qualité du système de santé.

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