Question de M. SOUVET Louis (Doubs - UMP) publiée le 26/01/2006

M. Louis Souvet attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'analyse d'un membre de l'Institut vis-à-vis des réactions suscitées par la publication d'un ouvrage traitant de l'histoire globale de l'esclavage. Il demande si, pour céder à une tendance actuelle du politiquement correct, il conviendra dans les établissements scolaires de ne pas évoquer sur ce sujet de l'esclavage les années antérieures à 1500 dans la péninsule Arabique. Que dire alors de Jules Ferry et de la célébration par les Américains du président Jefferson ? La raison doit l'emporter sur les pressions pseudo-moralisatrices.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche publiée le 31/08/2006

Le ministère rappelle que, dans le cadre fixé par le code de l'éducation (articles L. 311-2 et L. 311-3), les programmes nationaux d'enseignement sont le fruit d'un long processus d'élaboration, ponctué de phases d'écriture et de consultations auprès des partenaires du système éducatif, des enseignants et des instances officielles. Leur renouvellement permet, en tenant compte du niveau et de l'âge des élèves concernés, d'intégrer les acquis des recherches les plus récentes. Les programmes nationaux d'enseignement de l'histoire ont des finalités intellectuelles, civiques, patrimoniales et culturelles clairement énoncées. Ils opèrent des choix, leurs libellés sont généraux et succincts et ils n'érigent pas d'acteurs, de groupes ou de phénomènes particuliers en objet d'études. La période médiévale est étudiée de manière globale à l'école élémentaire (cycle 3) ou autour de thématiques et problématiques précises au collège et au lycée (classes de 5e et de seconde). L'esclavage connu dans le monde musulman sera ainsi abordé dans des perspectives différentes, selon que l'on étudie les routes du commerce qui unissaient ce monde de l'Atlantique jusqu'à la Chine ou que l'on étudie l'organisation des villes et des marchés qui fondaient sa prospérité ou bien que l'on s'interroge sur les sources de son droit et les différents statuts personnels qu'il définissait. Chaque professeur opère la mise en oeuvre de ces programmes en concevant un projet pédagogique cohérent : il dispose d'appuis variés, depuis la mutualisation de la réflexion au sein des établissements jusqu'aux multiples ressources didactiques en passant par le potentiel d'information et de formation des académies. Le ministère entend, dans le cadre de la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, renforcer les possibilités de formation initiale et continue des enseignants et souligne son entière confiance dans le corps des professeurs d'histoire-géographie.

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