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Partenariat ONG-État dans le cadre de la réforme de la coopération internationale

12e législature

Question écrite n° 21660 de M. André Vantomme (Oise - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 16/02/2006 - page 387

M. André Vantomme appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères concernant les modalités d'évolution du partenariat entre les ONG et l'État dans le cadre de la réforme de la coopération internationale. Alors que le ministère des affaires étrangères prévoit de modifier les modalités de partenariat entre son principal service en charge des relations avec les acteurs non gouvernementaux (la MCNG) et les ONG de solidarités internationales, ces dernières n'ont toujours pas été consultées sur le projet. Les ONG ne sont pas opposées à la mise en place de nouveaux outils de renforcement de la coopération non gouvernementale, toutefois, devant le manque d'informations et de perspectives, elles demandent la tenue d'une réunion plénière de la commission coopération développement afin que les pouvoirs publics détaillent leur projet. Compte tenu des éléments susvisés, il lui demande s'il entend, dans un premier temps, prendre en compte les revendications avancées par les ONG et, dans un second temps, oeuvrer en toute transparence sur ce projet de réforme.



Réponse du Ministère des affaires étrangères

publiée dans le JO Sénat du 30/03/2006 - page 915

Le ministère des affaires étrangères reconnaît aux ONG des spécificités et une complémentarité avec ses actions pour : développer une coopération de proximité au plus près des populations défavorisées ; renforcer les sociétés civiles dans les pays partenaires ; partager des stratégies sur les thèmes de l'agenda international tels que la promotion des financements innovants du développement ; promouvoir l'éducation au développement et à la solidarité internationale ; proposer des actions et projets innovants. Les orientations fixées par le Comité interministériel de la coopération et du développement (CICID) ont été communiquées aux ONG et ont fait l'objet d'explications complémentaires aussi bien lors de réunions organisées par Coordination Sud qu'à l'occasion d'entretiens entre les représentants d'ONG et les responsables du ministère des affaires étrangères (direction générale de la coopération et du développement - DGCID - en particulier). Les ONG conservent leur droit d'initiative pour proposer leurs projets au cofinancement du ministère des affaires étrangères. Les propositions présentées en septembre 2004 par Coordination Sud ont été examinées par l'administration et ont donné lieu à divers échanges. La ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie s'est prononcé sur ces propositions lors de l'assemblée plénière de la commission coopération développement qu'il a présidée le 14 mars 2005. La création de la mission d'appui à l'action internationale des ONG résulte d'un partage des compétences entre la coopération mise en oeuvre par les collectivités territoriales et celle conduite par les ONG. S'agissant de ces dernières, les observations des parlementaires et de la Cour des comptes ont conduit à une réorganisation garantissant la cohérence entre les priorités fixées par le CICID et les subventions servies aux ONG. La justification au premier euro prévue par la LOLF s'applique aussi dans ce domaine. Elle justifie un suivi attentif des ONG qui reçoivent de l'Etat une part importante de leurs ressources. Le document présentant l'organisation de la mission d'appui à l'action internationale des ONG a été remis aux représentants des ONG lors de la réunion du bureau de la commission coopération développement tenue le 27 janvier 2006. La future mission d'appui à l'action internationale des ONG ne se substituera pas à la commission coopération développement (CCD), qui réunit les représentants des pouvoirs publics et des ONG et demeure le lieu privilégié de la concertation entre l'Etat et les organisations de solidarité internationale. L'assemblée plénière de cette commission a été présidée par la ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie le 7 février 2006. Les groupes de travail de la commission coopération développement ont poursuivi leurs travaux et obtenu des résultats intéressants (éducation au développement, jeunesse, Europe...). La concertation entre les services du ministère et les ONG a permis des avancées sur des dossiers tels que la préparation des documents de stratégies sectorielles pour le CICID, la loi sur le volontariat de solidarité internationale, les décisions de la Commission européenne concernant le financement des ONG et les programmes concertés pour plusieurs pays. La participation des ONG à l'élaboration des contrats désendettement-développement (C2D) est aussi jugée exemplaire. Si le représentant de Coordination Sud ne participe pas aux réunions de la conférence d'orientation stratégique et de programmation (COSP), qui ont un caractère interministériel, les ONG ont cependant bien vocation à être associées, en amont comme en aval, aux travaux de cette conférence. Ainsi la ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie a reçu le bureau de Coordination Sud avant la réunion de la COSP du 16 décembre 2005. Une réunion bimestrielle de concertation Etat-ONG sur les questions de solidarité internationale se tient désormais sous la coprésidence du directeur général de la coopération internationale et du développement et celle de la déléguée à l'action humanitaire du ministère des affaires étrangères. S'agissant de l'objectif visant à doubler entre 2004 et 2009 la part des ONG dans l'APD française, c'est naturellement sur l'ensemble de la période qu'il conviendra de juger cet effort. Le contrat d'objectif qui sera prochainement signé avec l'Agence française de développement prévoit que cet organisme, opérateur pivot de l'APD française, prenne toute sa part à la réalisation de cette tâche. Dans le budget 2006 de la coopération française, les crédits réservés aux ONG sont d'ores et déjà en augmentation par rapport à 2005. La déconcentration expérimentale des décisions d'attribution et de suivi des crédits vers certaines ambassades vise plusieurs objectifs. La plupart des projets présentés par les ONG sont des actions de proximité, au contact des populations défavorisées. L'ambassade est mieux à même d'apprécier l'intérêt de l'octroi des subventions en fonction des priorités de son plan d'action et des qualités des partenaires locaux des ONG françaises. De même, le suivi de ces projets sera mieux assuré par l'ordonnateur des dépenses appelé à rendre compte de l'utilisation des crédits au responsable du programme concerné. Les dispositifs fonctionnant actuellement à Dakar donnent satisfaction. Cette année, l'expérimentation sera poursuivie au Sénégal et lancée à Madagascar, au Cambodge, en Guinée et au Yémen. Elle ne portera que sur l'examen de nouveaux projets. Les ONG locales continueront à bénéficier du fonds social de développement (FSD).