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Fiscalisation des ventes directes des coopératives agricoles

12e législature

Question écrite n° 24607 de M. Robert Tropeano (Hérault - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 05/10/2006 - page 2520

M. Robert Tropeano attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie à propos de la fiscalisation récente des ventes au détail qui concernent les coopératives agricoles et leurs unions. En effet, le Bulletin officiel des impôts 4H-2.06 n° 57 du 29 mars 2006 étend la définition de « magasin de vente au détail distinct de l'établissement principal », entraînant par voie de conséquence la fiscalisation de toutes les ventes directes de la coopérative agricole. Ce texte, établi sans concertation avec les parties concernées et sans prendre acte de la position pourtant clairement exprimée en mars 2005 par les représentants de la confédération des coopératives vinicoles de France et de Coop de France, instaure une discrimination par rapport aux exploitants agricoles vendant directement leur production. Il souhaiterait connaître la justification du ministère quant à cette décision soudaine qui porte atteinte au régime particulier attaché au statut coopératif.



Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

publiée dans le JO Sénat du 18/01/2007 - page 127

Le Gouvernement partage le souci de prévoir un régime fiscal juste et équitable adapté au statut spécifique des coopératives agricoles, et notamment aux coopératives de viticulteurs qui peuvent connaître certaines difficultés économiques. C'est précisément pour cette raison qu'une clarification du champ de l'exonération à l'impôt sur les sociétés dont bénéficient ces structures, fragilisée par des contestations de plus en plus pressantes, était devenue indispensable. Les coopératives agricoles sont exonérées d'impôt sur les sociétés dès lors qu'elles fonctionnent conformément aux dispositions qui les régissent. Seules quelques opérations limitativement énumérées sont imposables. Afin de prévenir d'éventuelles contestations relatives à la distorsion de concurrence, la nouvelle doctrine administrative ne fait que préciser la notion de « magasin distinct de l'établissement principal ». Le régime applicable à la vente au détail était jusqu'alors fondé sur deux réponses ministérielles datant, l'une de 1948, et l'autre de 1950 qui ne paraissaient plus adaptées à la situation des coopératives agricoles, celle-ci ayant sensiblement évolué depuis les années 50. Les réponses ministérielles Paumier du 24 juin 1948 et Galy-Gasparrou du 8 mars 1950 étaient en effet fondées sur un critère géographique qui visait à décourager les coopératives à installer des magasins de détail près des zones habitées. Compte tenu de l'évolution des modes de vie et de l'extension des zones de chalandise, les magasins installés dans les coopératives parviennent à capter la clientèle de leurs concurrents tout en bénéficiant d'un avantage fiscal. Ainsi, la modification de la doctrine applicable aux ventes au détail réalisées par les coopératives agricoles, exposée dans l'instruction 4 H-2-06 du 29 mars 2006 a eu pour principal objectif, en rendant ce régime plus conforme à la réalité économique actuelle d'assurer sa pérennité d'ensemble. Les critères d'appréciation mentionnés dans l'instruction précitée seront appréciés au cas par cas, en fonction de la nature des équipements de chaque local de vente au détail. Ainsi, des instructions ont été données aux services de la direction générale des impôts afin que les critères figurant dans l'instruction soient appliqués en cohérence avec l'esprit du texte.