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Aléas liés aux investissements forestiers

12e législature

Question écrite n° 25025 de M. Louis Souvet (Doubs - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 26/10/2006 - page 2681

M. Louis Souvet attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de la pêche sur les aléas liés aux investissements forestiers. La durée particulièrement importante de ces investissements induit logiquement un temps de retour sur investissement exceptionnellement long. A ce facteur s'ajoute un facteur risque (tempête, aléas météorologiques). De plus, la rentabilité de l'investissement forestier est faible. A titre d'exemple, la forêt domaniale publique ne génère pour l'Etat aucune recette en terme de bilan financier, ce alors que le revenu brut par hectare s'élève au triple de celui des forêts privées. Il demande s'il est prévu une continuité d'un soutien public à l'investissement forestier. Sont en jeu la constitution d'une ressource forestière massive tout autant que pérenne, ainsi que le soutien à l'emploi dans les zones rurales.



Réponse du Ministère de l'agriculture et de la pêche

publiée dans le JO Sénat du 21/12/2006 - page 3163

Depuis les tempêtes de 1999, la reconstitution des forêts sinistrées constitue une priorité forte de l'action publique. Fin 2006, 756 millions d'euros auront été délégués pour la reconstitution des forêts privées et publiques sinistrées par les tempêtes de 1999. Le plan Chablis sera mené à son terme, fin 2009 ; il figure dans le socle national du programme de développement rural national. Le taux de subvention pour les opérations de nettoiement et de reconstitution sera maintenu à 80 %. Les moyens financiers en 2007 seront reconduits au niveau des années 2005 et 2006. A ce jour, un objectif portant sur 35 000 hectares à nettoyer et de 190 000 hectares à replanter paraît réaliste, au regard de l'effort déjà accompli. Les investissements forestiers visant à l'amélioration de la valeur économique des forêts seront eux aussi intégrés dans le plan de développement rural hexagonal 2007-2013 (axe 1, mesure 122). Il s'agit des travaux de reboisement, de conversion de taillis ou taillis sous futaie en futaie, et d'amélioration des peuplements : élagage, dépressage, éclaircie. Il convient de noter que les aides de l'Etat à l'investissement forestier privilégient les opérations visant à apporter une amélioration significative de la ressource forestière mobilisable. En outre, afin d'assurer une plus grande efficacité au dispositif d'aide et d'encourager une gestion optimisée des surfaces forestières, les subventions au boisement ou au reboisement sont réservées aux propriétaires forestiers dont le projet porte sur une surface minimale de 4 hectares d'un seul tenant, inclus dans un massif d'au moins 10 hectares. Enfin, au-delà des instruments budgétaires, la loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006 prévoit une incitation fiscale pour soutenir les investissements en forêts. C'est ainsi que les travaux de desserte forestière, de renouvellement ou d'amélioration des peuplements sont éligibles à une déduction de l'impôt sur le revenu, dans la limite d'un plafond annuel de travaux de 1 250 euros pour une personne célibataire, veuve ou divorcée, et de 2 500 euros pour un couple (DEFI FORETS). La mesure s'appliquera au revenu 2006. Ces mesures montrent l'importance qu'attache le Gouvernement aux investissements dans le domaine de la forêt.