Question de Mme MORIN-DESAILLY Catherine (Seine-Maritime - UC) publiée le 15/06/2011

Question posée en séance publique le 14/06/2011

Concerne le thème : Suivi de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités et de la politique universitaire française

Mme Catherine Morin-Desailly. Je me réjouis que nous débattions aujourd'hui du suivi de la loi LRU, qui a introduit une réforme que nous sommes nombreux à considérer comme l'une des plus importantes de la législature pour l'avenir de notre pays. Je souligne d'ailleurs que le groupe de l'Union centriste a contribué activement à son élaboration, puisque notre collègue Jean-Léonce Dupont en était le rapporteur. C'est donc aussi en son nom que je vous poserai ma question, madame la ministre, question qui me permettra de relayer une préoccupation qui nous taraude tous, celle de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés de l'université.

La loi LRU a encouragé les universités à s'investir davantage dans ce domaine. Elle leur a clairement confié une mission « d'orientation et d'insertion professionnelle des étudiants » et leur a fait l'obligation de créer des bureaux d'aide à l'insertion professionnelle des étudiants.

Aujourd'hui, dresser un premier bilan s'impose. Nous souhaiterions ainsi disposer de données nous permettant de mesurer le chemin parcouru et, parallèlement, d'éclairer l'horizon.

À cet effet, madame la ministre, pouvez-vous préciser comment cette mission est concrètement assurée par les universités et quels en sont les résultats ?

Pouvez-vous en outre évaluer dans quelle mesure elle se traduit dans l'adaptation de l'offre de formations des universités ?

Pouvez-vous mesurer les effets de l'« orientation active » et de la réforme de la licence sur les décisions des jeunes en matière de formation ?

Enfin, d'intéressantes enquêtes sur l'insertion professionnelle des étudiants issus de formations professionnalisantes ont été réalisées, mais, comme mon collègue l'avait déjà relevé à la fin de 2010, elles retiennent pour critère l'insertion trente mois après l'obtention du diplôme, délai qui peut rendre la corrélation quelque peu ténue. De nouvelles enquêtes, portant cette fois sur les autres formations et comportant d'autres critères, ont-elles été réalisées ou sont-elles envisagées ?

Nous insistons, madame la ministre, sur l'importance de ces questions, notre objectif, que je sais partagé, étant que le système universitaire débouche effectivement sur l'emploi et réponde au mieux aux préoccupations exprimées par les jeunes et par leurs familles, ainsi qu'aux besoins de notre pays.

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Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche publiée le 15/06/2011

Réponse apportée en séance publique le 14/06/2011

Mme Valérie Pécresse, ministre. Madame Morin-Desailly, je vous remercie tout d'abord de votre soutien inébranlable à la cause de la réforme.

L'introduction dans la loi LRU de l'insertion professionnelle en tant que troisième mission de l'université, à côté de la formation et de la recherche, a en effet été un tournant. C'est même une véritable petite révolution culturelle qui a eu lieu dans les universités.

Une partie des nouveaux moyens accordés aux universités autonomes a été utilisée pour mettre en place des bureaux d'aide à l'insertion professionnelle. Parallèlement, dans tous les cursus universitaires, on a vu apparaître de nouveaux modules de professionnalisation.

Je considère que la barrière qui avait été artificiellement dressée entre enseignement général, à vocation purement académique, et enseignement professionnel n'a plus de sens aujourd'hui : le diplôme doit déboucher sur un métier.

La première enquête nationale sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés fait apparaître, pour les titulaires d'un master, un taux d'insertion professionnelle de 91,4 %. Il est vrai qu'il s'agit du taux constaté trente mois après la sortie de l'université, mais, si nous avons retenu ce délai, c'était tout simplement pour gommer l'« effet crise » : cette première enquête ayant été réalisée en plein milieu de la crise de 2008, il fallait éviter tout biais lié au contexte économique, pour que les résultats reflètent la qualité réelle des diplômes.

Nous allons poursuivre ces enquêtes, en les faisant porter sur les étudiants de licence ou sortant des instituts universitaires de technologie, afin de disposer de tous les chiffres qui permettront aux jeunes de s'orienter dans les meilleures conditions d'information.

De ce point de vue, la réforme a porté ses fruits : le nombre d'élèves de terminale demandant en premier vœu une inscription à l'université a augmenté de 16 % en deux ans ! C'est la preuve de l'attractivité retrouvée de l'université française, liée aussi à une nouvelle attitude à l'égard de l'insertion professionnelle.

Mme Brigitte Bout. Très bien !

M. le président. La parole est à Mme Catherine Morin-Desailly, pour la réplique.

Mme Catherine Morin-Desailly. Je vous remercie, madame la ministre, des précisions et des chiffres que vous venez de m'apporter.

Bien que les études de médecine relèvent plutôt du ministère de la santé, je veux profiter de cette occasion pour vous faire part de notre consternation devant l'annulation, le 1er juin dernier, de la première épreuve de lecture critique d'article, du fait de plusieurs erreurs dans le sujet, annulation confirmée l'après-midi, après une longue attente et dans la confusion.

Je me fais ainsi le relais du mécontentement des étudiants en médecine de mon département, qui acceptent mal de devoir repasser cette épreuve aujourd'hui même.

Nous espérons, madame la ministre, que le Gouvernement saura tirer les conséquences de cette situation, analyser les causes de ces erreurs et assumer sa part de responsabilité.

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