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TVA pour les entreprises d'aide à domicile

14e législature

Question écrite n° 01683 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 30/08/2012 - page 1894

M. Jean Louis Masson attire l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur le fait que la TVA pour les entreprises d'aide à domicile est passé de 5,5 % à 7 %. Toutefois en ce qui concerne les aides à la personne pour les gestes vitaux liés à la perte d'autonomie, le taux de TVA reste de 5,5 %. Cependant, la définition de la notion de prestation pour un geste vital est assez imprécise. Interrogés à ce sujet, les services des impôts sont en général évasifs, ce qui crée une regrettable incertitude. Il souhaiterait donc qu'il clarifie la situation. De plus, il lui demande s'il serait possible de prévoir que dès qu'une personne est prise en charge dans le cadre de l'APA (allocation personnalisée d'autonomie), le taux de TVA reste à 5,5 % quelles que soient les prestations effectuées.



Réponse du Ministère de l'économie et des finances

publiée dans le JO Sénat du 28/02/2013 - page 706

Par mise en demeure du 29 septembre 2011 et avis motivé du 21 juin 2012, la Commission européenne a fait part aux autorités françaises de ses observations sur l'application du taux réduit de la TVA à certains services à la personne prévu au i de l'article 279 du code général des impôts (CGI) qui vise les prestations de services fournies par des associations, des entreprises ou des organismes déclarés en application des articles L. 7232-1 à L. 7232-4 du code du travail. Elle rappelle qu'en vertu du point 20 de l'annexe III à la directive n° 2006/112/CE du 28 novembre 2006 modifiée, les Etats membres de l'Union européenne ont la possibilité d'appliquer un taux réduit de TVA aux « services de soins à domicile, tels que l'aide à domicile et les soins destinés aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes malades ou aux personnes handicapées ». Elle considère que ces « soins à domicile » visent uniquement les services de nature non médicale rendus à domicile qui ont pour objet la satisfaction de besoins de la vie courante étroitement liés à la santé et au bien-être des personnes, ainsi que les services qui visent à répondre à des besoins spécifiques des personnes dépendantes ou fragiles. Dans l'avis motivé du 21 juin 2012, la Commission estime que seuls cinq des vingt-et-un services à la personne bénéficiant du taux réduit en France sont non conformes au droit communautaire, à savoir : les petits travaux de jardinage ; les cours à domicile (le soutien scolaire à domicile étant lui préservé) ; l'assistance informatique et internet à domicile ; les services de maintenance, entretien et vigilance temporaires, à domicile, de la résidence principale et secondaire ; ainsi que les activités qui concourent directement et exclusivement à coordonner et délivrer les services à la personne (c'est-à-dire l'activité du mandataire qui met en relation un client et un prestataire de services à la personne). Afin de préserver l'essentiel du secteur d'activité des services à la personne et de prévenir un contentieux communautaire imminent que la France serait certaine de perdre sur le taux de TVA qui leur est applicable, il a été décidé de mettre en conformité la législation nationale avec le droit communautaire sur les cinq services incriminés par la Commission. La suppression du taux réduit applicable à ces cinq services prendra effet le 1er avril 2013.