Question de M. NÈGRE Louis (Alpes-Maritimes - UMP) publiée le 01/08/2013

M. Louis Nègre attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur la hausse effrénée du chômage en France, battant ainsi le triste record de janvier 1997.
Fin mars 2013, le nombre de chômeurs ne cesse d'augmenter, et ce, depuis vingt-trois mois. Avec 3 224 600 personnes en catégorie A, et plus de 5,7 millions de chômeurs toutes catégories confondues, la France connaît là ses pires chiffres en la matière.
Cette hausse n'est que le reflet de l'année qui vient de s'écouler. En un mois, ce sont plus de mille chômeurs supplémentaires qui, chaque jour, se sont inscrit à Pôle emploi, ce qui nous amène à une hausse de 36 900 demandeurs d'emplois pour le mois de mars, par rapport à celui de février. Depuis près d'un an, cette hausse continue – et soutenue –, avoisine les 27 000 chômeurs en plus tous les mois.
Les jeunes et les seniors sont également durement touchés. En effet, 550 000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage, et près de 690 000 seniors de plus de 50 ans. Ces chiffres représentent une hausse de 17 % en un an. 1,9 million de chômeurs le sont depuis plus d'un an, près d'un million depuis plus de deux ans.
Concernant les emplois d'avenir, cinq mois après leur lancement, seuls 10 000 avaient trouvé preneurs fin mars, avec un rythme de progression relativement lent.
Au vu de la situation difficile que traverse notre pays, il souhaite savoir quelles mesures sérieuses et pérennes le Gouvernement compte prendre pour tenter d'inverser la courbe exponentielle du chômage qui sévit actuellement dans notre pays et ainsi, permettre de relancer l'emploi en France.

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Réponse du Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social publiée le 05/09/2013

L'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A est restée contenue en juin (+14 900, soit +0,5 %). En parallèle, le nombre des demandeurs d'emploi en catégories A+B+C a très faiblement augmenté (+4 100 en juin, soit +0,1 % sur un mois), marquant une stabilité sur deux mois après la baisse du mois de mai (-3 600). Après la forte progression observée sur les 4 premiers mois de 2013 (+35 000 en moyenne par mois en catégorie A, contre +7 500 en mai et juin) et une hausse continue du chômage depuis cinq ans, cette progression modérée du nombre de demandeurs d'emplois confirme une amélioration sur le front du chômage, même si elle ne traduit pas encore l'inversion durable de la courbe du chômage qui est l'objectif des prochains mois. Pour la 2e fois consécutive, le nombre de jeunes demandeurs d'emploi de moins de 25 ans recule, phénomène inobservé depuis le début 2011. C'est un signe très encourageant. C'est la marque de l'engagement déterminé du Gouvernement en faveur de l'emploi des jeunes. Ainsi, le président de la République en déplacement fin juillet à Dunkerque, avec le ministre du travail, pour rencontrer les acteurs économiques et sociaux de ce territoire, a annoncé que le seuil des 40 000 jeunes bénéficiaires d'un emploi d'avenir venait d'être franchi. La cible de 100 000 emplois offerts à ces jeunes peu ou pas qualifiés à la fin de l'année est plus que jamais confirmée. Ce déplacement a également été l'occasion de réaffirmer la mobilisation générale pour l'emploi, exprimée lors de la grande conférence sociale des 20 et 21 juin 2013 et d'apprécier le travail engagé par tous les acteurs au niveau local pour lui donner corps. Dans ce cadre, l'État, les régions et les partenaires sociaux consacreront près de 200 millions d'euros pour permettre à 30 000 demandeurs d'emploi supplémentaires de bénéficier d'ici la fin de l'année de « formations prioritaires pour l'emploi », répondant à des besoins en compétences recherchés par les entreprises et aujourd'hui non couverts. Les premières formations débuteront en septembre, à partir du recensement en cours de ces besoins et des opportunités d'emploi à saisir dans les secteurs et sur chaque territoire. Le président de la République a invité à prolonger cette dynamique positive en 2014, après la négociation sur la réforme de la formation professionnelle. « C'est en combinant une mobilisation forte à court terme et des réformes d'ampleur que nous parviendrons à inverser durablement la courbe du chômage » a affirmé Michel Sapin, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.

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