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Avenir de la géothermie profonde en France

15e législature

Question écrite n° 09402 de M. Jacques Bigot (Bas-Rhin - SOCR)

publiée dans le JO Sénat du 14/03/2019 - page 1381

M. Jacques Bigot attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur l'avenir de la géothermie profonde en France.

Le 25 janvier 2019, le Gouvernement dévoilait son projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Parmi les orientations développées dans cette feuille de route de la Nation en matière énergétique, il est annoncé l'arrêt unilatéral du soutien de l'État à la production d'électricité issue de la géothermie profonde.

Limitée à des régions bénéficiant d'un sous-sol particulier, comme en Alsace où il existe un potentiel exceptionnel d'eau chaude géothermale, la géothermie profonde présente des atouts considérables qui dépassent la seule fourniture de chaleur promue par le Gouvernement. L'exemple alsacien, où cinq projets sont engagés (deux réalisés et trois en passe de l'être) en est une parlante illustration.

Source locale d'énergie renouvelable et décarbonée, la géothermie profonde permet un approvisionnement constant et ce avec un impact environnemental et paysager nul. Permettant à terme de fournir en chaleur et en électricité une part considérable des habitants et des activités industrielles, agricoles et commerciales locales, ce gisement d'énergie est indispensable à la transition énergétique de nombreux territoires.

Outre la dimension écologique de ce mode de production énergétique, la géothermie profonde est également vectrice du développement d'un écosystème universitaire et industriel unique en France et en Europe. En effet, de la recherche fondamentale à l'exploitation, la géothermie profonde a permis la création en Alsace d'une chaîne d'acteurs qualifiés et durablement implantés localement. Les savoirs développés, de la connaissance des sous-sols aux capacités techniques et industrielles de forage et d'exploitation de cette ressource sont autant d'atouts locaux, mais aussi nationaux participant de l'image de la France à l'international. Chercheurs, ingénieurs, industriels, c'est une filière globale de très haut niveau qui se structure aujourd'hui dans nos territoires et qui saura demain s'exporter alors même que nos savoir-faire dans les hydrocarbures sont nécessairement voués à disparaitre.

Par-delà la production d'électricité et de chaleur, les eaux présentes dans nos sous-sols recèlent d'une autre ressource, le lithium. Matériau stratégique dans la fabrication des batteries de véhicules, aujourd'hui exclusivement importé, il est d'ores et déjà au cœur des préoccupations des constructeurs automobiles et au-delà, des États qui en sont dépendants. Sans présager des possibles offerts par cette ressource, s'en priver aujourd'hui relève sans aucun doute de la faute stratégique.

Pour toutes ces raisons, signer l'arrêt des aides à la géothermie profonde apparaît comme une erreur dont les conséquences dépassent largement les seules frontières alsaciennes.

Aussi, il lui demande de bien vouloir l'informer quant au devenir des aides promises aux projets déjà engagés sur les communes de Vendenheim, d'Illkirch-Graffenstaden et d'Eckbolsheim et au-delà, ainsi qu'au devenir de futurs projets.

Il lui demande également si le Gouvernement entend donner suite à l'appel des collectivités locales alsaciennes concernant la création d'une mission Alsace géothermie profonde permettant de trouver, ensemble, une solution pérenne à la filière de la géothermie profonde en France.

Transmise au Secrétariat d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports



En attente de réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports.