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Dernières évaluations nationales en CP et CE1

15e législature

Question d'actualité au gouvernement n° 1008G de Mme Françoise Cartron (Gironde - LaREM)

publiée dans le JO Sénat du 07/11/2019

Mme Françoise Cartron. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale.

À la rentrée 2018, des évaluations en CP et CE1 ont été mises en place afin d'identifier les compétences acquises par les élèves, ainsi que leurs difficultés. En comparaison, les mêmes évaluations nationales réalisées cette année font apparaître, comme vous l'avez déclaré dimanche dernier, des « progrès significatifs » chez les enfants évalués : progrès sur la fluidité de lecture et la capacité de calcul, progrès dans les territoires les plus défavorisés.

Soyons clairs : dix des treize critères évalués en CE1 montrent une amélioration par rapport à l'année dernière, mais, en même temps, une faible majorité d'écoliers a acquis le niveau attendu en ce qui concerne la maîtrise des additions et des soustractions.

Nous ne pouvons qu'espérer que ces progrès se confirmeront et s'amplifieront, et ce dans l'intérêt des enfants. Nous le souhaitons toutes et tous dans cet hémicycle.

Aussi, afin que ces résultats s'inscrivent dans une dynamique positive sur le long terme, pourriez-vous, monsieur le ministre, nous éclairer sur ce qui, selon vous, explique cette amélioration ? Est-ce en partie lié au dédoublement des classes ou/et à l'évolution des pratiques pédagogiques ? Avez-vous une analyse territoriale – zones rurales, REP et REP+ – de cette évolution positive ? (Murmures sarcastiques sur les travées des groupes SOCR et CRCE.)

M. Claude Bérit-Débat. Eh bien oui ! (Sourires sur les travées du groupe SOCR.)

Mme Françoise Cartron. Afin que cette progression devienne une tendance lourde,… (Les murmures se transforment en brouhaha.)

M. le président. Un peu de silence, s'il vous plaît !

Mme Françoise Cartron. … pourriez-vous préciser les dispositifs qui seront ainsi pérennisés et les initiatives nouvelles qui, demain, pourraient être mises en place ? (Applaudissements sur les travées du groupe LaREM, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC. – Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)



Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 07/11/2019 - page 14878

M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Madame la sénatrice Françoise Cartron, il s'agit d'une question essentielle. (Rires sur les travées des groupes SOCR, CRCE et Les Républicains.) Je me réjouis de constater l'unanimité de la représentation nationale sur cette question. (Sourires et applaudissements sur les travées du groupe LaREM.)

S'il n'y avait qu'une seule question en matière d'éducation, ce serait celle-ci. Nous le savons tous, énormément de choses se jouent entre zéro et sept ans. Le bon départ scolaire de tous les enfants de France est déterminant, en matière de justice sociale et, tout simplement, pour le bon niveau général de notre pays. C'est la raison pour laquelle ces résultats doivent nous encourager à plusieurs titres.

Si les résultats stagnent en début de CP, ils sont meilleurs en début de CE1, ce qui montre que les efforts réalisés l'an dernier en faveur de l'année de CP ont payé. Je pense au dédoublement des classes et aux pratiques pédagogiques. Ces résultats nous montrent aussi qu'il reste du travail à faire pour l'école maternelle. Nous le savons, si un enfant arrive en CP avec un vocabulaire trop faible, il aura des difficultés à entrer dans la lecture et l'écriture, ce qui justifie pleinement une politique prioritaire pour l'école maternelle et renvoie à la question que vous posez sur l'avenir.

Comme vous le savez, nous allons dédoubler les grandes sections de maternelle en REP et en REP+, de façon à ce qu'il y ait des classes de douze élèves, et améliorer le temps d'encadrement partout, en garantissant un maximum de vingt-quatre élèves par classe dans toute la France en grande section de maternelle, en CP et en CE1. Tous ces éléments contribueront évidemment aux améliorations nécessaires.

D'ores et déjà, nous avons constaté deux progrès, indiqués sur le site du ministère. Le premier concerne le début de CE1, ce qui renvoie donc aux efforts fournis en faveur du CP. Le second est lié à la réduction de l'écart entre les réseaux d'éducation prioritaire et le reste du pays : là où il y avait 12 points d'écart quant aux résultats en lecture, il y en a désormais 10.

Même s'il reste du chemin à faire, ces résultats sont encourageants. (Applaudissements sur les travées des groupes LaREM, ainsi que sur des travées des groupes RDSE et UC.)