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Risques liés à l'application de la technique du « forçage génétique »

15e législature

Question écrite n° 13074 de Mme Colette Giudicelli (Alpes-Maritimes - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 14/11/2019 - page 5703

Mme Colette Giudicelli attire l'attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l'application actuelle et future de la technique du « forçage génétique ». Le forçage génétique, technique du génie génétique qui permet à un gène d'être transmis avec quasi-certitude par reproduction sexuée, utilise l'outil moléculaire CRISPR-Cas pour augmenter la fréquence de transmission d'un gène particulier en contournant les lois de Mendel et donc sa prévalence dans une population. Cette technique touche aux questions bioéthiques en termes de biologie moléculaire. Elle n'est également pas sans risques : en introduisant judicieusement, au sein d'un individu, une séquence génétique capable de s'auto-répliquer sur certaines régions de son génome, le trait introduit se transmet à toute la descendance de l'individu modifié. La conséquence est simple : en quelques générations, le trait artificiellement introduit sur un unique individu est susceptible de se répandre, à terme, sur l'ensemble d'une population. Voire sur l'espèce entière. Cette pratique permet en effet de transmettre des gènes de manière assez rapide au sein de la population et ce, de manière plus importante (90 à 95 % de chances) que la génétique classique (50 % de chances). À cet égard, une partie de la communauté scientifique et de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) souhaitent qu'un moratoire sur la technique du forçage génétique soit mis en place. Plus positivement, les objectifs du forçage génétique sont multiples : il peut ainsi être utilisé pour éradiquer des vecteurs de maladies comme les moustiques, protéger des espèces en voie de disparition, ou encore, potentiellement, préserver l'homme de maladies transmissibles pour lesquelles aucun traitement médicamenteux n'existe. Elle aimerait connaître son opinion en la matière et si une évaluation de cette pratique a déjà été effectuée.



En attente de réponse du Ministère des solidarités et de la santé.