Question de M. DÉTRAIGNE Yves (Marne - UC) publiée le 11/06/2020

M. Yves Détraigne souhaite appeler l'attention de M. le ministre de l'économie et des finances sur la situation actuelle de la protection civile, elle aussi touchée par la crise sanitaire.

En effet, les bénévoles de la protection civile se sont impliqués dans la lutte contre le Covid-19 avec plus de 5 000 bénévoles et réservistes volontaires mobilisés sur le terrain dans plus de 75 départements.

Alors qu'habituellement, l'association s'autofinance grâce aux formations aux premiers secours et à la gestion de dispositifs prévisionnels de secours lors d'événements sportifs, culturels et festifs, celle-ci accuse aujourd'hui plus de 10 millions d'euros de perte, du fait de la pandémie.

Si les bénévoles restent pleinement engagés sur le terrain pour assurer les missions de service public auprès de nos concitoyens, la protection civile a toutefois besoin d'un soutien urgent afin qu'elle puisse maintenir et soutenir ses missions.

Considérant l'importance du rôle de la protection civile, reconnu de tous et nécessaire à l'ensemble de nos territoires, il lui demande de quelle manière le Gouvernement entend soutenir l'association afin qu'elle retrouve son équilibre économique.

- page 2610

Transmise au Ministère de l'intérieur


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 27/05/2021

Les associations agréées de sécurité civile (AASC) regroupent plus de 70 000 membres actifs, pour l'essentiel bénévoles, dont environ 33 000 diplômés de secourisme répartis dans plus de 600 structures locales. Ces associations bénéficient, en vertu du code de la sécurité intérieure, d'un agrément du ministère de l'intérieur pour assurer des missions auprès des pouvoirs publics en cas de crise : A (participation aux opérations de secours), B (soutien et accompagnement des populations victimes de catastrophes, notamment d'inondations) et C (encadrement des bénévoles spontanés). Ces interventions sont assurées quasi gratuitement pour les maires et les préfets. Elles sont financées, ainsi que les frais fixes des associations, par des missions rémunérées : les dispositifs prévisionnels de secours assurés pour les organisateurs de rassemblements de personnes et les formations au secourisme. Telle est l'économie issue de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile. Or, lors de la crise sanitaire liée au covid-19, les associations agréées ont été engagées dans de multiples missions qui ont augmenté leurs dépenses notamment au profit des établissements de santé et médico-sociaux. Même si des agences régionales de santé ont apporté un financement, une majorité des engagements des AASC a tardé à être couverte. Dans le même temps, les associations agréées ont, du fait du confinement, perdu leurs recettes : celles liées aux formations au secourisme jusqu'à la mi-juin 2020 ; celles liées aux dispositifs prévisionnels de secours jusqu'au 31 août 2020, échéance pour les événements de plus de 5 000 personnes (décret n° 2020-663 du 31 mai 2020 modifié). C'est pourquoi lors de la crise sanitaire, les services de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) sont demeurés en lien constant avec les associations et, face à l'aggravation de leur situation financière, une mission de l'Inspection générale de l'administration a été diligentée en urgence au mois d'avril 2020 pour dresser l'état de leurs besoins. Cette mission a conclu à un besoin immédiat à hauteur de 20 millions d'euros. Aussi, afin de soutenir les associations, le ministre de l'intérieur a d'abord fait le choix d'opérer fin 2020 un redéploiement de ses crédits pour subventionner plus largement les associations de sécurité civile ; c'est en conséquence un montant de 760 000 €, au lieu de 250 000 € les années précédentes, qui a été alloué à celles-ci. Enfin, dans le cadre de la loi de finances pour 2021, ce sont 21 millions d'euros de crédits exceptionnels qui ont été octroyés sur proposition du Gouvernement aux AASC à la fin de l'année dernière afin qu'elles puissent assurer leurs charges fixes et ainsi leur pérennité.

- page 3410

Page mise à jour le