Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE) publiée le 08/10/2020

M. Fabien Gay attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la relance sur la menace pesant sur 1 450 emplois au sein de l'enseigne de grande distribution Auchan. La direction a par ailleurs annoncé que trois cents nouveaux postes devraient être créés ; pourtant, aucune précision ni aucune visibilité n'ont été fournies par la direction à ce sujet.
Avec notamment la fermeture de vingt et un sites, dont une majorité de supermarchés, fin 2019, ce sont 2 000 emplois qui avaient déjà été supprimés au sein d'Auchan.
Ces nouvelles suppressions d'emplois apparaissent comme incompréhensibles, tant pour les salariés qu'en termes de choix stratégiques.
En effet, d'une part, il est prévu que tous les services après-vente d'Auchan fermeront, y compris les centres de réparation, d'ici octobre 2021. L'enseigne sera donc privée d'un argument fort de vente, particulièrement à l'heure de la vente sur internet, à savoir le suivi et la proximité avec ses clients.
D'autre part, alors que le groupement d'intérêt économique « association familiale Mulliez », qui représenterait la sixième fortune de France, œuvre dans l'intérêt économique de la famille Mulliez, les employés dont les postes sont menacés au sein de l'enseigne Auchan se retrouvent isolés, sans possibilité de passerelle vers les autres enseignes du groupe.
Afin de sécuriser l'emploi, il serait pourtant possible de permettre ces passerelles avec les autres enseignes détenues par la famille Mulliez, comme le proposent et le demandent les délégués syndicaux de la confédération générale du travail (CGT) du groupe.
Enfin, au cours du confinement dû à la Covid-19, le groupe n'a pas fermé ses enseignes Auchan et si ses résultats semblent mitigés, ils ne semblent pas pour autant trop difficiles. À cela s'ajoute une augmentation forte du nombre d'actionnaires en deux à trois ans, de 200 à 800. De plus, Auchan a bénéficié d'aides de l'État au cours des dernières années, et notamment par le biais du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).
Les choix stratégiques paraissent donc aujourd'hui davantage orientés vers la rémunération des actionnaires plutôt que vers le développement de l'enseigne Auchan et ce, au détriment des salariés.
Il souhaite savoir si le Gouvernement compte enfin conditionner les aides publiques et contrôler leur usage en légiférant sur cette question.

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Transmise au Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique


La question est caduque

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