Question de M. KANNER Patrick (Nord - SER) publiée le 14/01/2021

M. Patrick Kanner attire l'attention de M. le Premier ministre sur la stratégie vaccinale contre le Covid-19.

Seules quelques milliers de personnes ont été vaccinées en France à ce jour, bien loin de nos voisins européens, d'Israël, des États-Unis du Koweït, du Bahreïn ou du Costa Rica pour n'en citer que quelques-uns.

L'urgence commande de vacciner les plus vulnérables, c'est-à-dire les plus âgés et les porteurs de comorbidités graves ainsi que les soignants. Commencer la vaccination dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) relève de l'impératif moral. Environ 700 000 personnes sont concernées.

La question cruciale qui demeure est celle de savoir comment la vaccination pourra être étendue aux autres personnes à risque le plus rapidement possible. À entendre le Gouvernement, tout le monde pourra très bientôt se vacciner. Un simple appel ou une inscription sur application suffirait.

Après avoir annoncé une large campagne de vaccination au cours du premier trimestre, le Gouvernement marque un premier recul avec un objectif de 14 millions de personnes vaccinées avant l'été, soit 28 millions de doses du vaccin Pfizer, seul admis sur le marché français pour le moment. Or, seules 7 à 8 millions de doses sont annoncées pour le premier trimestre. Ce n'est pas la stratégie qui interroge mais la capacité du Gouvernement à la mettre en œuvre.

Il y a eu une panne au démarrage. Et, faute d'une organisation élaborée en amont, on se demande par quel miracle la France va faire face au défi majeur de cet hiver : l'arrivée d'une 3ème vague pandémique.

Après les échecs successifs sur les masques et les tests, l'absence de transparence sur le nombre de vaccins disponibles nourrit l'inquiétude légitime des Français. Il lui demande de combien de doses vaccinales Pfizer dispose, comment ces doses sont réparties, si la France recevra des doses de vaccin ARN Moderna pour pallier la pénurie annoncée du vaccin Pfizer et sa logistique contraignante ; pourquoi, dans la perspective de l'immunité collective, se borner à vacciner les populations à risque alors que cette stratégie restrictive est déjà révisée au Royaume-Uni.

Quels acteurs, ensuite ? Fidèle à lui même, le Gouvernement ne place pas sa confiance dans les mains de nos territoires. Eux qui, pourtant, sont en capacité de déployer des trésors d'ingéniosité et de mobiliser des agents et des locaux pour développer la vaccination.
Dans le sillage de sa ligne politique ultra centralisée, verticale et autoritaire, le Gouvernement écarte toutes les propositions des acteurs locaux. Il lui demande pourquoi ne pas décentraliser complètement l'effort de vaccination aux régions, départements et villes avec l'aide logistique des centres hospitaliers universitaires (CHU) et des grands centres hospitaliers, avec les agences régionales de santé (ARS) et les équipes de la recherche médicale, en partenariat avec la médecine de ville et les infirmières libérales, les centres de santé et les pharmaciens ; et si l'effort ne devrait-il pas se déplacer de l'État impuissant vers les collectivités territoriales dans une nouvelle vision de la politique de santé publique.

Sur tous ces points, il lui demande de bien vouloir lui répondre.

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Transmise au Ministère des solidarités et de la santé


Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée le 09/09/2021

Dans le cadre de la stratégie vaccinale établie selon les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), la priorité de vaccination a été donnée aux publics présentant des risques de développer une forme grave de la COVID-19 sur la base de critères tels que l'âge ou l'existence de comorbidités. Concernant le calendrier vaccinal, l'approvisionnement croissant des doses a permis d'ouvrir peu à peu la vaccination à de nouveaux publics. Ainsi, depuis le 31 mai 2021, soit en avance par rapport aux objectifs initialement établis, les personnes de plus de 18 ans peuvent se voir administrer une première dose de vaccin sur le territoire métropolitain. S'agissant de l'organisation et des acteurs de la campagne vaccinale, le ministère des solidarités et de la santé a fait le choix de laisser une grande liberté aux acteurs locaux. Cette organisation relève donc de chaque territoire, établissements pivots naturellement mais aussi unions locales des professionnels de santé libéraux et l'ensemble des acteurs impliqués, sous l'égide des agences régionales de santé et des préfets. Le principe a été celui d'intégrer au maximum les professionnels de santé libéraux dans les équipes chargées de la vaccination et de constituer ainsi des équipes mixtes dans les centres de vaccination. Ce schéma permet ainsi de répondre et d'identifier plus finement les besoins du terrain.

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