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Part des protéines végétales dans l'alimentation des étudiants

15e législature

Question écrite n° 19943 de M. Yves Détraigne (Marne - UC)

publiée dans le JO Sénat du 14/01/2021 - page 139

M. Yves Détraigne souhaite appeler l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la demande formulée par l'association « Assiettes Végétales » sur la nécessité d'augmenter la part des protéines végétales dans l'alimentation des étudiants.

Cette proposition figure parmi les mesures urgentes indiquées par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'organisation des Nations unies (ONU) et des milliers de scientifiques du monde entier afin de lutter contre le changement climatique et les destructions environnementales. En effet, un plat d'origine végétale émet 60 % de gaz à effet de serre de moins qu'un plat carné.

Cette mesure allant, en outre, dans le sens de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) qui recommande pour la santé publique de consommer plus de céréales, de légumineuses, de noix, de légumes et de fruits, l'association propose donc de généraliser, voire amplifier, le choix végétal en restauration collective notamment à destination des étudiants.

Pour cela, il faudrait que des plats à base de protéines végétales soient disponibles quotidiennement dans tous leurs points de restauration des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS). Selon elle, il serait possible qu'au moins un tiers du total des 70 millions de repas annuels qui y sont servis soient écologiquement responsables.

Considérant que les étudiants sont un public sensible sur ce sujet, il lui demande si elle entend prendre des mesures afin que se développe une offre végétarienne riche en protéines végétales dans l'offre alimentaire des restaurants universitaires et cafétérias des CROUS.



Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation

publiée dans le JO Sénat du 08/04/2021 - page 2386

Le réseau des œuvres universitaires et scolaires est pleinement conscient de l'importance d'une nutrition régulière et équilibrée, qu'il s'agisse de garantir la santé des étudiants ou la réussite de leurs études. Ainsi, depuis 2017, un menu végétarien est proposé tous les jours dans chaque restaurant universitaire, au prix d'un repas étudiant grâce notamment aux efforts accomplis par le réseau des œuvres sur le plan de la politique des achats alimentaires et de mutualisation de ces derniers. De plus, depuis 2018, sont également proposés aux étudiants des produits plus diversifiés comme des jus de fruits et légumes frais. Cette offre a été renforcée par l'adoption du dispositif « Lundi vert » dans l'intégralité des 788 restaurants universitaires gérés par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) afin de promouvoir, sur la base du volontariat, tous les lundis, une consommation limitée en protéines animales, au profit d'une alimentation riche en protéines végétales et d'accompagner les comportements responsables. Dans ce cadre, les étudiants seront encouragés à choisir un plat du jour végétarien de qualité. Les chefs du réseau des œuvres et les diététiciens ont mené une réflexion approfondie sur les apports nutritionnels et ont développé une gamme de 150 recettes végétalisées riches en vitamines et minéraux, associant céréales et légumineuses pour fixer les protéines. Le réseau des œuvres souhaite ainsi répondre aux attentes du public et notamment des quelques 10 % de convives se déclarant végétariens. Par ailleurs, les actions du réseau des œuvres s'inscrivent dans le cadre des exigences de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dite « Egalim », en matière de composition des repas et de nature des denrées pour la restauration collective. L'objectif est de proposer, au 1er janvier 2022, au moins 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques.