Question de Mme MONIER Marie-Pierre (Drôme - SER) publiée le 11/03/2021

Mme Marie-Pierre Monier appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports sur le besoin urgent de renforcer le service social en faveur des élèves.

Récemment, l'actualité et le mouvement « #MeTooInceste » sur les réseaux sociaux ont contribué à révéler l'importance des violences sexuelles subies durant l'enfance dans le cadre familial.
Aussitôt de nombreuses voix ont demandé que les professionnels qui interviennent auprès des enfants et des jeunes adultes soient formés pour pouvoir intervenir, en particulier dans les établissements scolaires.

Or, ces professionnels existent déjà, ils constituent un service spécialisé dans la protection de l'enfance au sein de l'éducation nationale : le service social en faveur des élèves (SSFE).
Les assistants de service social en faveur des élèves remplissent des missions indispensables en direction des élèves victimes de violences. Ils sont au côté des enfants ou des jeunes adultes, pour les écouter, recueillir leurs paroles, les accompagner et relayer les situations aux services compétents ; au côté des équipes éducatives, pédagogiques et des familles ; le lien entre l'institution, les familles, les services éducatifs, de justice, sociaux hospitaliers, médico-psychologiques, etc. qui œuvrent dans le cadre de la protection de l'enfance.

Toutefois les effectifs et les moyens du SSFE sont très faibles dans le secondaire ou auprès des étudiantes et étudiants présents en lycée et encore plus insuffisants dans le premier degré.

Aussi, alors que les mesures de lutte contre la Covid-19 ont accentué les violences intrafamiliales et la fragilisation de certains élèves en difficulté personnelle, elle lui demande de lui indiquer les moyens qu'il entend mettre en œuvre pour apporter le renforcement nécessaire au SSFE afin que ce service puisse assurer ses missions auprès des élèves et des jeunes adultes dans les établissements du premier et du second degré.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports publiée le 10/03/2022

La circulaire n° 2017-055 rappelant les missions du service social en faveur des élèves a été actualisée et publiée le 22 mars 2017. Elle introduit une avancée majeure par l'intervention des assistants de service social dans le premier degré, dans le cadre de la lutte précoce contre les inégalités sociales pour une école bienveillante et inclusive. À ce titre, en fonction des priorités nationales et locales, les recteurs d'académie organisent les services afin que les personnels sociaux de l'éducation nationale exercent leurs missions dans les écoles et EPLE répondant aux besoins déterminés selon les priorités locales, situées dans les réseaux d'éducation prioritaire qui rencontrent les plus importantes difficultés sociales (REP+), prioritairement en cycle 3, sous forme de conseil social ou d'intervention sociale. Ainsi, depuis la rentrée 2017, l'ensemble des académies s'est mobilisé en conséquence pour répondre au mieux aux difficultés sociales là où elles existent à la fois dans le premier et le second degré. La crise sanitaire et ses conséquences ont démontré l'implication, le dévouement des services sociaux en faveur des élèves (SSFE) à tous les échelons. Le suivi des élèves, afin de s'assurer que le contexte économique ne soit pas un frein à leur scolarité, reste plus que jamais au cœur des missions des SSFE partout sur le territoire national. À ce jour, ce sont 2 905 ETP d'assistant de service social qui sont déployés sur l'ensemble des académies. Le ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et chacune des académies prennent les dispositions nécessaires chaque année pour que l'ensemble de ces postes soient pourvus par des professionnels aux compétences solides. Conformément à ladite circulaire relative aux missions du service social en faveur des élèves, le service social en faveur des élèves (SSFE) inscrit son action dans une politique de prévention au sein de l'institution en lien étroit avec les partenaires de l'éducation nationale. Les personnels du SSFE sont donc, dans le cadre des protocoles ou conventions mis en œuvre en lien avec les conseils départementaux, chefs de file de la protection de l'enfance, des acteurs essentiels du dispositif de protection de l'enfance, auquel ils contribuent, tant dans l'exercice de leurs missions auprès des élèves et de leurs familles que par leur rôle de conseil auprès de l'institution. En matière de prévention de la maltraitance et de protection de l'enfance en danger, le SSFE s'inscrit toutefois, au regard des compétences professionnelles spécifiques à chacun, dans une équipe pluri-catégorielle composée plus largement des médecins, infirmiers et psychologues de l'éducation nationale. Par ailleurs, la circulaire de l'éducation nationale n° 97-119 du 15 mai 1997 prévoit que l'ensemble des personnels soit mobilisé et impliqué dans la prévention de la maltraitance et, conformément au code de l'éducation (article L. 542-1), les enseignants, qui sont au contact quotidien des élèves, bénéficient d'une formation, en initiale et en continue, relative à la protection de l'enfance qui intègre notamment un volet sur la problématique de l'enfance en danger. Si l'action du SSFE est essentielle au regard des impacts de la crise sanitaire, en particulier en termes de violences intrafamiliales, il appartient à l'ensemble des professionnels de l'équipe éducative de contribuer à la mission de prévention de la maltraitance et de protection de l'enfance en danger.

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