Question de M. BACCHI Jérémy (Bouches-du-Rhône - CRCE) publiée le 10/06/2021

Question posée en séance publique le 09/06/2021

M. le président. La parole est à M. Jérémy Bacchi, pour le groupe communiste républicain citoyen et écologiste.

M. Jérémy Bacchi. Madame la secrétaire d'État, c'est la dernière ligne droite pour des centaines de milliers d'élèves qui, dans moins de dix jours, se retrouveront seuls face à leur copie de baccalauréat. L'inquiétude est chaque jour un peu plus grande.

La tension était à son comble dès ce lundi pour les élèves des sections européennes qui ont passé leurs oraux, non sans quelques « couacs », pour reprendre les termes du ministre. Ces défaillances pourraient être qualifiées d'anecdotiques si l'on ne prenait pas la mesure de ce que représente le baccalauréat dans le parcours d'un élève.

Fort de l'expérience de l'an passé, le Gouvernement aurait dû être en mesure d'appréhender ces dysfonctionnements. Malheureusement, les leçons n'ont pas été tirées et les futurs bacheliers sont aujourd'hui victimes de ces choix.

Tâtonnements, absence de directives claires, incertitudes quant aux modes d'évaluation, manque de perspectives, alternance répétée entre présentiel et distanciel, dysfonctionnements réguliers des plateformes : autant de maux qui ont inévitablement conduit à une détresse lycéenne, exprimée aujourd'hui avec force. On note une augmentation de 80 % des hospitalisations en psychiatrie chez les jeunes depuis le début de la pandémie.

Des choix ont été faits, certes, mais ils furent tardifs et insuffisants.

L'état des lieux reste préoccupant, notamment en termes d'égalité. L'accès à internet, l'environnement familial ou encore les conditions d'habitation ne garantissent pas les mêmes chances de réussite aux élèves. Les protocoles variables d'un établissement à l'autre et la différence significative de traitement entre le public et le privé ont également creusé les écarts entre établissements.

Ces différents facteurs renforcent la sélection sociale à l'entrée de l'enseignement supérieur, le grand oral, la réforme des lycées et la machine à sélectionner Parcoursup maintenant ce cap inégalitaire.

Il aurait pu être sage d'annuler le grand oral et les épreuves terminales. Mais votre refus d'entendre l'inquiétude et la colère des élèves, des enseignants et des parents nous ont fait perdre un temps précieux.

Comment comptez-vous, dans ces conditions, et à quelques jours du début du baccalauréat, assurer une égalité de traitement entre les élèves et rassurer parents, élèves et enseignants ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE. - Mme Marie-Pierre de La Gontrie applaudit également.)


Réponse du Secrétariat d'État auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargé de l'éducation prioritaire publiée le 10/06/2021

Réponse apportée en séance publique le 09/06/2021

M. le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État chargée de l'éducation prioritaire.

Mme Nathalie Elimas, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, chargée de l'éducation prioritaire. Monsieur le sénateur, le dispositif que nous avons mis en place vous semble hasardeux. Au contraire, il m'apparaît plutôt que, durant cette période sanitaire si particulière marquée par la pandémie de covid, nous n'avons jamais cessé de nous adapter et de faire preuve d'agilité, avec toujours trois objectifs comme boussole : la santé et la sécurité de nos élèves – nous n'avons jamais cessé d'adapter nos protocoles sanitaires tout au long de l'année –, la bienveillance et le pragmatisme.

Vous évoquez plus spécifiquement les conditions de passage du baccalauréat. Oui, vous avez raison, nous avons souhaité maintenir le grand oral et l'épreuve de philosophie, car il faut préparer nos élèves lycéens à l'enseignement supérieur et conserver au diplôme du baccalauréat sa valeur, de même que son caractère national et solennel.

Pour autant, je le redis, nous tenons bien évidemment compte des conditions sanitaires dans lesquelles nos lycéens évoluent, la plupart d'entre eux étant en demi-jauge depuis octobre dernier, avec une alternance de présentiel et de distanciel. Il faut aujourd'hui répondre à cela de façon très pratique, et c'est notamment ce que nous faisons en adaptant les épreuves de français et de philosophie, ou encore le grand oral.

Je vous rappelle également que, depuis le mois de janvier, nous n'avons cessé d'augmenter progressivement le contrôle continu, qui représente aujourd'hui 82 % de la note globale.

C'est donc avec beaucoup de bienveillance et de pragmatisme que nous allons aborder ces épreuves. Nous le savons, c'est un temps particulièrement important pour nos élèves comme pour leurs parents, et nous mettons tout en œuvre pour que le baccalauréat se passe dans les meilleures conditions, et que nos lycéens en soient fiers. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

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