Question de Mme EVREN Agnès (Paris - Les Républicains) publiée le 31/10/2024
Mme Agnès Evren interroge M. le ministre de l'intérieur sur les dispositifs innovants, humains et matériels, envisagés pour renforcer la sécurité, notamment celle des femmes, dans les bois parisiens.
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Transmise au Ministère de l'intérieur
Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'intérieur, chargé de la citoyenneté publiée le 01/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 30/04/2026
M. le président. La parole est à Mme Agnès Evren, auteure de la question n° 158, adressée à M. le ministre de l'intérieur.
Mme Agnès Evren. Madame la ministre, les grands parcs et jardins, comme le Champ-de-Mars, mais aussi les bois de Boulogne et de Vincennes, deviennent par moments des zones de non-droit, notamment une fois la nuit tombée.
Prenons l'exemple du bois de Boulogne ; les étudiantes de Dauphine ont renoncé à profiter de ce poumon vert de Paris et restent, il faut le dire, profondément meurtries par le viol et l'assassinat de la jeune Philippine. Je veux évidemment avoir ici une pensée pour cette dernière.
Alors que les violences sexuelles ont bondi de 59 % depuis 2019, les Parisiennes renoncent à une partie de leur liberté pour se protéger. C'est inacceptable.
Le bilan global de la sécurité à Paris n'a cessé de se dégrader au cours des vingt-cinq dernières années. Les violences sexuelles ont ainsi augmenté de 7 %, ce qui représente plus de 6 300 victimes, soit 5,2 % des victimes en France. Le nombre d'agressions dans l'espace public a, lui, augmenté de 12,4 %, ce qui représente 11 000 victimes. Sachant que la municipalité parisienne refuse de mettre les moyens et de prendre des mesures de bon sens, nous assistons là à un véritable déni sécuritaire.
Les riverains et usagers des bois parisiens attendent des résultats. Peut-on compter sur le soutien de l'État pour renforcer la présence policière et créer des brigades mixtes, police nationale et police municipale, dans chaque bois ? Peut-on espérer que chacun de ces lieux dispose d'une antenne de police spécifique dotée d'une brigade équestre ? Enfin, l'État appuiera-t-il le déploiement de la vidéoprotection aux abords de ces bois et sur leurs grands axes ?
Plus généralement, madame la ministre, quelles mesures comptez-vous prendre ou accompagner pour lutter contre l'insécurité des bois et parcs, notamment à Paris ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur.
Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur, chargée de la citoyenneté. Madame la sénatrice Agnès Evren, vous avez raison de le rappeler, les bois de Boulogne et de Vincennes sont des espaces essentiels, étendus et très fréquentés. Nous devons en effet répondre à certaines réalités grâce à une mobilisation renforcée et adaptée, notamment des services de la préfecture de police.
À la suite du meurtre de la jeune Philippine, commis en septembre 2024, le préfet de police a immédiatement décidé la mise en place d'un plan de sécurisation renforcée, inscrit dans la durée. Ce dispositif repose sur une présence accrue et visible - c'est essentiel - des forces de sécurité, effectuant des patrouilles régulières, organisées selon des passages dynamiques et ciblés sur les secteurs identifiés comme étant les plus sensibles. Il est complété par l'engagement du régiment de cavalerie de la garde républicaine.
Dans le prolongement de cet engagement, afin de renforcer durablement la présence des policiers, un projet de réhabilitation de la caserne des gardes forestiers du bois de Boulogne est à l'étude, en lien avec la Ville de Paris et d'autres partenaires. Cette évolution permettrait de consolider durablement la présence des gendarmes sur site, d'accroître leur engagement opérationnel et d'augmenter le nombre de patrouilles quotidiennes.
Une attention particulière est également portée aux abords et aux axes de transport desservant ces bois. Des patrouilles et des dispositifs de vidéoprotection permettent de les sécuriser.
La sécurité des femmes constitue une priorité pour le Gouvernement. Les agents sont sensibilisés à la prévention des violences sexistes et sexuelles, et nous renforçons le travail de coordination avec les acteurs locaux.
Les données disponibles les plus récentes font apparaître une évolution globalement orientée à la baisse, mais nous devons absolument poursuivre notre mobilisation, à l'aide de moyens matériels, notamment de la vidéoprotection, qui constitue un levier important.
La préfecture de police adapte en permanence son dispositif, en ajustant ses horaires de présence, afin d'être plus efficace. Comptez sur la mobilisation du Gouvernement sur cette question.
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