Question de M. BACCHI Jérémy (Bouches-du-Rhône - CRCE-K) publiée le 21/11/2024

M. Jérémy Bacchi attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie concernant le plan de licenciement visant à supprimer 69 postes au sein de l'entreprise Don't Nod.
Don't Nod est un studio français de développement de jeux vidéo, basée à Paris. « Fleuron de l'industrie », il a sorti de nombreux titres au succès international et emploie 250 à 300 personnes ce qui le place parmi les plus gros studios français.
Le projet brutal de suppression de 69 postes soit près d'un tiers des salariés s'inscrit dans un contexte de multiples entraves aux prérogatives du comité social et économique (CSE) et de la section syndicale du syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) représentative dans l'entreprise ainsi que dans un contexte de dégradations sans précédent des conditions de travail. En effet, depuis plusieurs mois, le STJV alerte quant à la santé des travailleurs et des travailleuses et à la stratégie de l'entreprise.
Don't Nod, entreprise structurante de l'économie française du jeu vidéo, bénéficie de financements publics conséquents : crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV) à hauteur de 6 millions d'euros par an, aides du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), ou encore France 2030 dans le cadre d'un projet visant développer l'intelligence artificielle dans le but de supprimer des emplois.
Les financements publics ne doivent en aucun cas servir à faire passer la croissance et les profits avant les conditions de travail et la sécurité des emplois. Un cadre social doit être mis en place. Ainsi, il lui demande de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour le maintien des emplois et de meilleures conditions de travail dans cette entreprise.

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Transmise au Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie


Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie publiée le 04/06/2026

Le secteur du développement de jeux vidéo traverse dans son ensemble une conjoncture difficile. Cela se traduit par un ralentissement de l'activité dans le développement de jeux et des suppressions d'emplois (10 500 licenciements en 2023 et 14 600 en 2024 [1] ). Dès lors, le Gouvernement est particulièrement sensible à l'évolution de la situation économique du secteur en France. L'industrie française du jeu vidéo est l'une des plus importantes d'Europe et certains des studios nationaux ont une envergure et une réputation mondiale. Elle s'appuie sur un écosystème de près de 600 studios pour environ 15 000 emplois (3 000 en 2010) [2], à forte valeur ajoutée artistique et technologique. Les studios français contribuent à de grandes franchises mondiales les jeux français sont régulièrement nommés aux Game Awards. Le développement de l'industrie française depuis le début des années 2000 a été rendu possible par l'existence d'une filière historique en France, la dynamique de marché et des dispositifs d'accompagnement publics de l'Etat (crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV), fonds d'aide au jeu vidéo (FAJV), plan France 2030) et des collectivités locales. Don't Nod est l'une des multiples entreprises y ayant recours. Au-delà du CIJV, qui est un outil structurant de soutien à la filière, le studio a été déclaré lauréat de « La Grande Fabrique de l'image », dans le cadre du plan France 2030, pour son projet « Plume 2030 ». Le Gouvernement porte donc une attention soutenue sur la situation de l'entreprise, qui est emblématique de l'écosystème français. Il est naturellement soucieux, comme il l'est pour toute entreprise, au bon déroulement du dialogue social et au fonctionnement des instances constituées, ainsi qu'aux conditions de travail. Dans ce domaine, les administrations compétentes du ministère du travail et de l'emploi sont mobilisées. Les interventions des inspecteurs du travail s'inscrivent dans les orientations nationales fixées par la direction générale du travail dans le plan pluriannuel d'action [3] qui donne la priorité à la lutte contre les accidents du travail et les maladies professionnelles, la lutte contre les fraudes, contre la dissimulation d'heures de travail, la réduction des inégalités salariales entre les hommes et les femmes, ou encore la protection des travailleurs les plus vulnérables. Ces sujets s'inscrivent bien dans les priorités nationales du Gouvernement. S'agissant des risques pour l'emploi, dans le cadre de la procédure d'information et de consultation, des instances représentatives du personnel ainsi que de négociations avec l'organisation syndicale représentative au sein de l'entreprise, la conclusion d'un accord collectif majoritaire a été annoncé le 26 février 2025. Il porte notamment sur un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), assorti d'un plan de départs volontaires. Cet accord a été validé par l'administration du travail. [1] site de l'observatoire independaent Game Industry Layoffs [2] Baromètre SNJV (2022) [3] Plan d'action pour le système d'inspection du travail (SIT) pour la période 2023-2025 -travail-emploi.gouv.fr - ministère du travail et de l'emploi

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