Question de Mme VARAILLAS Marie-Claude (Dordogne - CRCE-K) publiée le 26/12/2024
Mme Marie-Claude Varaillas attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur la nécessité de renforcer les moyens alloués à l'Office français de la biodiversité (OFB) afin d'accompagner les agriculteurs dans la transition écologique.
Le projet de loi de finances 2025 présenté par le Gouvernement prévoyait la suppression de 25 équivalents temps plein par rapport à l'année 2024. Il s'agit d'une coupe budgétaire d'ampleur inédite depuis la création de l'OFB en 2019.
En réaction à ce budget prévisionnel, le conseil d'administration de l'institution a adopté le 28 novembre dernier une motion alertant sur le danger de ces mesures qui « compromettent la capacité de l'OFB à répondre aux attentes croissantes liées à ses missions et projets » en réduisant « connaissance et d'expertise, gestion des aires protégées, sensibilisation auprès des citoyens, et soutien aux acteurs économiques et aux collectivités. ».
La légitimité des actions de sensibilisation et de police de l'environnement ne doit pas être remise en cause mais renforcée et accompagnée par l'État. Les 2 000 agents de l'OFB, qui exercent essentiellement des missions de sensibilisation, font pourtant face sur le terrain à des agressions de plus en plus nombreuses et violentes. Ainsi, tentatives d'incendie, inscriptions hostiles, et autres formes de vandalisme témoignent de la montée en tension autour des normes environnementales.
La crise agricole ne peut être résolue en faisant de l'écologie un bouc émissaire des difficultés que traversent les agriculteurs. La question essentielle est celle de la valorisation de rémunération des agriculteurs qui implique nécessairement que le Gouvernement contraigne l'agro-industrie à réviser la répartition de la valeur.
Conduire la transition écologique impose de renforcer l'accompagnement des agriculteurs qui le demandent vers des pratiques agroécologiques à même de maintenir nos objectifs climatiques, préserver santé humaine et environnementale ainsi que la qualité de nos terres agricoles.
Aussi, elle interroge la Ministre sur les moyens supplémentaires à débloquer afin de déployer les actions de sensibilisation et d'accompagnement de l'OFB.
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Transmise au Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature
Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 12/03/2026
Le Gouvernement est pleinement conscient du rôle central de l'Office français de la biodiversité (OFB) dans la mise en oeuvre de la transition écologique, en particulier en matière d'accompagnement des agriculteurs vers des pratiques plus durables. Malgré un contexte budgétaire particulièrement contraint, les moyens alloués à l'OFB ont été renforcés en 2025 et sont stabilisés en PLF 2026. En loi de finances pour 2025, la subvention pour charges de service public versée à l'OFB atteint 117,6 millions d'euros, soit une hausse de près de 15 millions d'euros par rapport à 2024. Par ailleurs, la contribution des agences de l'eau s'élève à 417,9 millions d'euros, en augmentation de 20 millions d'euros, notamment dans le cadre du renforcement de la solidarité interbassins prévue par le plan Eau. L'ensemble représente un soutien financier significatif destiné à permettre à l'établissement de remplir ses missions dans la durée. S'agissant des effectifs, la baisse de 25 équivalents temps plein (ETP) en 2025 est intervenue après une augmentation de 47 ETP en 2024. Cette évolution traduit une volonté de pilotage responsable, sans remise en cause des capacités opérationnelles de l'établissement. L'OFB reste par ailleurs un acteur majeur du soutien à la transition agroécologique. Il pilote notamment le plan Écophyto II+, doté d'une enveloppe annuelle de 41 millions d'euros, visant à réduire l'usage des produits phytosanitaires en accompagnant la recherche, l'expérimentation et la diffusion de bonnes pratiques à l'échelle territoriale. Dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité 2030, une action spécifique est également dédiée à la création et à la diffusion de références agricoles favorables à la biodiversité, en s'appuyant sur des projets tels que les Groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE), les réseaux Dephy ou encore des fermes pilotes, avec un objectif de mobilisation d'au moins 30 000 agriculteurs. Le lancement du programme européen LIFE Biodiv'France (2024-2032) constitue également un levier majeur. Il permettra de déployer des actions concrètes d'ingénierie, d'expertise et de capitalisation d'expériences au service des acteurs agricoles et des territoires. Dans le cadre des 10 mesures annoncées en février 2024 pour répondre à la crise agricole, l'OFB est mobilisé pour renforcer la transparence et la pédagogie autour des contrôles environnementaux. Cela se traduit notamment par la diffusion de fiches explicatives sur les finalités et le déroulement des contrôles, ainsi que par une montée en compétences des agents en matière de médiation et d'accompagnement des agriculteurs. L'objectif est de clarifier les interventions de l'établissement et de consolider un dialogue constructif avec le monde agricole. L'écologie ne saurait être un facteur de division. Elle constitue un levier indispensable pour garantir la résilience de notre modèle agricole face aux défis climatiques, économiques et sociaux. L'action publique vise à concilier les objectifs de préservation de l'environnement avec le soutien aux agriculteurs dans leurs transitions, en veillant à apporter les moyens techniques, humains et financiers nécessaires pour y parvenir.
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