Question de M. BROSSAT Ian (Paris - CRCE-K) publiée le 23/01/2025

M. Ian Brossat attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins sur la relocalisation du service de psychiatrie et d'addictologie situé sur le site Tarnier de l'hôpital Cochin au sein de l'hôpital gériatrique La Collégiale.

Depuis plusieurs mois, ce service fait face à une instabilité préoccupante qui compromet sa capacité à maintenir des soins de qualité pour ses patients. L'éventualité d'un déménagement vers l'hôpital gériatrique La Collégiale, situé rue du Fer à Moulin dans le 5e arrondissement, suscite une vive inquiétude chez les professionnels de santé. En effet, ce transfert entraînerait des conséquences négatives majeures, à la fois pour leur travail et pour les soins prodigués à une file active de plusieurs milliers de patients.

Ces professionnels insistent sur la nécessité de maintenir leur unité à proximité de l'hôpital Cochin et de la maternité de Port-Royal. Cette proximité est essentielle pour répondre aux besoins de coordination médicale, garantir la sécurité des soins et prévenir les situations d'urgence liées aux décompensations psychiatriques, y compris celles pouvant survenir aux urgences. Un bâtiment, l'ancienne crèche de Port-Royal, jouxtant la structure d'addictologie, pourrait permettre d'accueillir cette unité dans des conditions adaptées. La mobilisation de ce site offrirait une solution réaliste et pérenne pour maintenir le service dans un environnement fonctionnel et central.

Alors que la santé mentale a été érigée en grande cause nationale pour l'année 2025, la situation actuelle met en péril non seulement l'avenir de ce service, mais également l'accès aux soins psychiatriques pour une population déjà vulnérable. Sans solution pérenne, la fermeture de cette unité en juin 2025 serait inévitable, avec des conséquences désastreuses pour les patients et les équipes soignantes.

Face à ces enjeux, des locaux adaptés, pérennes et de superficie suffisante sont indispensables pour garantir la continuité des soins et répondre aux besoins de santé publique de ce territoire.

Ainsi, M. Brossat souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre pour assurer à ce service un lieu de travail stable et conforme à ses exigences, en vue de préserver la qualité des soins psychiatriques.

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Réponse du Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins publiée le 21/08/2025

L'université Paris Cité et la ville de Paris, propriétaires du site de Tarnier, portent un projet ambitieux d'institut pour la santé des femmes qui sera implanté à cet endroit. Pour engager la transformation de ce site, il a été demandé à l'assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) de libérer avant l'été les espaces dont elle était occupante. Des solutions d'implantation transitoires ou définitives ont été identifiées pour l'ensemble des activités qui s'y tiennent encore. Parmi ces activités figure une unité de psychiatrie assurant une activité exclusivement ambulatoire, à travers des consultations et un hôpital de jour, qui a vocation à rejoindre définitivement le site du Nouvel Hôtel Dieu à l'issue du projet de réhabilitation de ce site, dans le cadre d'un projet stratégique arrêté depuis plusieurs années et visant à regrouper et renforcer des forces de psychiatrie et d'addictologie aujourd'hui éclatées entre plusieurs sites (Tarnier, Hôtel Dieu, Cochin). Entre la libération du site de Tarnier et l'ouverture de l'Hôtel-Dieu, il est donc nécessaire de trouver une implantation provisoire de cette unité pour environ 3 ans. Plusieurs solutions d'implantations transitoires ont été étudiées. La solution retenue est celle d'une implantation temporaire dans les locaux vacants de l'hôpital La Collégiale, situés à environ 1 kilomètre de Cochin, à l'issue de travaux de réhabilitation permettant un accueil des patients dans les meilleures conditions. La solution d'une implantation dans la crèche de Cochin a été écartée pour deux raisons : un coût de réhabilitation disproportionné avec la durée de l'opération (avec un coût 4 fois supérieur à celui de la réhabilitation de la Collégiale) ; une durée de travaux incompatible avec le calendrier de libération de Tarnier attendue à l'été 2025. Pour s'assurer que les conditions sont réunies pour permettre à l'unité de Tarnier et aux autres unités du service de psychiatrie et d'addictologie de Cochin de rejoindre l'Hôtel-Dieu dans les meilleures conditions et pour formuler des préconisations de nature à renforcer l'accès aux soins de psychiatrie des patients de Cochin dans la période de transition et à terme, le directeur général de l'AP-HP a missionné M. Edouard Couty, président du conseil hospitalier de territoire du groupe hospitalo-universitaire de Paris Centre. Cette mission a permis de confirmer que les conditions d'implantation du service concerné dans le futur Hôtel-Dieu étaient conformes aux intérêts des professionnels comme des patients, avec des surfaces prévues équivalentes aux surfaces actuelles mais des conditions générales modernisées offrant la possibilité d'accueillir davantage de patients. Cette même mission a permis de confirmer également que les locaux de la Collégiale étaient adaptés pour accueillir l'unité précédemment située à Tarnier pour le temps nécessaire à la finalisation des travaux de l'Hôtel-Dieu. Par ailleurs, un plan d'action est en cours de mise en oeuvre pour renforcer à court terme la psychiatrie de liaison assurée à Cochin. Le renforcement de l'offre de prise en charge en psychiatrie est au coeur de nombreux projets d'envergure de l'AP-HP, à travers notamment la création de l'institut du développement de l'enfant et de l'adolescent DEAL) au sein de l'hôpital Armand-Trousseau, qui a vocation à regrouper et consolider différentes formes d'accueil et d'accompagnement pour devenir le plus grand service de pédopsychiatrie d'Europe, la création de l'Institut du cerveau de l'enfant au sein de l'Hôpital Robert Debré qui permettra d'intensifier considérablement l'étude et le soin du cerveau de l'enfant dans toutes ses vulnérabilités, l'investissement en faveur de la modernisation de l'hôpital Albert Chenevier ou encore la mise en place de mesures d'attractivité spécifiques pour faciliter l'embauche de jeunes paramédicaux en psychiatrie et accélérer la réouverture des lits d'hospitalisation.

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