Question de M. BAZIN Arnaud (Val-d'Oise - Les Républicains) publiée le 06/02/2025

M. Arnaud Bazin attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins sur un nouveau défi absurde et dangereux diffusé sur le réseau social TikTok.
Le « paracétamol challenge » encourage les utilisateurs, souvent très jeunes, à consommer le plus de doses possible de paracétamol, pour voir qui peut rester le plus longtemps à l'hôpital.
La santé n'est absolument pas un jeu lorsqu'elle est en jeu.

Si cette molécule est en vente libre en France et qu'elle est la plus utilisée dans le monde, comme tout médicament, cela n'est pas un produit anodin car des doses élevées de paracétamol peuvent entraîner des lésions graves au foie, aux reins, et dans les cas extrêmes la mort.
Un enfant de 11 ans en est décédé aux États-Unis .

Il lui demande donc quelles mesures il entend prendre afin de responsabiliser les jeunes, leurs parents et aussi informer sur les conséquences d'une consommation abusive de ce médicament.

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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées


Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 02/04/2026

Tout d'abord, la vente de paracétamol est encadrée puisqu'elle est réservée aux seuls pharmaciens, conformément à l'article L. 4211-1 du code de la santé publique qui définit le monopole pharmaceutique comme « la vente en gros, la vente au détail, y compris par internet, et toute dispensation au public des médicaments ». Le paracétamol étant classé comme médicament, il relève de ce monopole. S'agissant de la vente à des mineurs, qui sont les principales victimes du « paracétamol challenge », il convient de rappeler que, sauf exceptions autorisées par la loi, la dispensation de médicaments aux mineurs n'est pas autorisée sans le consentement des titulaires de l'autorité parentale ou, le cas échéant, du représentant légal. Cette interdiction découle de l'autorité parentale, consacrée aux articles 371 et suivants du code civil et à l'article L. 1111-4 du code de la santé publique. Elle a également été rappelée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), dans ses communications de février 2025. Enfin, les pharmaciens sont tenus de respecter des bonnes pratiques de dispensation quant à la quantité vendue. Elles précisent que « les quantités remises doivent respecter la dose d'exonération indiquée pour chaque substance active concernée conformément à la réglementation en vigueur » (arrêté du 28 novembre 2016). En plus de ce cadre réglementaire strict, et en réaction au « paracétamol challenge », de nombreuses communications ont permis d'avertir et de sensibiliser sur les risques liés à la surconsommation de paracétamol. En ce sens, l'ANSM a publié un communiqué « Paracétamol : attention aux intoxications volontaires par des enfants et des adolescents », dans lequel elle informe les parents et les pharmaciens des risques encourus.

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