Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 06/03/2025
M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur la gestion des allergies en France.
Selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé, d'ici 2050, une personne sur deux pourrait être touchée par des allergies, qu'elles soient alimentaires ou respiratoires. Cette même organisation classe par ailleurs ces dernières au 4ème rang des maladies chroniques. En outre, au cours des 20 dernières années, leur gravité n'a cessé de s'intensifier en raison du changement climatique, du dérèglement de notre système immunitaire et de notre mode de vie. En moyenne, il s'écoule sept ans entre l'apparition des premiers symptômes allergiques et la première consultation chez un allergologue. Pourtant, 30 % des rhinites non traitées évoluent vers l'asthme, conduisant à plus de 230 000 journées d'hospitalisation chaque année. Par ailleurs, le nombre de chocs anaphylactiques a été multiplié par quatre au cours des deux dernières décennies. L'âge moyen des allergologues en France étant de 57 ans, une grande partie d'entre eux approche de la retraite. Cette situation risque d'entraîner une pénurie dans les années à venir, alors même qu'actuellement, on ne dénombre qu'un allergologue pour 66 000 personnes.
Au regard du nombre croissant des cas d'allergies, il souhaite connaître les mesures que le Gouvernement entend prendre afin de faire de la prévention et du traitement de ces affections un véritable sujet de santé publique.
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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées
Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 26/02/2026
La dispensation d'une information fiable permet de limiter les impacts sanitaires liés aux allergies. S'agissant des allergènes inhalés, les ministères chargés de la santé et de l'écologie ont en charge de coordonner et soutenir les organismes chargés de la surveillance des pollens désignés par l'arrêté du 5 août 2016. L'inspection générale des affaires sociales et l'inspection générale de l'environnement et du développement durable ont été missionnées par ces ministères afin d'obtenir des recommandations sur l'évolution de ce dispositif. Le rapport établi par la mission a été publié en mars 2025. Sur la base de ses recommandations, les ministères chargés de la santé et de l'écologie travaillent actuellement à la restructuration du système de surveillance des pollens et de l'information associée en direction des patients et des professionnels de santé et à une potentielle évolution du cadre réglementaire encadrant ce dispositif. En parallèle, le ministère chargé de la santé porte une attention particulière aux allergènes émergents, identifiés à la suite des signalements reçus par le Réseau d'Allergo Vigilance® (RAV), et qui pourront être ajoutés à la liste des allergènes devant être mentionnés sur les emballages alimentaires conformément au règlement (UE) n° 1169/2011, afin de mieux prévenir le risque d'allergie grave. Il convient également de souligner que les opérateurs de la chaîne alimentaire doivent respecter le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l'information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées. Pour ceux-ci, l'indication de la présence d'allergènes se fait obligatoirement par écrit, à proximité du produit concerné, de façon à ce qu'il n'existe aucun doute pour le consommateur. Le respect de ces mesures de prévention permet d'éviter un grand nombre de chocs anaphylactiques en lien avec l'alimentation.
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