Question de M. WATTEBLED Dany (Nord - Les Indépendants) publiée le 27/03/2025
M. Dany Wattebled appelle l'attention de M. le Premier ministre sur le mode de validation choisi du programme pluriannuel de l'énergie (PPE3).
En effet, alors que le PPE3 est un dispositif extrêmement important puisqu'il engage l'avenir énergétique de la France pour la prochaine décennie, le Gouvernement envisage de le valider par décret, c'est-à-dire sans débat parlementaire.
Pourtant, il s'agit d'un projet dont l'impact sera tout à fait déterminant sur la production d'électricité et le prix de l'énergie pour les Français et les entreprises. Sont en jeu non seulement l'impact environnemental de la production énergétique, mais aussi la souveraineté énergétique, la réindustrialisation, la compétitivité à l'international et enfin, le pouvoir d'achat des Français amputé ces dernières années par la forte hausse du coût de l'électricité.
Or, de l'avis de tous les professionnels et experts du secteur énergétique, l'actuel projet de décret qui prévoit un développement massif de l'éolien et du solaire, fruit de la pression de ces différentes filières, repose sur des chiffrages économiques insuffisants et incohérents, une évaluation environnementale déficiente, et au final, ne propose qu'un empilement de solutions de production sans aucune vision globale.
Il lui rappelle que plus de 90 % de l'énergie français est déjà décarbonée, que 80 % de la production éolienne est inutile en France et doit être exportée, et ce souvent à perte, que l'éolien et le solaire sont des énergies intermittentes qui nécessitent des importations d'électricité ou de gaz, pour compenser les variations de production. Et qu'in fine, la gestion de l'intermittence des renouvelables fragilise le réseau électrique français et accroît la dépendance aux importations de gaz et d'électricité, exposant la France aux crises énergétiques internationales.
Il s'étonne enfin, que ce projet de décret ne tienne aucunement compte de tous les récents travaux et propositions du Sénat sur la production énergétique.
C'est pourquoi, compte tenu de l'importance majeure que revêt le choix du futur mix énergétique pour l'avenir de la France, il le remercie de bien vouloir faire examiner et voter le PPE3 par le Parlement.
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Transmise au Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 04/06/2026
La 3ème programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) a été publiée le 13 février par décret. Elle constitue désormais la feuille de route opérationnelle de la politique énergétique française. Les objectifs retenus sont conforme à la proposition de loi qui avait été votée au Sénat, fixant un seuil de 200 TWh d'énergie décarbonée en 2030. Concernant le développement des énergies renouvelables et leur stockage, la PPE 3 confirme le prolongement du déploiement afin de répondre à l'électrification des usages et de renforcer la sécurité d'approvisionnement. Il sera nécessaire de produire environ 67 TWh supplémentaires d'ici 2030, puis entre 133 et 175 TWh supplémentaires d'ici 2035 par rapport à 2023. Les capacités installées atteindraient environ 109 GW en 2030, puis entre 134 et 164 GW en 2035, toutes filières confondues (photovoltaïque, éolien, hydroélectricité). Les objectifs portent également sur 26 % d'énergies renouvelables hors électricité en 2030 et 32 % en 2035, ainsi que sur 34 % d'électricité en 2030 et 38 % en 2035, pour atteindre en 2035 près de 70 % d'énergie (quasi) décarbonée. Enfin, s'agissant du nucléaire, la PPE 3 confirme le programme de construction de six réacteurs EPR2 porté par EDF. La programmation retenue vise à concilier relance du nucléaire, accélération des renouvelables et respect des engagements européens, notamment ceux issus de la directive RED III. Cette publication apporte ainsi la visibilité attendue par les entreprises, les investisseurs et les collectivités territoriales. Elle permet aux acteurs économiques, aux filières industrielles et aux communes de disposer d'un cadre stratégique stabilisé et cohérent, indispensable pour engager les investissements, planifier les projets et accompagner, dans la durée, la transformation du système énergétique français.
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