Question de M. CHAUVET Patrick (Seine-Maritime - UC) publiée le 03/04/2025
M. Patrick Chauvet attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins sur la reconnaissance et l'encadrement des perfusionnistes en chirurgie cardiaque.
En effet, la qualité et la sécurité des soins reposent en France sur des formations strictement encadrées et uniformisées. Cependant, en chirurgie cardiaque, le rôle crucial des perfusionnistes n'est toujours pas reconnu, ni clairement encadré.
Lors d'une intervention cardiaque, le perfusionniste pilote la machine « coeur-poumon » et ajuste en permanence les paramètres en fonction des besoins du patient et du déroulement de l'intervention. Cette mission exige une expertise pointue et une vigilance constante.
Pourtant, ces professionnels n'ont aucune formation spécifique obligatoire. La transmission des savoirs-faire se fait de professionnel à professionnel selon les habitudes de chaque centre de chirurgie. Face à cette lacune, un master en circulation extracorporelle et assistance circulatoire a vu le jour en 2020 à l'Université de la Sorbonne. Ce programme plébiscité par les perfusionnistes et les équipes médico-chirurgicales, offre une formation pointue et répond aux besoins d'uniformisation des pratiques. Malheureusement, cette formation n'est toujours pas obligatoire.
À ce jour, aucune compétence spécifique ne leur est reconnue alors qu'ils réalisent quotidiennement des actes qui dépassent le champ de compétences des infirmiers. Cette absence de cadre réglementaire contribue aux difficultés de recrutement et de fidélisation des perfusionnistes. Sur le terrain, les délais de prise en charge s'allongent, la santé des patients les plus fragiles s'aggravent et certains centres font appel à des intérimaires étrangers n'étant ni infirmiers ni médecins. Or, en l'état actuel du droit, une telle situation est constitutive d'un exercice illégal de la profession d'infirmier susceptible d'engager la responsabilité des établissements employeurs.
Il lui demande si le master en circulation extracorporelle et assistance circulatoire pourrait être considéré comme diplôme de référence pour la formation de tout candidat à la fonction de perfusionniste.
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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées
Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 04/06/2026
La fonction de perfusionniste implique l'exercice de missions spécifiques en matière de chirurgie cardiaque et de circulation extracorporelle, identifiées par une fiche métier au sein du répertoire des métiers de la santé et de l'autonomie dans le cadre de la fonction publique hospitalière. Cette fonction est actuellement exercée dans les blocs opératoires par environ 300 professionnels de santé auprès de patients bénéficiant de chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle. Toutefois, cette fonction est exercée par des professionnels soignants de profils différents, rendant difficile la création d'une profession dont le socle ne serait pas commun. Ainsi, créer une profession de « perfusionnistes » reviendrait à contraindre lesdits professionnels à un exercice spécifique et particulièrement réduit, alors qu'aujourd'hui, cette fonction leur permet de diversifier leurs pratiques et leur trajectoire professionnelle dans le cadre de carrières plus variées. Par ailleurs, la création d'une profession dédiée aurait pour conséquence l'instauration d'un monopole et d'une exclusivité d'exercice sur certains actes spécifiques en matière de chirurgie cardiaque et de circulation extracorporelle, ce qui aurait pour effet de rigidifier les organisations de travail et, par conséquent, le système dans sa globalité. En effet, un monopole détenu par des effectifs limités induirait inévitablement des situations de blocage, faisant peser un risque conséquent sur la continuité de l'activité des blocs opératoires. Pour toutes ces raisons, et au regard de la diversité des professionnels susceptibles de l'intégrer, la création d'une profession à part entière, disposant d'une formation commune, n'apparait pas opportune pour le système de santé. Néanmoins, au sein de la fonction publique hospitalière et d'un point de vue statutaire, les compétences particulières nécessaires à l'exercice de la fonction de perfusionniste sont actuellement reconnues, par le biais du versement d'une nouvelle bonification indiciaire de 13 points aux infirmiers en soins généraux, exerçant leurs fonctions à titre exclusif dans le domaine de l'électrophysiologie, de la circulation extracorporelle ou de l'hémodialyse - comme le prévoit le 2° de l'article 1er du décret n° 92-112 du 3 février 1992 relatif à la nouvelle bonification indiciaire attachée à des emplois occupés par certains personnels de la fonction publique hospitalière.
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