Question de M. GAY Fabien (Seine-Saint-Denis - CRCE-K) publiée le 10/04/2025
M. Fabien Gay interroge M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie sur l'avenir du site de production du laboratoire Sanofi situé à Amilly (45).
Depuis l'annonce de cession du site au sous-traitant Astrea Pharma et de l'acquisition des marques Aspégic et Kardégic par Substipharm, les salariés sont en grève pour s'opposer à ce projet. Céder leur outil de production à un façonnier détenu par une holding luxembourgeoise suscite de fortes inquiétudes, notamment quant à la dégradation de leurs conditions de travail et de production.
Installé à Amilly depuis 1961, le site compte actuellement 276 salariés. Cette usine est la seule en Europe à pouvoir synthétiser le principe actif du Kardégic, médicament d'intérêt majeur, permettant de protéger des millions de personnes des maladies cardio-vasculaires.
Sur le même site, en 2024, Sanofi avait cédé au transporteur DHL ses activités de distribution. Les 130 salariés concernés ont subi depuis une dégradation de leurs conditions de travail et de leurs acquis sociaux.
Alors que les négociations viennent de débuter, ils n'ont aucune garantie sur le maintien des emplois, sur les investissements prévus dans les années à venir, les volumes de production envisagés.
5 mois après avoir vendu la filiale Opella qui produit le Doliprane au fonds d'investissement américain CD&R, qui avait suscité un émoi national y compris au sein du Gouvernement, ce projet de la direction du groupe pharmaceutique s'inscrit dans la même logique. Le laboratoire Sanofi poursuit sa stratégie en fermant des sites, en supprimant des emplois, en externalisant sa production de ses médicaments mature, moins rentables, tout en bénéficiant d'importantes aides publiques.
Aussi, il lui demande de bien vouloir intervenir afin que ce projet de vente soit abandonné et que les investissements nécessaires soient réalisés pour garantir la pérennité et le développement du site d'Amilly, le maintien des emplois et des savoir-faire.
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Réponse du Ministère auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie publiée le 28/08/2025
Le renforcement de notre souveraineté sanitaire, en particulier concernant l'approvisionnement en médicaments essentiels, est une priorité pour le Gouvernement. A cet effet, l'Etat a déployé en 2020 un plan de relance dont les mesures prioritaires visaient à renforcer nos capacités de productions de traitements contre la Covid 19. Depuis, cette démarche a été pérennisée et renforcée par plusieurs initiatives. La Stratégie d'Accélération Maladies Infectieuses Emergentes et Menaces NRBC lancée en 2021 qui vise à construire une stratégie allant de la recherche fondamentale jusqu'au soutien à l'industrialisation pour mieux prévenir et préparer les prochaines crises sanitaires. L'annonce en juin 2023 par le Président de la République du lancement d'un plan de relocalisation de médicaments essentiels sur le plan sanitaire accompagné du financement de neufs projets contribuant au renforcement de la chaine de production de ces médicaments. En janvier dernier, la présentation par les Ministres de l'Économie, de la Santé et de l'Industrie de sept nouveaux projets de renforcement des chaines de production de médicaments essentiels, portant à 50 Meuros le soutien public de France 2030 mobilisé sur cette thématique, et permettant de déclencher 300 Meuros d'investissements productifs. Cette ambition est également déployée au niveau européen où la France joue un rôle moteur au sein de l'Alliance pour les médicaments critiques (Critical Medicines Act) afin de porter une stratégie européenne cohérente de soutien aux investissements capacitaires et de pérennisation des outils productifs existants. L'objectif de l'Alliance est d'aboutir à un acte législatif européen sur les médicaments critiques au second trimestre de 2025. S'agissant de la cession par Sanofi de son site d'Amilly à Astrea, et par Sanofi et Opella des autorisations de mise sur le marché (AMM) du Kardegic et de l'Aspegic à Substipharm, l'Etat demeure vigilant quant aux impacts de ces opérations et échange avec Substipharm et Astrea pour réaffirmer l'engagement du Gouvernement en matière de souveraineté industrielle et sanitaire.
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