Question de Mme de LA PROVÔTÉ Sonia (Calvados - UC) publiée le 17/04/2025

Mme Sonia de La Provôté attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins quant à la situation préoccupante concernant l'encadrement du métier de perfusionniste en chirurgie cardiaque.

En France, la qualité et la sécurité des soins reposent sur des formations strictement encadrées et uniformisées. Cependant, en chirurgie cardiaque, le rôle crucial des perfusionnistes, experts de la circulation extracorporelle (CEC), n'est toujours pas reconnu ni clairement encadré. Lors d'une intervention cardiaque, le perfusionniste pilote la machine « coeur-poumon » et ajuste en permanence les paramètres en fonction des besoins du patient et du déroulement de l'intervention. Cette mission exige une expertise pointue, d'autant plus que la bonne gestion de la CEC est directement liée à certaines complications postopératoires.

L'évolution constante des techniques de cette chirurgie a complexifié les missions des perfusionnistes et augmenté leurs prérogatives. Pourtant, ces professionnels n'ont aucune formation obligatoire. La transmission des savoir-faire se fait de professionnel à professionnel selon les habitudes des infirmiers de chaque centre.

Face à cette lacune, un master en circulation extracorporelle et assistance circulatoire a vu le jour en 2020 à Sorbonne Université. Ce programme offre une formation adaptée. Mais cette formation n'est toujours pas obligatoire.

Cette absence de cadre pose des questions médico-légales et contribue aux difficultés majeures de recrutement et de fidélisation des perfusionnistes. Les conséquences sont fortes : les délais de prise en charge des patients s'allongent, et certains centres font appel à des intérimaires étrangers pour les aider, n'ayant pas assez de perfusionnistes pour exécuter les actes nécessaires, entraînant un coût important pour les établissements.

Conscientes de ces enjeux, les sociétés des perfusionnistes (SFACCEC) et des chirurgiens cardiaques (SFCTCV), recommandent fortement l'instauration de ce Master comme formation de référence pour tout candidat à la fonction de perfusionniste.

Aussi, elle lui demande dans quel délai et comment il compte encadrer et reconnaître officiellement la profession de perfusionniste en France.

- page 1878

Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées


Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 04/06/2026

La fonction de perfusionniste implique l'exercice de missions spécifiques en matière de chirurgie cardiaque et de circulation extracorporelle, identifiées par une fiche métier au sein du répertoire des métiers de la santé et de l'autonomie dans le cadre de la fonction publique hospitalière. Cette fonction est actuellement exercée dans les blocs opératoires par environ 300 professionnels de santé auprès de patients bénéficiant de chirurgie cardiaque sous circulation extracorporelle. Toutefois, cette fonction est exercée par des professionnels soignants de profils différents, rendant difficile la création d'une profession dont le socle ne serait pas commun. Ainsi, créer une profession de « perfusionnistes » reviendrait à contraindre lesdits professionnels à un exercice spécifique et particulièrement réduit, alors qu'aujourd'hui, cette fonction leur permet de diversifier leurs pratiques et leur trajectoire professionnelle dans le cadre de carrières plus variées. Par ailleurs, la création d'une profession dédiée aurait pour conséquence l'instauration d'un monopole et d'une exclusivité d'exercice sur certains actes spécifiques en matière de chirurgie cardiaque et de circulation extracorporelle, ce qui aurait pour effet de rigidifier les organisations de travail et, par conséquent, le système dans sa globalité. En effet, un monopole détenu par des effectifs limités induirait inévitablement des situations de blocage, faisant peser un risque conséquent sur la continuité de l'activité des blocs opératoires. Pour toutes ces raisons, et au regard de la diversité des professionnels susceptibles de l'intégrer, la création d'une profession à part entière, disposant d'une formation commune, n'apparait pas opportune pour le système de santé. Néanmoins, au sein de la fonction publique hospitalière et d'un point de vue statutaire, les compétences particulières nécessaires à l'exercice de la fonction de perfusionniste sont actuellement reconnues, par le biais du versement d'une nouvelle bonification indiciaire de 13 points aux infirmiers en soins généraux, exerçant leurs fonctions à titre exclusif dans le domaine de l'électrophysiologie, de la circulation extracorporelle ou de l'hémodialyse - comme le prévoit le 2° de l'article 1er du décret n° 92-112 du 3 février 1992 relatif à la nouvelle bonification indiciaire attachée à des emplois occupés par certains personnels de la fonction publique hospitalière.

- page 2794

Page mise à jour le