Question de M. BURGOA Laurent (Gard - Les Républicains) publiée le 24/07/2025
M. Laurent Burgoa attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur sur la situation critique que traverse actuellement le secteur de l'enseignement de la conduite.
Comme l'ont récemment rappelé les représentants de l'Union nationale des indépendants de la conduite (UNIC), auditionnés avec d'autres organisations professionnelles lors d'une réunion d'urgence avec les cabinets ministériels concernés, la profession fait face à une crise d'une ampleur sans précédent : allongement démesuré des délais d'examen, pénurie chronique de places, désorganisation des plannings, tensions croissantes dans les centres d'examen, et désarroi profond des élèves comme des équipes pédagogiques.
Malgré les multiples alertes lancées depuis plusieurs mois par les organisations représentatives, les réponses apportées par l'administration restent très en deçà des besoins du terrain. La reconduction des mesures existantes, dont l'inefficacité est largement constatée, et l'annonce de futures réunions préfectorales ne constituent pas des réponses à la hauteur de l'urgence.
La profession réclame aujourd'hui des mesures concrètes et immédiates : recrutements ciblés d'inspecteurs par département, augmentation du nombre de jours d'examen mensuels, renforts ponctuels par des contractuels ou enseignants expérimentés, revalorisation du métier d'inspecteur, relance de l'apprentissage anticipé de la conduite, et révision des modalités d'évaluation.
Il lui demande donc quelles décisions le Gouvernement entend prendre, à très court terme, pour endiguer cette crise dont les conséquences affectent non seulement les écoles de conduite et les candidats au permis, mais également l'équilibre territorial et la mobilité dans les zones rurales.
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Transmise au Ministère de l'intérieur
Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 30/04/2026
L'examen du permis de conduire demeure le premier examen de France avec 1,8 million d'épreuves pratiques organisées en 2024 dont 1,6 million pour la catégorie B. Conscient des difficultés d'accès aux places, le Gouvernement a annoncé la création de 80 000 places d'examens supplémentaires en 2025 et poursuit les recrutements d'inspecteurs (88 en 2024, 108 en 2025 et 10 postes supplémentaires pour 2026). Ces mesures visent à réduire les délais, en particulier dans les départements en tension. En augmentant ainsi la capacité d'examen, le Gouvernement entend faciliter l'accès à ce passage crucial dans certains territoires. Dans chaque département où le délai médian dépasse 80 jours, un comité de suivi est instauré sous l'autorité du préfet, afin d'adapter localement la production de places. Des inspecteurs retraités peuvent également être mobilisés pour renforcer ponctuellement les effectifs. Ainsi, le Gard, où le délai médian atteint 108 jours, bénéficie de cette démarche collaborative. Cette instance a pour mission d'accompagner efficacement les acteurs locaux afin de répondre au mieux aux attentes des usagers. Par ailleurs, les autres indicateurs relatifs au permis de conduire dans le Gard sont suivis attentivement. Ainsi, le taux de réussite annualisé pour le mois d'août 2025 s'établit à 64,64 %, soit un niveau supérieur au taux moyen national (58,32 %). Le ratio réel formateur s'élève quant à lui à 4,5, un chiffre inférieur à la moyenne nationale (5,1). Afin de maintenir l'effectif d'inspecteurs au complet dans le département, soit une cible de 13 ETP, les deux départs en retraite prévus ont été anticipés et feront l'objet d'un remplacement. En dépit de ses nombreuses vertus pédagogiques, la part des élèves ayant choisi l'apprentissage anticipé de la conduite (AAC) demeure inférieure à 20 % depuis 2019. Après une baisse importante de la part des candidats examinés en AAC en 2023 (16.7 %), on constate une légère augmentation en 2024 (18.6 %). Il faut relever que l'abaissement de l'âge de la délivrance de la catégorie B à 17 ans a réduit de manière significative l'attractivité de l'apprentissage anticipé de la conduite (AAC) pour les jeunes âgés de 16 à 18 ans. La possibilité de débuter l'AAC dès l'âge de 15 ans qui est ouverte depuis 2014 reste une information encore méconnue du grand public. De fait, la conduite accompagnée est plus facilement pratiquée dans les territoires péri-urbains ou ruraux. Afin de sensibiliser l'ensemble des jeunes remplissant les conditions d'âge pour accéder à l'AAC et leurs familles, il est primordial d'apporter une information généralisée des avantages et des conditions de l'AAC dès le plus jeune âge. En lien avec le ministère de l'éducation nationale, le ministère de l'intérieur a mis en place une action de communication auprès de la classe d'âge des 15 à 16 ans qu'il convient de toucher le plus en amont possible, notamment au moment du passage de l'attestation scolaire de sécurité routière (ASSR2) lors de la remise du diplôme (classes de 3e) ou encore, à titre expérimental, en classes de 4e. Le Gouvernement demeure pleinement mobilisé pour améliorer l'accès à l'examen du permis de conduire et réduire les délais d'attente, en tenant compte des spécificités territoriales.
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