Question de M. BACCHI Jérémy (Bouches-du-Rhône - CRCE-K) publiée le 24/07/2025
M. Jérémy Bacchi interroge M. le Premier ministre concernant la question des feux de forêt en France et plus particulièrement dans les Bouches-du-Rhône. En moins d'une semaine, les alentours de Marseille ont connu le départ de trois incendies de grande ampleur. Cette situation fait écho à nos appels répétés depuis maintenant plusieurs années autour des questions de prévention et de gestion de ces phénomènes. Le constat est clair et les syndicats de pompiers sont unanimes: les moyens accordés par le Gouvernement sont insuffisants face à des incendies de plus en plus intenses et récurrents. Un renforcement des effectifs, une modernisation et un renouvellement du matériel ainsi qu'une meilleure prévention et gestion forestière sont nécessaires. Comme nous le demandions trois ans plus tôt, cette dernière doit être fondée sur l'intérêt général des populations et des générations futures, à l'opposé des choix qui sont faits actuellement qui affaiblissent les missions de l'Office national des forêts (ONF). Le projet de loi de finance de 2025 avait ainsi notamment supprimé 95 postes d'agents de l'ONF. Parallèlement, de nombreux élus et professionnels de la sécurité civile nous interpellent sur la qualité et la quantité d'une flotte de canadairs vieillissantes, dont la plupart des engins ont en moyenne une trentaine d'année. Un rapport parlementaire déposé ce 2 juillet 2025 décrit une architecture de ces avions qui n'est plus adaptée aux enjeux et difficultés actuelles de la lutte contre les incendies. Ainsi, il lui demande de prendre des mesures concrètes face à cette situation critique et urgente.
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Transmise au Ministère de l'intérieur
Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 30/04/2026
Le ministère de l'intérieur a engagé plusieurs mesures au service de la politique de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Elles reposent notamment sur la définition d'un niveau d'équipement rehaussé via des concours financiers directs de l'État au soutien des investissements des services d'incendie et de secours. Initiée à cette fin en 2019, la démarche dite des pactes capacitaires permet depuis 2023, d'améliorer la réponse opérationnelle des services d'incendie et de secours (SIS) aux risques en matière de feux de forêts (FDF) avec 150 Meuros de subventions de l'État ouverts au titre de la loi de finances pour 2023. Ces crédits sont venus compléter les 30 Meuros adossés à la LOPMI 2023-2027 au titre des risques complexes et/ou émergents (RCE). Ce sont ainsi plus de 1000 véhicules et matériels de lutte contre les feux de forêts qui seront acquis dans ce cadre d'ici à 2028. Les subventions octroyées dans le cadre du Fonds vert ont quant à elle permis de développer les capacités de surveillance et de détection. Par ailleurs, face aux évolutions climatiques qui modifient durablement la cartographie des risques auxquels la France est confrontée, la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) a mis en place une stratégie d'adaptation de la réponse de sécurité civile face aux défis climatiques à l'horizon 2050. Ainsi, afin de renforcer les capacités d'analyse et d'anticipation des dangers, la DGSCGC a développé avec les services de météo France et de l'Office national des forêts, une expertise sur les dangers liés aux feux de forêts. Déployée en zone Sud depuis plusieurs décennies, cette expertise a été étendue à la zone Sud-Ouest en 2023 et à la zone Ouest en 2024, couvrant ainsi 55 départements. Elle permet de déterminer précisément les secteurs au sein desquels le risque sera le plus important et l'éventuelle nécessité d'y prépositionner des moyens terrestres ou aériens complémentaires. En adaptant au plus juste la posture opérationnelle à des zones de danger ciblées, l'objectif est de maintenir la stratégie d'attaque des feux naissants et d'éviter tout développement d'un feu dont nous perdrions le contrôle. En ce qui concerne les moyens terrestres, afin de renforcer les moyens des services d'incendie et de secours locaux, un total de 51 colonnes de renfort a été identifié à l'occasion des saisons estivales 2024 et 2025, soit 3 500 sapeurs-pompiers et sapeur-sauveteurs, et plus de 700 véhicules d'intervention spécifiques, dédiés à la lutte contre les feux de forêts. En ce qui concerne les moyens aériens de la sécurité civile, en 2025, 39 aéronefs sont dédiés à la lutte contre les feux de forêts. Aux 12 Canadairs, 8 Dash et 3 BEECH de la sécurité civile, se sont ajoutés plusieurs moyens loués : 6 hélicoptères lourds, 4 hélicoptères légers et 6 avions légers d'une capacité de largage de 3 tonnes. Cette flotte a pour vocation d'être prépositionnée au plus près des dangers, tout en conservant une capacité d'attaque massive d'éventuels feux en extension. La location de ces vecteurs supplémentaires représente en 2024 et 2025 un effort financier de l'État de plus de 24 millions d'euros. Chaque été, des détachements terrestres et aériens sont déployés dans les départements méditerranéens, en Corse et dans le Sud-Ouest afin de pouvoir intervenir sans délai au coeur des secteurs à risque. D'autre part, les avions bombardiers d'eau ont pu s'appuyer sur un réseau national de pélicandromes étendu à 24 stations, 4 de plus qu'en 2022, qui seront prochainement complétées par 4 nouveaux sites identifiés en 2025. Enfin, le protocole Héphaïstos liant le ministère de l'intérieur au ministère des armées dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt permet d'intégrer plusieurs détachements au dispositif national : 3 hélicoptères, 2 modules de surveillance et 3 groupes du génie (bulldozers) déployés dans la moitié sud du pays. Ce dispositif peut également être complété au besoin par des sections à pied afin de participer à l'extinction des lisières sur des chantiers d'envergure à l'instar de ceux du Sud-Ouest en 2022. Dans le cadre des réflexions sur la préparation de l'avenir, concernant les moyens aériens la DGSCGC travaille sur la définition d'un contrat opérationnel tenant compte de l'augmentation du risque. Il en découlera la définition d'une réponse capacitaire dont l'ambition est de proposer une flotte aérienne selon les niveaux de risques anticipés à l'horizon 2035 et au-delà.
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