Question de M. MENONVILLE Franck (Meuse - UC) publiée le 31/07/2025
M. Franck Menonville attire l'attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur le financement de l'apprentissage.
Depuis le 1er mars 2025, le plafond d'exonération des cotisations salariales est passé de 79 % à 50 % du SMIC. Par ailleurs, la rémunération au delà de ce seuil est soumise à contribution sociale généralisée et à contribution au remboursement de la dette sociale. En outre, depuis le 1er juillet 2025, le coût du recrutement à la charge de l'entreprise d'un apprenti de niveau Bac+3 à Bac+5 a augmenté de 750 euros. Enfin, l'attribution des aides en fonction de la taille de l'entreprise a été instaurée : 5000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et 2000 euros pour les autres.
Ces nouvelles règles suscitent de grandes inquiétudes et risquent d'impacter le recrutement d'alternants pour la prochaine rentrée scolaire alors qu'ils permettent de répondre aux besoins de main d'oeuvre qualifiée.
L'apprentissage est créateur d'emplois, il facilite l'insertion des jeunes et soutient la croissance économique des territoires.
Il souhaiterait connaitre la position et les intentions du Gouvernement sur ce sujet et notamment en terme de soutien aux entreprises.
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Transmise au Ministère du travail et des solidarités
Réponse du Ministère du travail et des solidarités publiée le 22/01/2026
Plusieurs mesures de régulation budgétaire ont été prises par le Gouvernement en 2025, dont l'abaissement du seuil d'exonération des cotisations dont bénéficient les apprentis, la participation obligatoire des employeurs à la prise en charge des contrats d'apprentissage visant une certification de niveaux 6 et 7 et la modification des conditions d'aide aux employeurs d'apprentis, en questionnant notamment leurs effets sur la dynamique de l'apprentissage. La politique de l'apprentissage est une des priorités du Gouvernement depuis la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel en raison de ses effets positifs sur l'insertion professionnelle des jeunes et le développement des compétences. Toutefois, avec l'augmentation exponentielle du nombre de contrats d'apprentissage depuis 2018, le poids financier de cette politique sur les finances publiques s'est particulièrement accru rendant le système insoutenable financièrement. C'est pourquoi plusieurs séries de mesures sont entrées en vigueur depuis le début de l'année 2025. Certaines de ces mesures ont pu avoir un impact sur la rémunération des apprentis et sur les dispositifs incitatifs en faveur des employeurs. La baisse des salaires nets des apprentis fait suite à la mesure votée par la représentation nationale dans le cadre des travaux relatifs à la loi de financement de la sécurité sociale 2025. En effet, en application de l'article 23 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, le seuil d'exonération des cotisations salariales est passé de 79 % à 50 % du SMIC pour tous les contrats d'apprentissage conclus depuis le 1er mars de la même année. La situation des apprentis est particulière car ils acquièrent des droits sociaux en matière de retraite et d'assurance chômage malgré les dispositifs d'exonération dont ils bénéficient. C'est la raison pour laquelle il a été décidé, dans le cadre des discussions parlementaires, d'augmenter leurs contributions sociales salariales tout en préservant les apprentis aux rémunérations les moins élevées. La participation obligatoire des employeurs a été mise en oeuvre le 1er juillet 2025 à la suite de l'adoption, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025, d'un amendement parlementaire. Ainsi, l'article 192 de la loi de finances pour 2025 prévoit une participation financière obligatoire des employeurs à la prise en charge des contrats d'apprentissage lorsque le diplôme ou titre à finalité professionnelle visé équivaut au moins au niveau 6 du cadre national des certifications professionnelles. Le décret n° 2025-585 du 27 juin 2025 relatif à la prise en charge des actions de formation par apprentissage met ainsi en oeuvre la mesure votée par la représentation nationale. Enfin, conscient de la nécessité de continuer à soutenir le développement de l'apprentissage tout en assurant la soutenabilité financière du système, le Gouvernement a fait le choix de moduler le montant de l'aide aux employeurs d'apprentis en fonction de la taille de l'entreprise. Le décret n° 2025-174 du 22 février 2025 a ainsi mis en place une architecture différenciée permettant de garantir la pérennité du dispositif. Les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d'une aide de 5 000 euros, tandis que celles de 250 salariés et plus perçoivent une aide de 2 000 euros. Par ailleurs, lorsque l'apprenti est en situation de handicap, le montant de l'aide est majoré à 6 000 euros, quelle que soit la taille de l'entreprise. Ces montants restent significatifs et visent à maintenir un soutien renforcé aux structures de moins de 250 salariés qui accueillent aujourd'hui près de 80 % des apprentis. L'ensemble de ces mesures a pour objectif de rendre le système de financement de l'apprentissage plus soutenable pour le budget de l'État. Pour autant, le Gouvernement reste pleinement engagé en faveur de cette politique publique essentielle pour le pays et entend continuer à soutenir les acteurs de l'apprentissage.
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