Question de M. SAVOLDELLI Pascal (Val-de-Marne - CRCE-K) publiée le 11/09/2025
M. Pascal Savoldelli attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la situation préoccupante de l'école élémentaire Guy Môquet, située à Ivry-sur-Seine et classée en réseau d'éducation prioritaire (REP).
C'est avec stupéfaction que les enseignants, les parents d'élèves et les élus locaux ont appris, plusieurs jours après la rentrée scolaire 2025, la fermeture d'une classe de maternelle dans cet établissement. Cette décision tardive, annoncée brutalement et sans concertation, entraîne une augmentation immédiate des effectifs de 6 élèves supplémentaires par classe, alors même que l'école souffre déjà du manque de moyens humains, notamment avec deux postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) non pourvus.
Une telle mesure fragilise considérablement les conditions d'apprentissage des enfants, parmi lesquels beaucoup effectuent leur toute première rentrée, et dégrade le climat scolaire en imposant des regroupements inadaptés. Elle témoigne d'un profond manque de considération à l'égard du travail préparatoire des équipes pédagogiques ainsi que du rôle des parents, réduits à constater que leurs enfants sont traités comme de simples chiffres administratifs.
Cette fermeture s'ajoute à un contexte plus large de réduction des moyens dans les établissements scolaires d'Ivry-sur-Seine qui ont déjà alerté à travers une journée de mobilisation sur les suppressions de postes d'enseignants et d'AESH. Une telle austérité, imposée aux écoles de quartiers populaires, accroît les inégalités éducatives au détriment de l'avenir des enfants.
Aussi, il lui demande quelles mesures urgentes elle compte prendre pour garantir le maintien de l'ensemble des classes ouvertes à l'école Guy Môquet, pour doter l'établissement des moyens en postes d'enseignants et d'AESH nécessaires à son bon fonctionnement, et plus largement pour assurer que les écoles classées en REP disposent réellement des moyens correspondant à leurs besoins spécifiques.
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Transmise au Ministère de l'éducation nationale
Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 02/04/2026
La loi de finances pour 2025 avait prévu un maintien global des emplois d'enseignants. Ce maintien global des moyens d'enseignement s'est inscrit dans la perspective d'une année scolaire 2025-2026 qui est à nouveau marquée par une diminution forte du nombre d'élèves de l'ordre de 106 000, poursuivant une tendance démographique observée depuis plusieurs années. Il est constaté plus précisément une baisse de 96 022 élèves dans le premier degré public et de 10 056 élèves dans le second degré public. L'amélioration historique des taux d'encadrement s'est donc poursuivi en 2025 dans le premier degré public grâce à des suppressions de postes limitées à 470 emplois : le nombre d'élèves par classe a ainsi atteint son plus bas niveau historique à moins de 21,1 élèves par classe en moyenne à la rentrée scolaire 2025 alors qu'il accueillait 23,2 élèves par classe en moyenne en 2017. La répartition des moyens dans le premier degré tient notamment compte des critères territoriaux et sociaux de chaque académie et département, puis de chaque circonscription et de chaque école. À la maille la plus fine, celle de l'école, les temps de transport des élèves sont également pris en compte. Pour mieux répondre aux préoccupations exprimées par les élus locaux, le dialogue et la coordination ont été renforcés en amont des conseils départementaux de l'éducation nationale (CDEN), dans le cadre de l'observatoire des dynamiques rurales, instance d'échanges mise en place à partir de 2023 dans ces territoires, pour donner de la visibilité sur les évolutions démographiques et en partager les implications potentielles pour la structure des écoles, dans une logique pluriannuelle. S'agissant spécifiquement du département du Val-de-Marne, la rentrée scolaire 2025 dans le premier degré public a été marquée, comme les dernières années, par une baisse des effectifs correspondant à 2 066 élèves de moins soit 1,5 %. Depuis la rentrée 2017, le département a perdu 10 168 élèves pour un retrait de 13 postes d'enseignants. Dans ce contexte de baisse démographique continue, près de 6 662 élèves de moins depuis 5 ans et une projection négative de près de 2 313 élèves en 2026, les taux d'encadrement se sont nettement améliorés. Ainsi le nombre d'élèves par classe est de 21,6 à la rentrée 2025 et a diminué par rapport à la rentrée 2017 où il était de 24,4. Pour ce faire, le département a vu pour la première fois depuis 2017 sa dotation d'emplois diminuer de 13 ETP à la rentrée scolaire 2025. Dans ce cadre, l'évolution démographique du secteur a conduit à la fermeture d'une classe au sein de l'école. Cette mesure prise sur la base des effectifs prévisionnels a été arrêtée dans le respect des procédures habituelles de concertation avec les représentants des collectivités et de la communauté éducative. Consciente des enjeux locaux et attentive à la qualité des conditions d'apprentissage des élèves, la direction académique des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) a toutefois maintenu un moyen provisoire en ressources humaines pour l'année scolaire 2025-2026, permettant d'assurer la souplesse nécessaire dans l'organisation des classes et d'accompagner au mieux les besoins de l'école. De plus, la DSDEN demeure pleinement mobilisée pour garantir la continuité du service public d'éducation et favoriser le recrutement des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), dans un contexte de tension sur ces emplois. Depuis la rentrée scolaire 2025, plus de 200 AESH supplémentaires ont ainsi déjà été recrutés dans le département. L'attention portée à la réussite de chaque élève demeure au coeur des priorités départementales, en lien étroit avec les équipes pédagogiques et les élus locaux.
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