Question de Mme JOSEPH Else (Ardennes - Les Républicains) publiée le 09/10/2025
Mme Else Joseph interroge Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur l'exemption de droits de douane américains pour les vins et spiritueux, réclamée par les viticulteurs de France.
En effet, la Commission européenne a entamé des négociations, mais à ce jour, rien n'a été acté, alors qu'il y a urgence en ce domaine. En effet, sans changement, nos vins et spiritueux seront taxés à 15 % à l'entrée du territoire des États-Unis d'Amérique. Par ailleurs, il serait bon d'anticiper nos réactions en cas d'échec de la négociation avec les américains.
Elle aimerait donc connaître les réponses si jamais ces droits de douane sur nos vins et spiritueux sont maintenus aux taux actuels. Ainsi, il serait bon de connaître les mesures si nos viticulteurs venaient à subir des préjudices. Elle lui demande donc ce qu'il en est de l'actuelle négociation sur ces taux et des dispositifs qui seraient mis en place si aucun accord ne pouvait être obtenu avec l'administration américaine. Mais surtout, elle aimerait savoir ce que les pouvoirs publics envisagent à l'égard d'un public inquiet et qui craint de voir la disparition d'un excédent dans la balance commerciale agricole. Les acteurs ont besoin d'être informés.
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Transmise au Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire
Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire publiée le 05/02/2026
La ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire partage les préoccupations exprimées quant à l'imposition de droits de douanes supplémentaires sur les vins et spiritueux européens par les États-Unis. Les décisions prises en matière commerciale par les États-Unis sont regrettables et affaiblissent le commerce transatlantique, pourtant source de prospérité, de stabilité et d'emploi des deux côtés de l'Atlantique. Face à la situation exceptionnelle créée par l'imposition par les États-Unis de droits de douane élevés sur les importations provenant de leurs partenaires commerciaux du monde entier, y compris de l'Union européenne (UE), la priorité de la Commission européenne a été de stabiliser la situation et de créer des conditions prévisibles pour le commerce et les chaînes d'approvisionnement transatlantiques. Un accord politique a ainsi été conclu entre la Commission européenne et le Gouvernement américain le 27 juillet 2025, précisé par une déclaration conjointe le 21 août. Le Gouvernement reste convaincu que des droits de douane élevés sont préjudiciables à l'économie mondiale. Ainsi, le résultat de ces négociations, bien qu'imparfait, présente l'avantage d'éviter une escalade tarifaire néfaste de part et d'autre de l'Atlantique et garantit le maintien de l'accès des produits européens au marché américain. Si cet accord est asymétrique, en défaveur de l'UE, les exportateurs français et européens étant confrontés à des droits de douane plus élevés qu'en 2024, l'accord UE-États-Unis contribue pour autant à maintenir la position concurrentielle des exportateurs européens sur le marché américain. En effet, l'accord conclu par la Commission européenne est meilleur que ceux obtenus par la plupart des autres partenaires économiques des États-Unis. Cet accord introduit notamment, depuis le 7 août 2025, un droit unique plancher de 15 % appliqué aux exportations de l'UE vers les États-Unis, qui inclut le droit « NPF » (c'est-à-dire le droit de douane standard déjà appliqué par les États-Unis avant les décisions du président Trump, en conformité avec les règles de l'organisation mondiale du commerce). Les autres pays ayant conclu des accords avec les États-Unis voient généralement ces deux droits de douane se cumuler. L'UE a par ailleurs obtenu des exemptions du droit de douane de 15 % pour certains groupes de produits pour lesquels seuls les droits de douane NPF américains s'appliqueront. Malgré une forte mobilisation de la France, soutenue par d'autres États membres de l'UE, en faveur de l'exemption des vins et spiritueux, ces produits ne sont actuellement pas inclus dans le champ de ceux bénéficiant de ces exemptions. Toutefois, la déclaration commune de cet été fait état de l'intention des États-Unis et de l'UE d'ajouter d'autres catégories de produits à cette liste d'exemptions. Dans cette optique, la France continue à soutenir la poursuite du dialogue avec les États-Unis afin d'ajouter d'autres secteurs à cette liste d'exemptions, en particulier les vins et spiritueux. La Commission européenne a elle aussi intégré ce sujet prioritaire dans ses objectifs de négociation. Ses négociateurs devaient reprendre contact avec leurs homologues en novembre. La France restera vigilante à ce que les intérêts du secteur agricole soient traités au mieux dans cette négociation.
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