Question de Mme HAVET Nadège (Finistère - RDPI) publiée le 09/10/2025

Mme Nadège Havet appelle l'attention de M. le Premier ministre sur la fin annoncée de certaines lignes de train de nuit.

La fin des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne a été annoncée pour le 14 décembre 2025. Ces deux lignes, relancées respectivement en 2021 et 2023, ne circuleraient alors déjà plus.
Ces décisions ont pu être justifiées par des difficultés économiques, une fréquentation insuffisante et des coûts opérationnels élevés, notamment liés au personnel et aux travaux sur les réseaux français et allemand.
En raison de nos objectifs écologiques et de la demande croissante pour des alternatives à l'avion et à la voiture, cela apparaît pourtant dommageable.

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT) a pu regretter de nombreux freins au développement de ces mobilités : 3 allers-retours par semaine seulement, de multiples suppressions de trajets en 2024 de même qu'une circulation avec un itinéraire et des gares intermédiaires différentes en raison de travaux.
De plus, malgré un arrêt technique en gare de Nancy, ces trains n'y sont pas ouverts à la vente depuis cette gare. Il semble enfin que l'achat en ligne soit rendu particulièrement difficile, voire impossible, sur SNCF Connect.

Malgré ces obstacles, le remplissage a atteint 70 %, avec 66 000 voyageurs en 2024. Une pétition, ayant à la date du 1er octobre 2025 recueilli plus de 50 000 signatures, défend la recherche d'une alternative à la suppression, en concertation avec les opérateurs et les pays partenaires.

Plusieurs leviers principaux pourraient alors être activés : notamment une plus grande fréquence des allers et retours ainsi qu'un système de vente mieux identifié, rendu plus simple d'accès et d'utilisation.

Elle lui rappelle qu'à travers ces lignes se joue aussi une partie de l'avenir de la relance du ferroviaire en France et en Europe, et par conséquent de notre soutien aux déplacements décarboné. Elle lui demande donc que des solutions alternatives puissent être envisagées.

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Transmise au Ministère des transports


Réponse du Ministère des transports publiée le 22/01/2026

Le train de nuit reliant Paris à Vienne et Paris à Berlin, a été mis en service en 2021 pour Paris-Vienne et en 2023 pour Paris-Berlin. Alors que le service avait été lancé dans un premier temps comme une expérimentation par l'opérateur autrichien (ÖBB) et la SNCF, sans subvention, l'État a publié en 2022 un appel à manifestation d'intérêt pour les trains de nuit internationaux. Parmi les opérateurs ayant répondu, SNCF Voyageurs a sollicité une aide financière au démarrage pour le service. Une subvention a ainsi été versée par les États français et autrichien en 2024 et en 2025. L'État a donc pleinement joué son rôle pour faciliter le démarrage de cette desserte de nuit internationale. Cette liaison, exploitée conjointement par les exploitants nationaux français, autrichien et allemand, connaît des difficultés importantes en matière de régularité, notamment suite aux travaux sur le réseau en Allemagne. La massification des travaux sur le réseau ferré, en particulier en Allemagne qui a récemment fortement renforcé son volume de travaux, perturbe fortement les possibilités de circulation pour ces trains. Cela ne permet pas à la desserte Paris-Vienne et Paris-Berlin de circuler de façon suffisamment régulière et donc de trouver son équilibre économique. Les subventions de l'Etat à ces lignes Paris-Vienne et Paris-Berlin représentent un surcoût important par comparaison avec les lignes de trains de nuit intérieures : 85euros par billet contre 65euros par billet pour les lignes françaises. Le poids de ces subventions est d'autant plus lourd à assumer que l'Allemagne ne participe pas au financement de ces lignes qui desservent son territoire. Un dialogue a été initié avec le ministère des Transports allemand pour envisager une participation de l'Allemagne à ce service, dont elle bénéficie, mais les discussions n'ont pas abouti. En 2026, dans un contexte de redressement de nos comptes publics, la priorité est donnée au fonctionnement et à la qualité de service des dessertes de nuit nationales, comme en atteste le projet de commande de matériels roulant pour les trains de nuit. La subvention versée par l'État n'est donc pas reconduite pour l'année 2026. D'ailleurs un projet de reprise de la ligne par une compagnie ferroviaire européenne, sans subvention publique, est suffisamment avancé pour avoir fait l'objet d'informations dans la presse, mentionnant une perspective de reprise des circulations au mois de mars 2026.

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