Question de M. CHEVROLLIER Guillaume (Mayenne - Les Républicains) publiée le 16/10/2025
M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de M. le ministre de la ville et du logement sur l'installation des jeunes en zone rurale.
Alors que de nombreuses études soulignent l'exode des jeunes des territoires ruraux, 3,8 millions y vivent pourtant, soit 33 % de leur classe d'âge, une proportion équivalente au reste de la population française. Pourtant, la question du logement des jeunes en zone rurale demeure un angle mort des politiques publiques, trop souvent centrées sur les étudiants des grandes villes. Être jeune à la campagne correspond à des réalités différentes : nombre d'entre eux sont déjà actifs, alternants, diplômés d'un bac+3 au maximum, mais sans accès privilégié au logement.
Plusieurs freins sont identifiés. La vacance frappe près de 600 000 logements dans les bourgs ruraux et l'habitat dispersé. À cela s'ajoute la contrainte forte imposée par la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effet, qui a restreint les possibilités de construction, sans avoir permis de relance adaptée du parc locatif. Le mécanisme de « garantie rurale » n'a pas produit d'effets notables, et la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement a surtout ciblé les zones urbaines et les villes moyennes.
Il apparaît donc nécessaire de mettre en oeuvre une action publique coordonnée pour permettre aux jeunes qui souhaitent s'installer en zone rurale de trouver un logement accessible et adapté.
Ainsi, il demande si le Gouvernement entend lancer un plan spécifique pour favoriser l'accès au logement des jeunes ruraux et soutenir le développement du logement communal comme levier dans les territoires.
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Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 26/03/2026
Concilier une offre de logements adaptée aux spécificités des activités économiques locales en milieu rural constitue un des enjeux majeurs de la politique actuelle de revitalisation des territoires ruraux. Ces derniers, dont l'attractivité est régulièrement débattue, méritent un accompagnement renforcé pour soutenir ou consolider leur développement et leur dynamisme. En milieu rural, les entreprises peinent parfois à recruter faute de logements disponibles ou adaptés. La construction de logements sociaux ou privé neufs se heurte, en zone peu dense, à diverses difficultés : manque d'opérateurs, faible rentabilité des opérations Toujours est-il que des solutions d'habitat en adéquation avec les besoins des ménages ou des actifs doivent pouvoir se développer dans les territoires ruraux. Une part notable du parc existant est vétuste, frappée d'un taux de vacance non-négligeable. Dès lors, la rénovation du bâti existant en milieu rural constitue l'un des principaux axes d'action du Gouvernement pour permettre, à la fois de lutter contre la vacance et de proposer une offre de logements de qualité, énergétiquement performant et sobre en terme de consommation foncière. A cette fin, au-delà des foncières de redynamisation, les dispositifs opérationnels tels que les Opérations de Revitalisation du Territoire (ORT) et les Opérations Programmées d'Amélioration de l'Habitat (OPAH) sont mobilisées et déployés en milieu rural depuis 2023 dans le cadre du Plan France Ruralités. L'ORT offre un cadre d'intervention renforcé, notamment en mettant à disposition des leviers juridiques et fiscaux. Véritable outil incitatif, le dispositif ORT encourage la réhabilitation de logements anciens situés dans les communes éligibles, en permettant aux particuliers investisseurs de bénéficier d'avantages fiscaux en contrepartie de travaux et la mise en location. Ainsi, une offre de logements abordables, accessibles notamment aux jeunes, a vocation à se développer en milieu rural. Concernant la remise sur le marché locatif de logements vacants, une prime de sortie de la vacance de 5 000 euros a été créée dans le cadre du Plan France Ruralités pour lutter contre la vacance de logements en milieu rural. En 2024, 355 logements en milieu rural sont ainsi sortis d'une vacance supérieure à deux ans pour être remis à la location. La remise sur le marché de logements vacants constitue une réponse visant à créer une offre de qualité et abordable, sans consommation d'espaces non urbanisées et permettant de concilier la réponse aux besoins en logement et la nécessaire maîtrise de la consommation foncière. Le dispositif « zéro logement vacant » (ZLV) mobilisé par les EPCI ou communes permet aujourd'hui de consolider la mise en place de démarches de reconquête du parc vacant. Enfin, le statut du bailleur privé, récemment adopté dans le cadre de la loi de finances pour 2026, et ouvert à l'ensemble du territoire national, pour des opérations de logement neuf ou en rénovation, doit permettre de contribuer à la réalisation d'opérations de logement adaptées au contexte propre à chacun des territoires ruraux. L'ensemble de ces mesures en faveur de la ruralité participe à la redynamisation des centres bourgs ruraux où vit une part importante de la population, dont une partie des jeunes engagés dans un parcours d'emploi saisonnier ou pérenne.
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