Question de M. BASQUIN Alexandre (Nord - CRCE-K) publiée le 23/10/2025

M. Alexandre Basquin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation préoccupante que traverse la profession enseignante en France.
L'enquête internationale TALIS (teaching and learning international survey) menée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès de 280 000 enseignants exerçant dans 55 pays, publiée le 7 octobre 2025, démontre une réalité alarmante de la profession en France.
Cette étude révèle qu'en France le métier d'enseignant, pourtant essentiel à l'avenir du pays, est de plus en plus exigeant et de moins en moins attractif. Les enseignants se sentent dévalorisés tant sur le plan humain que sur le plan de la formation professionnelle, ce qui aboutit à une baisse continue des effectifs.
D'une part, la profession n'est pas valorisée tant les rémunérations sont bien peu attractives. D'autre part, les formations initiales et continues sont inadaptées aux défis actuels, ce qui entraîne une dégradation des conditions d'exercice.
De plus, l'hétérogénéité des élèves est en forte augmentation ce qui complexifie le métier d'enseignant. En 2024, 74 % des élèves avaient des besoins éducatifs particuliers.
C'est pourquoi, compte tenu de ces éléments, il lui demande ce que le Gouvernement compte mettre en place pour valoriser le métier d'enseignant.

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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 23/04/2026

Depuis plusieurs années, le Gouvernement prend des mesures concrètes en faveur des enseignants, notamment en matière de revalorisation indemnitaire, de perspectives d'évolution professionnelle, de recrutement et de formation. Au 1er septembre 2023, les enseignants ont bénéficié d'une revalorisation indemnitaire quels que soient leur corps, leur statut et leur ancienneté. Pour reconnaître l'importance et la charge des missions d'accompagnement et d'orientation, le montant de l'indemnité de suivi et d'accompagnement des élèves pour le premier degré et de la part fixe de l'indemnité de suivi et d'orientation des élèves pour le second degré a été augmenté pour atteindre 2 550 euros bruts par an et par enseignant. En outre, les enseignants, stagiaires ou titulaires, disposant d'un échelon compris entre le premier et le neuvième de la classe normale, bénéficient de la prime d'attractivité prévue par le décret n° 2021-276 du 12 mars 2021, dont les montants ont fait l'objet d'une revalorisation en septembre 2023. Par ailleurs, sur la base du volontariat et selon les besoins identifiés dans chaque école et établissement, les enseignants effectuant des missions complémentaires peuvent bénéficier de gains de rémunération supplémentaires. Chaque mission complémentaire est rémunérée à hauteur de 1 250 euros bruts par an. Ces missions, effectuées en complément du service d'enseignement, répondent aux besoins des élèves et aux nécessités de fonctionnement des écoles et des établissements portent essentiellement sur des activités pédagogiques en présence des élèves selon un volume horaire annuel de 18 ou 24 heures (remplacement de courte durée, stages de réussite lors des vacances scolaires, Devoirs faits etc.). Enfin, l'amélioration des règles de reprise des services antérieurs à la nomination dans les corps enseignants offre de meilleures conditions d'entrée dans le métier aux lauréats des concours. Depuis 2022 et 2023, les modifications règlementaires ont porté sur l'amélioration de la reprise des services de droit privé pour les lauréats des troisièmes concours et issus des concours externe et interne. Elle concerne le classement à l'entrée dans un corps enseignant ou assimilé. Ainsi, les dispositions du décret n° 2023-729 du 7 août 2023 permettent un nouveau mode de classement plus favorable et plus attractif. Ces mesures permettent de diversifier les profils recrutés et d'offrir des secondes parties de carrière attractives. En complément des mesures de revalorisation indemnitaire, les enseignants disposent de perspectives d'évolution professionnelle notamment via un accès facilité et accéléré aux grades supérieurs au cours de la deuxième moitié de leur carrière. Le taux de promotion aux grades de la hors classe a fait l'objet d'une augmentation progressive : de 18 % en 2022 à 23 % en 2025. Depuis septembre 2024, un taux de promus/promouvables a remplacé la règle du contingentement pour l'accès à la classe exceptionnelle : les enseignants ayant l'ancienneté requise sont tous promouvables quelles que soient les fonctions exercées au cours de leur carrière. Le contingentement de l'échelon spécial de la classe exceptionnelle a en outre été supprimé. Ce passage facilité et accéléré aux grades supérieurs permet aux enseignants de terminer ainsi leur carrière à des indices plus élevés qu'antérieurement, ce qui représente un avantage pour la liquidation de leur pension de retraite. La réforme du recrutement des personnels enseignants prévue par le décret n° 2025-352 du 17 avril 2025 vise enfin à renforcer l'attractivité des métiers de l'enseignement et de l'éducation en offrant aux lauréats la possibilité d'une entrée progressive dans le métier tout en étant désormais rémunérés. Les concours de recrutement des personnels enseignants sont accessibles dès le niveau bac + 3 à compter de la session 2026. Après leur réussite au concours, les lauréats titulaires d'une licence bénéficieront d'une formation initiale rémunérée de deux ans. Ils effectueront une première année de formation dans un établissement d'enseignement supérieur en qualité d'élèves fonctionnaires et percevront une rémunération égale à l'indice minimum de traitement de la fonction publique. Ils seront ensuite nommés fonctionnaires stagiaires pour une durée d'un an. Par ailleurs, les enseignants exerçant les fonctions de maître formateur et de formateur académique ont vu leurs indemnités revalorisées. Par arrêté du 4 septembre 2025, l'indemnité de fonctions de maître formateur a été revalorisée à hauteur de 625 euros bruts par an (l'indemnité est ainsi fixée à 2 550 euros bruts par an) et celle de formateur académique à hauteur de 1 000 euros bruts par an (l'indemnité est ainsi fixée à 2 509 euros par an). Le ministère de l'éducation nationale, à travers toutes ces mesures, entend renforcer l'attractivité du métier d'enseignant et améliorer ses conditions d'exercice.

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