Question de M. HOCHART Joshua (Nord - NI) publiée le 30/10/2025

M. Joshua Hochart attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur les circonstances entourant le récent vol survenu au musée du Louvre, institution emblématique de notre patrimoine national et lieu le plus visité au monde.
Ce regrettable événement interroge sur les responsabilités engagées ainsi que sur la pertinence des investissements réalisés ces dernières années en matière de sécurité et de protection des oeuvres. Il est légitime de se demander si les moyens financiers, humains et technologiques alloués à la préservation du patrimoine national ont été suffisants et correctement orientés pour prévenir de tels actes.
À noter que le Louvre n'est pas l'unique musée national à avoir subi de tels actes.
De plus, plusieurs édifices religieux, notamment dans le département du Nord, ont récemment été la cible de vols et de profanations portant sur des objets liturgiques. Ces actes, d'une grande gravité symbolique, affectent profondément les communes concernées et soulignent la nécessité de renforcer la protection du patrimoine religieux, composante essentielle de notre héritage culturel et spirituel.
Il souhaite connaître les conclusions précises tirées de l'audit de sécurité demandé par la direction du musée du Louvre, ainsi que les suites concrètes qui ont été données à ses recommandations, afin qu'un tel vol portant atteinte à un patrimoine commun à tous les Français, ne puisse se reproduire.

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Transmise au Ministère de la culture


Réponse du Ministère de la culture publiée le 04/06/2026

Le ministère de la culture souhaite rappeler qu'au lendemain du vol du 19 octobre 2025, l'inspection générale des affaires culturelles a été saisie afin de mener une enquête approfondie sur les conditions de cet acte et d identifier les éventuelles failles de sécurité. Les conclusions de cette enquête ont permis au musée de proposer, lors de son conseil d'administration du 7 novembre 2025, dix-sept mesures d'urgence visant à renforcer la gouvernance en matière de sûreté, de protection du site, de coordination avec les services de police, ainsi que les moyens techniques et humains dédiés à la sécurité. Parmi ces mesures, la création d'un poste de coordonnateur sûreté, rattaché à la présidence du musée, la mise en place d'un comité de pilotage sûreté pour suivre leur application, et le déploiement de dispositifs anti-bélier ont déjà été engagés. La réalisation de ces mesures a débuté dès le mois de novembre 2025 et se poursuit activement en 2026. Par ailleurs, le schéma directeur des équipements de sûreté du musée du Louvre a connu une accélération significative : la première tranche de travaux a été notifiée aux entreprises dès le mois de décembre 2025, tandis que la seconde tranche, relative à la transformation des postes de contrôle, a été attribuée au cours du premier trimestre de l'année 2026. Ce schéma directeur permettra d'assurer la sûreté du palais du Louvre de manière pérenne, en complément des mesures d'urgence déjà mises en place. Concernant le patrimoine religieux, le ministère de la culture agit à plusieurs niveaux, dans le respect du cadre légal organisant les relations entre les Églises et l'État. Pour les 87 cathédrales, propriétés de l'État, un plan d'actions a été mis en uvre depuis l'incendie de Notre-Dame de Paris, visant à renforcer leur sécurité incendie et à améliorer la coordination entre les différents acteurs (clergé, directions régionales des affaires culturelles, services départementaux d incendie et de secours, etc.). Les travaux réalisés par l'État peuvent inclure des interventions améliorant la sûreté des édifices, mais la surveillance relève principalement du clergé et des exploitants éventuels. Pour les édifices cultuels protégés au titre des monuments historiques, mais appartenant aux communes, des crédits déconcentrés du ministère de la culture sont mobilisables pour accompagner les propriétaires dans les interventions de conservation et de sécurité. Enfin, les édifices non protégés peuvent bénéficier de financements du ministère de l'Intérieur, notamment via la dotation d'équipement des territoires ruraux. S'agissant des objets mobiliers classés ou inscrits, le ministère de la culture a développé une politique d'amélioration de leur sécurité, en concertation avec les communes et le clergé. Cette politique repose sur plusieurs actions : l'inventaire et la documentation précise des objets conservés dans les églises et cathédrales ; la sensibilisation des élus, des services municipaux et du clergé aux enjeux de sûreté ; le renforcement des dispositifs de sécurité et la mise en place de plans de sauvegarde des biens culturels ; la mise à disposition d'outils méthodologiques, tels qu'un formulaire de signalement et une messagerie dédiée, accessibles en ligne sur le site du ministère. La coopération entre les services de police, de gendarmerie, la justice, les préfectures, les DRAC et les autorités religieuses est essentielle. Elle a déjà permis, dans plusieurs affaires récentes, l'interpellation des auteurs présumés et la récupération d'objets volés. Des actions de sensibilisation et de conseil sont également menées sur le terrain par les conservateurs des antiquités et objets d'art, ainsi que par des officiers de police et des sapeurs-pompiers mis à disposition par le ministère de l'intérieur. Le ministère de la culture reste pleinement mobilisé pour renforcer la sécurité des patrimoines, qu'ils soient conservés dans les musées ou les édifices religieux.

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