Question de M. GONTARD Guillaume (Isère - GEST) publiée le 30/10/2025
M. Guillaume Gontard interroge Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative sur la situation financière catastrophique dans laquelle se trouvent actuellement les associations en France.
Le 11 octobre 2025, les associations se sont mobilisées massivement sur tout le territoire pour alerter sur leur équilibre financier et la baisse continue de leurs financements. Le constat est alarmant: un quart des associations envisagent d'arrêter leurs activités tandis qu'un tiers d'entre elles l'ont déjà fait faute de moyens suffisants pour continuer.
Les associations comptent aujourd'hui 1,8 million de salariés et 20 millions de bénévoles, dans des secteurs très divers. Dans la seule région Auvergne Rhône Alpes, ce sont 1,7 millions de bénévoles qui animent 185 000 associations, dont 20 000 sont employeuses de 24 0000 salariés , soit 9,2 % de l'emploi privé.
Cette année, 16 000 personnes travaillant dans le secteur associatif ont déjà été licenciées. Ce plan social à bas bruit se poursuit.
Alors que l'État s'appuie de plus en plus sur ces associations en leur demandant de réaliser de plus en plus de missions, alors que beaucoup de collectivités se désengagent et se recentrent sur leurs compétences obligatoires et que le taux de pauvreté explose, les moyens alloués au secteur associatif sont sans cesse diminués.
L'augmentation des coûts de fonctionnement des associations (location des locaux, augmentation des coûts énergétiques et de transport...) et la baisse constante des financements publics sont responsables de cette situation dramatique.
La mise en concurrence des associations entre elles, avec la systématisation des appels à projets, favorise une course à l'innovation chronophage et coûteuse et participe à l'instabilité financière. Face à l'impossibilité de poursuivre leurs activités, beaucoup d'associations, qui proposent de véritables services de proximité, baissent les bras et ce sont des millions d'habitants et de familles qui sont pénalisés.
Alors que notre société est confrontée à des défis sociaux, écologiques, culturels, économiques et démocratiques sans précédents, ces structures doivent avoir les moyens de fonctionner et de développer leurs activités, essentielles à la vie des territoires.
Il l'interroge sur les actions que le Gouvernement compte mettre en place pour protéger les associations et garantir leur bon fonctionnement sur tout le territoire national et dans tous les champs d'activités.
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Réponse du Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative publiée le 12/02/2026
Les différents programmes ministériels contribuent fortement au financement du secteur associatif, à hauteur de 9,5 Mdseuros, comme en témoigne le « jaune » annexé au projet de loi de finances détaillant l'effort de l'État en faveur des associations. Il faut ajouter à ce montant les dépenses gérées par l'Agence de services et de paiement et des organismes tels que l'Agence nationale du sport, l'Agence nationale de la cohésion des territoires et l'Agence du service civique. Les dépenses fiscales raccrochées au programme jeunesse et vie associative doivent également être prises en compte, et représentent un effort de 4 Mdeuros pour les finances de l'Etat. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit de renforcer ces incitations : le plafond du dipositif dit "Coluche" pour les dons aux structures d'aide aux plus démunis est ainsi doublé, passant de 1000euros à 2000euros. Au total, la revue des dépenses réalisées en 2025 par les inspections générales des finances et de l'éducation, du sport et de la recherche, a mis en évidence que les dépenses de l'État s'élèvent à 27,4 Mdseuros, soit 51 % du soutien public en faveur des associations et 3,25 % du budget de l'ensemble des départements ministériels. Les moyens du ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative dédiés à la vie associative sont stabilisés en 2026 : 48 Meuros pour le Fonds de développement de la vie associative (FDVA), 37 Meuros pour le Fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire (FONJEP), et 7 Meuros pour le Guid'Asso. Le service civique bénéficie en 2026 de 495 Meuros permettant de maintenir un objectif de 135 000 missions comme en 2025. Par ailleurs, l'État co-construit avec les associations bénéficiaires le réseau d'acteurs de l'accompagnement Guid'Asso pour les accompagner au plus près de leurs besoins dans les territoires. Il réunit aussi régulièrement l'ensemble des autorités publiques et des organismes soutenant financièrement le secteur pour organiser les mesures de sauvetage des associations le plus en difficulté avant l'ouverture des procédures collectives. Un comité interministériel à la vie associative se réunira désormais chaque semestre pour faire notamment le point sur les avancées des travaux en matière de financement. Enfin, la réforme du soutien de la formation des dirigeants bénévoles Certif'Asso entre en application avec la campagne du fonds de développement de la vie associative 2026 pour sécuriser le bon fonctionnement des associations.
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