Question de Mme DUMAS Catherine (Paris - Les Républicains) publiée le 30/10/2025

Mme Catherine Dumas attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la persistance de trafics de stupéfiants aux abords des établissements scolaires et des équipements sportifs, notamment dans certains quartiers parisiens.

Elle note que ces trafics, visibles et réguliers, exposent directement les jeunes à des comportements délinquants et contribuent à un climat d'insécurité aux abords des écoles et gymnases.

Elle précise que cette situation fragilise le travail éducatif et citoyen mené par les enseignants et les associations sportives, en banalisant la présence du trafic dans des lieux fréquentés par des mineurs.

Elle constate que ces scènes se répètent dans plusieurs métropoles françaises, malgré les efforts des services de police et des collectivités locales.

Elle souhaite par conséquent lui demander ce que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour intensifier les opérations de sécurisation aux abords des établissements scolaires et sportifs, renforcer la coopération entre forces de l'ordre, municipalités et rectorats, et protéger durablement les jeunes de l'exposition à ces trafics.

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Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 23/04/2026

La sécurité des élèves, des personnels éducatifs et des établissements scolaires et sportifs constitue une priorité majeure du ministère de l'éducation nationale, en lien étroit avec le ministère de l'intérieur, les collectivités territoriales et l'autorité judiciaire. Directeurs d'écoles et chefs d'établissements sont en première ligne pour garantir la sécurité des élèves, de la communauté éducative et des biens. La sécurisation des abords scolaires et sportifs, notamment face aux trafics de stupéfiants et aux violences, s'inscrit pleinement dans cette action coordonnée. Ces établissements bénéficient tout au long de l'année d'une présence régulière des forces de l'ordre : passages aux abords, points fixes, dispositifs de sécurisation renforcée en cas d'événement particulier. Dès qu'un usage ou un trafic de stupéfiants est constaté, des contrôles ciblés sont menés et les sites peuvent être placés sous surveillance prolongée. La lutte contre les violences autour des établissements constitue également un axe majeur de l'action publique. Un plan de prévention et de lutte contre le port et l'usage d'armes par les mineurs prévoit des opérations ciblées sur les établissements identifiés comme les plus sensibles. Par ailleurs, la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic confère aux forces de l'ordre et aux préfets de nouveaux outils, parmi lesquels des interdictions temporaires de paraître autour des établissements sensibles, dès lors qu'ils s'avèreraient être des lieux de trafic. De même, un décret et un arrêté publiés en septembre 2025 ont durci l'encadrement de la vente d'armes aux mineurs, conformément aux recommandations de la mission « Mineurs et armes blanches ». Au-delà de l'action répressive, la prévention occupe une place centrale. Les policiers et gendarmes interviennent régulièrement dans les collèges et lycées, dans le cadre du partenariat avec l'éducation nationale. Pour l'année 2025, plus d'un million d'élèves du primaire et du secondaire ont été sensibilisés aux violences. Ces actions concernaient principalement la lutte contre les addictions (drogue, conduite dopantes), le harcèlement et le cyberharcèlement, le racket, les risques liés à internet et aux réseaux sociaux, le danger des armes blanches. De plus, afin de renforcer la sécurisation et de développer une culture commune de prévention, les gendarmes et les policiers de la chaîne de prévention situationnelle réalisent au profit du milieu scolaire des audits et diagnostics de sécurité. Depuis 2017, le ministère de l'éducation nationale a formé, avec le ministère de l'intérieur, plus de 15 000 agents (personnels de direction, inspecteurs de l'éducation nationale et encadrement supérieur académique) à la prévention et la gestion de crise. L'implication des collectivités locales aux côtés de l'État demeure essentielle, tant pour la mise en oeuvre de mesures passives de protection que pour la mobilisation des polices municipales. Le projet de loi relatif aux polices municipales, actuellement débattu au Parlement, offrira de nouveaux outils aux communes afin de renforcer la sécurité de proximité. L'ensemble de ces actions - sécurisation quotidienne, prévention partenariale, interventions ciblées contre les trafics, lutte contre le port d'armes - témoigne de l'engagement du Gouvernement à protéger durablement les jeunes et à assurer la sécurité des abords des établissements scolaires et des équipements sportifs.

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