Question de M. MASSET Michel (Lot-et-Garonne - RDSE) publiée le 30/10/2025
M. Michel Masset appelle l'attention de M. le ministre des transports sur la desserte ferroviaire de la ville de Marmande au regard des objectifs annoncés par les projets de Ligne nouvelle du sud-ouest (LNSO).
La commune de Marmande connaît aujourd'hui une situation préoccupante. Située sur l'axe Bordeaux-Agen, elle occupe une position stratégique et joue un rôle essentiel dans le développement de la mobilité au sein du territoire du Val de Garonne, qui compte près de 62 000 habitants. Pourtant, malgré cette importance, Marmande reste l'une des gares les moins bien desservies de la ligne avec seulement 37 arrêts transport express régional (TER) par jour, pour une fréquentation annuelle moyenne de 600 000 voyageurs. Autrement dit, elle bénéficie du même traitement que la gare de La Réole, qui ne voit passer que 30 TER quotidiens pour 293 000 voyageurs, soit deux fois moins que Marmande.
Alors que les collectivités du territoire sont appelées à participer aux efforts financiers sur la ligne Bordeaux-Toulouse et ont déjà investi 11 millions d'euros afin de développer l'intermodalité, les nouvelles ligne à grande vitesse prévues par le plan LNSO ne prévoient aucun arrêt des TGV à Marmande alors qu'elle passe à 20 kilomètres du territoire. Dans le même sens, alors même que ce projet permettra de désengorger les lignes classiques comme celle des trains d'équilibre du territoire (TET), aucun arrêt supplémentaire de ces trains n'est prévu à Marmande alors que seulement 2 d'entre eux s'arrêtent quotidiennement à cette gare actuellement. La contrepartie semble maigre face aux efforts investis par les collectivités pour redynamiser ces territoires.
Les élus du Marmandais déplorent ce déficit de service et ses conséquences, à savoir l'augmentation de la dépendance à la voiture des citoyens, le manque d'accessibilités aux soins pour une population lot-et-garonnaise vieillissante ainsi que l'éloignement des citoyens aux bassins d'emplois métropolitains. Ces conséquences compromettent donc les objectifs que nous imposent la transition écologique tout en renforçant la fracture entre les zones rurales et urbaines.
Face à ce constat, alors que le projet LNSO pourrait permettre une meilleure desserte, il lui demande si le Gouvernement envisage une réévaluation du nombre d'arrêts des TET en gare de Marmande afin de garantir une desserte ferroviaire équitable et qui répond aux enjeux des territoires ruraux.
- page 5359
Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité publiée le 09/01/2026
Réponse apportée en séance publique le 08/01/2026
Mme la présidente. La parole est à M. Michel Masset, auteur de la question n° 778, adressée à M. le ministre des transports.
M. Michel Masset. Monsieur le ministre, je souhaite vous alerter sur la desserte ferroviaire en Lot-et-Garonne et, notamment, sur la nécessité de préserver la ligne Bordeaux-Marmande. Ce dossier est fondamental pour l'économie du département.
La ligne de train Intercités Bordeaux-Marseille, qui met Marmande à trente-cinq minutes de la métropole girondine, constitue un véritable atout pour ce bassin de vie et bénéficie à ses 110 000 habitants.
Or, sur les sept arrêts journaliers qui existaient encore il y a quelques années, il n'en reste plus que deux.
Dans un récent courrier, le directeur général des infrastructures, des transports et des mobilités annonçait que l'offre Intercités était sur le point d'être réexaminée dans le cadre de la construction de la future ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse. Le maire de Marmande, Joël Hocquelet, vous a d'ailleurs saisi sur ce point, monsieur le ministre.
L'annonce, en effet, a de quoi surprendre, car elle présage une suppression pure et simple de la desserte de Marmande par ces trains interrégionaux qui, je le rappelle, sont subventionnés par l'État et visent à assurer l'équilibre du territoire.
Déjà mal desservie par les trains express régionaux (TER) - on y compte pourtant 600 000 voyageurs annuels -, la gare de Marmande risque donc également d'être oubliée de la liaison LGV.
L'entêtement de l'État pour ce qui est de l'avenir de la ligne Intercités serait désastreux pour le territoire, mais constituerait également un contresens historique.
Dans les territoires ruraux, la connexion à une métropole représente une nécessité économique pour les entreprises, mais aussi un impératif sanitaire pour nos concitoyens privés de médecins spécialistes.
Monsieur le ministre, pouvez-vous nous assurer que l'État sera au rendez-vous pour préserver l'offre ferroviaire existante, notamment les réseaux secondaires en Lot-et-Garonne, et qu'il assumera donc sa mission en matière de cohésion des territoires ?
Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué.
M. Michel Fournier, ministre délégué auprès de la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé de la ruralité. Monsieur le sénateur, vous avez souligné que les trains d'équilibre du territoire (TET) constituent une offre ferroviaire de moyenne et de longue distance conçue pour répondre à des enjeux d'intérêt national, mais surtout pour assurer des liaisons essentielles entre les métropoles et les villes intermédiaires.
Sur la ligne Bordeaux-Marseille, ou Bordeaux-Nîmes, sept allers-retours quotidiens sont proposés, dont cinq desservent systématiquement Agen, en Lot-et-Garonne, et deux marquent l'arrêt à Marmande, contre sept auparavant. Cette organisation a été définie dans le cadre du schéma directeur de 2018. Elle permet d'assurer la régularité du service, tout en garantissant des correspondances optimales.
L'État confirme son engagement en faveur des TET par des investissements significatifs. De nouvelles rames viendront notamment remplacer les rames actuelles : leur mise en service s'échelonnera entre l'été 2028 et décembre 2029.
Par ailleurs - c'est ce qui vous intéresse -, le dimensionnement du parc a été pensé pour maintenir une offre adaptée sur l'axe Bordeaux-Toulouse, y compris après l'arrivée de la ligne nouvelle, afin d'éviter toute rupture du service pour les usagers.
À terme, avec la mise en service de cette ligne nouvelle entre Bordeaux et Toulouse, le schéma de desserte de la ligne Bordeaux-Marseille devra évoluer. Cependant, toute adaptation sera menée dans une logique de préservation des équilibres territoriaux, en veillant particulièrement à maintenir l'accessibilité des villes intermédiaires.
En conséquence, comme vous le souhaitez, une attention spécifique devra être portée à la gare de Marmande pour que cette desserte soit préservée, notamment en provenance de Bordeaux. Il s'agit de répondre aux besoins locaux et d'éviter toute fracture dans la continuité du service. Pour ce faire, nous nous engageons à mener une réflexion collective autour de ce problème spécifique avec toutes les parties concernées, notamment les collectivités.
Mme la présidente. La parole est à M. Michel Masset, pour la réplique.
M. Michel Masset. Je vous remercie, monsieur le ministre, de votre réponse. J'en prends note et j'attends de vos nouvelles prochainement pour l'organisation de ce rendez-vous.
Vous l'avez compris, il est crucial d'améliorer les dessertes ferroviaires dans nos territoires ruraux : ce problème dépasse le cadre de mon seul département.
- page 123
Page mise à jour le