Question de M. HINGRAY Jean (Vosges - UC) publiée le 06/11/2025
M. Jean Hingray attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les conséquences de la réforme du brevet national des métiers d'art (BNMA), récemment engagée par le ministère.
Cette réforme vise à regrouper en un seul cycle de trois ans des formations jusqu'ici réparties sur quatre années (certificat d'aptitude professionnelle, CAP, + brevet des métiers d'art, BMA), dans le but affiché de simplifier et moderniser la filière des métiers d'art. Toutefois, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer une réduction significative des volumes horaires de formation, tant sur les enseignements professionnels que sur les périodes de stage en milieu professionnel.
Dans les métiers d'art, la maîtrise des gestes, des techniques et des savoir-faire exige du temps, de la pratique et une progression étalée. Une formation raccourcie risque de compromettre la qualité de l'apprentissage, l'insertion professionnelle des jeunes, et la pérennité de savoir-faire qui participent au rayonnement culturel et économique de la France.
Par ailleurs, cette réforme semble avoir été engagée sans concertation suffisante avec les acteurs concernés : enseignants, professionnels, établissements, familles, et ministères de tutelle. Le rapport de l'Inspection générale sur lequel elle s'appuie n'a pas été rendu public, ce qui interroge sur la transparence du processus.
Il souhaite donc savoir quelles sont les justifications pédagogiques et professionnelles de cette réforme, si une évaluation d'impact a été menée sur la qualité de la formation et l'insertion des jeunes, quand le rapport de l'Inspection générale sera rendu public et quelles mesures le Gouvernement envisage pour garantir une concertation réelle avec les acteurs du secteur avant toute mise en oeuvre définitive.
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Réponse du Ministère de l'éducation nationale publiée le 19/02/2026
Du fait de sa forte croissance et d'une pyramide des âges vieillissante, l'ensemble de la filière des métiers d'art souffre aujourd'hui d'un manque de main-d'oeuvre qualifiée, alors que l'insertion professionnelle des jeunes diplômés reste faible. Face à cette situation paradoxale, la transformation de cette filière dans son ensemble est devenue une nécessité. Comme d'autres travaux réalisés par l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche, la production du rapport remis en juin 2024 est un appui technique destiné aux administrations. Il est à usage interne et n'a donc pas vocation à être publié. Actuellement, pour suivre une formation préparant au brevet des métiers d'arts (BMA), les élèves doivent d'abord avoir obtenu un certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Le cycle de formation préparant au BMA étant de deux ans, les élèves sortant de troisième obtiennent donc un BMA après quatre ans de formation, avec une entrée obligatoire en CAP. Demain, avec la création du brevet national des métiers d'arts (BNMA) préparé en trois ans, c'est une formation de niveau baccalauréat professionnel et spécifique aux métiers d'art qui devient accessible dès la troisième. L'objectif est de rendre la filière plus visible et plus attractive, afin d'y attirer un nouveau public. C'est un enjeu essentiel auquel le ministère de l'éducation nationale entend répondre. Dans cette nouvelle configuration, les CAP des métiers d'art perdurent dans l'offre de diplômes de l'éducation nationale pour des jeunes qui préfèrent passer par cette étape et bénéficier d'une formation progressive. Les titulaires de CAP peuvent ensuite intégrer le parcours de formation préparant au BNMA, directement en deuxième année, et ainsi obtenir le BNMA en quatre ans, de la même manière que dans l'ancien cursus. S'agissant du volume horaire d'enseignement professionnel, il est renforcé par rapport à celui du baccalauréat professionnel. Les titulaires du BNMA pourront en outre parachever leur formation par un certificat de spécialisation d'un an, notamment en apprentissage. Ce parcours, structuré sur quatre années autour d'un BNMA et d'un certificat de spécialisation, permet donc aux jeunes de bénéficier d'un renforcement de leur formation professionnelle. Par ailleurs, cette transformation ne se construit pas sans la nécessaire consultation des parties prenantes. Les organisations professionnelles représentatives siégeant à la commission professionnelle consultative arts, spectacles et médias (CPC ASM) ont ainsi été consultées durant le premier semestre 2025. Les membres de la CPC ASM ont émis un avis conforme le vendredi 10 octobre 2025. Les professionnels sont enfin associés aux travaux de rédaction en cours des référentiels de chaque spécialité de BNMA, afin de répondre pleinement aux besoins en matière de compétences, dans le respect du cadre réglementaire des niveaux de qualification et l'ambition d'excellence de cette filière. La transformation de l'offre de formations professionnelles préparant aux métiers d'art gagnera donc en souplesse à travers des parcours diversifiés afin d'attirer de nouveaux profils de jeunes. Elle permettra de relancer l'attractivité de la filière, d'améliorer l'insertion des nouveaux diplômés et de donner à l'éducation nationale toute sa place aux côtés des entreprises du secteur. Le ministère de l'éducation nationale est pleinement engagé pour mener à bien cette transformation, dont le seul objectif est de bénéficier aux élèves et professionnels de cette filière d'excellence.
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