Question de M. CHEVROLLIER Guillaume (Mayenne - Les Républicains) publiée le 06/11/2025

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger sur l'importance de renforcer la coopération industrielle entre les pays francophones.
La perte d'autonomie stratégique de l'industrie française, conjuguée aux Objectifs de développement durable (ODD), engendre de nouveaux défis pour notre économie. Dans ce contexte, la coopération internationale, notamment dans le cadre de la francophonie, représente une véritable opportunité. En 2023, l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) a mis en oeuvre 35 projets soutenus par des donateurs issus de l'espace francophone.

L'industrialisation demeure un moteur essentiel de développement économique et social, en particulier dans les pays à forte croissance démographique. Elle favorise également le progrès technologique dans des secteurs stratégiques tels que les biotechnologies et l'intelligence artificielle. Toutefois, les chaînes d'approvisionnement mondiales restent fragiles et appellent à une modernisation les politiques industrielles.

Au sein de l'espace francophone, où les situations économiques et industrielles ont varié, une coopération renforcée permettrait de créer des emplois, de stimuler l'innovation et de promouvoir des technologies plus respectueuses de l'environnement. Le partage de savoir-faire et le transfert de technologies vertes contribueraient à la fois à la compétitivité et à la durabilité.

Il souhaite ainsi savoir si le Gouvernement considère la francophonie comme un levier de coopération industrielle capable de renforcer l'autonomie stratégique française tout en soutenant le développement des pays à fort potentiel productif. Il lui demande également si la France entend promouvoir, dans ce cadre, une transition vers une économie verte fondée sur des infrastructures industrielles durables et à faibles émissions, et quels mécanismes le Gouvernement envisage pour encourager cette coopération renforcée.

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Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger publiée le 22/01/2026

La ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger partage le constat que les défis de l'industrie française, conjugués aux exigences des Objectifs de développement durable (ODD), nécessitent de promouvoir de nouveaux modèles de production et de coopération. Dans ce contexte, la francophonie constitue un levier particulièrement pertinent pour renforcer la résilience industrielle française tout en soutenant le développement économique des pays à fort potentiel productif dans l'espace francophone. Ce sujet a d'ailleurs été porté au plus haut niveau lors du XIX Sommet de la Francophonie qui s'est tenu à Villers-Côtterets les 4 et 5 octobre 2024. La France oeuvre activement, au sein des instances multilatérales et en particulier auprès de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), à promouvoir des partenariats industriels fondés sur des chaînes de valeur plus durables et mieux intégrées. Les 35 projets soutenus en 2023 par des donateurs francophones témoignent de l'importance de ce lien entre francophonie et politiques industrielles durables. Par exemple, l'ONUDI a notamment porté l'Initiative pour l'industrie verte visant à transformer les structures industrielles existantes pour les rendre plus respectueuses de l'environnement. Elle inclut des actions pour les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, le recyclage, la limitation du gaspillage des ressources et la réduction des émissions de carbone. La francophonie représente à cet égard une opportunité unique. Elle regroupe des économies aux trajectoires diverses souvent en voie de développement, dont le potentiel de croissance économique, et industrielle constitue une promesse pour le futur. Les coopérations engagées dans ce cadre permettent non seulement de créer des emplois et de soutenir l'essor de nouvelles filières industrielles mais aussi de renforcer notre propre souveraineté industrielle grâce au partage d'expertise, à la diversification des approvisionnements et à l'essor de projets conjoints dans des secteurs stratégiques comme les biotechnologies, l'intelligence artificielle ou les minerais critiques. La France considère par ailleurs la transition vers une économie verte comme un pilier de cette dynamique. Elle entend promouvoir, dans l'espace francophone, le développement d'infrastructures industrielles durables en cohérence avec l'Accord de Paris et les ODD. Cet engagement se traduit notamment par le soutien au transfert de technologies vertes, à la diffusion de normes environnementales ambitieuses et à l'accompagnement des pays partenaires dans l'élaboration de politiques industrielles plus résilientes et plus durables. Pour encourager cette coopération renforcée en milieu francophone, plusieurs mécanismes sont mobilisés tel que le développement de programmes de formation, d'assistance technique et de partage de savoir-faire, en lien avec les opérateurs de la francophonie et les institutions financières internationales mais aussi l'appui au financement de projets industriels verts, notamment via l'Agence française de développement et les dispositifs européens mobilisables pour les pays francophones. Ainsi, ce lien entre francophonie et coopération industrielle durable reçoit un écho favorable au sein des pays de l'espace francophone. La France continuera à oeuvrer au renforcement de ce lien tout en considérant les spécificités inhérentes à cet espace francophone.

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