Question de Mme FLORENNES Isabelle (Hauts-de-Seine - UC) publiée le 13/11/2025
Mme Isabelle Florennes attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les limites préoccupantes de la stratégie nationale de soutien à l'hydrogène décarboné, mises en lumière par le rapport de la Cour des comptes publié le 5 juin 2025.
Ce rapport souligne l'écart préoccupant entre les objectifs fixés pour 2030 et 2035 : respectivement 4,5 gigawatts (GW) et 8 GW et les capacités actuellement sécurisées, qui ne s'élèvent qu'à 0,5 GW.
La trajectoire visant une production d'environ 1 million de tonnes d'hydrogène par an (1 Mt H/an) à l'horizon 2035 semble difficilement atteignable sans une révision en profondeur des moyens engagés.
Le soutien budgétaire annoncé par vos prédécesseurs demeure très inférieur aux annonces initiales portant sur 0,9 milliard d'euros mobilisé sur les 9 à 13 milliards prévus. Et, il reste majoritairement concentré sur des usages désormais secondaires, tels que le transport routier.
Dans ce contexte, il est possible de s'interroger sur les conséquences concrètes de ces constats pour les projets portés par les collectivités locales, alors même que certains territoires ont engagé des efforts notables.
La ville d'Issy-les-Moulineaux, par exemple, s'est positionnée dès 2019 comme ville pionnière en expérimentant l'hydrogène pour la logistique urbaine légère, notamment avec le projet « Fuel cell cargo pedelecs » (FCCP), déployé sur 5 triporteurs à hydrogène. De son côté, le département des Hauts-de-Seine a prévu une production d'hydrogène de 5 500 kilogrammes par jour d'ici 2030.
Elle l'interroge pour savoir si ces initiatives locales bénéficieront d'un soutien renforcé et cohérent avec les ambitions nationales révisées, et si des ajustements sont envisagés pour garantir une gouvernance plus lisible, au service de la transition énergétique des territoires.
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Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 04/06/2026
La stratégie nationale de l'hydrogène décarboné révisée en 2025 (SNH II) a adapté les objectifs de développement de capacités d'électrolyse par rapport à la stratégie initiale de 2020, afin de tenir compte des retours d'expérience des premiers projets, en particulier des retards et difficultés observés notamment du fait de manque de compétitivité de l'hydrogène décarboné par rapport à son alternative fossile. La stratégie nationale oriente le développement de l'hydrogène vers les usages les plus pertinents, c'est-à-dire les secteurs pour lesquels l'électrification directe n'est pas possible techniquement ou ne présente pas de rentabilité économique à long terme. Sont notamment identifiés certains pans de l'industrie, comme le raffinage, la production d'engrais azotés ou encore la chimie, où le remplacement des volumes existants d'hydrogène fossile par de l'hydrogène décarboné réduirait considérablement les émissions de gaz à effet de serre liées à l'activité industrielle. La mobilité lourde et la production de carburants de synthèse pour l'aviation et le transport maritime sont également identifiés comme des nouveaux usages pertinents de l'hydrogène décarboné. La mise à jour de la stratégie nationale répond ainsi à une large part des remarques formulées par la Cour dans son rapport. Par ailleurs, le mécanisme de soutien à la production d'hydrogène décarboné prévoit une enveloppe budgétaire de 4 milliards d'euros pour le soutien d'environ 1 GW d'électrolyse. Cet appel d'offres vise à soutenir des projets de production d'hydrogène renouvelable ou bas-carbone par électrolyse de l'eau pour des usages industriels directs, hors raffinage. Le cahier des charges de la première relève, appelant une capacité de 200 MW, a été publié le 29 décembre 2025 et la période de dépôt des offres s'est achevée le 27 février 2026. La désignation des lauréats devrait intervenir d'ici l'été, et la signature des contrats d'ici la fin de l'année. Les dossiers déposés pour cette première relève confirment l'intérêt de la filière hydrogène pour ce mécanisme, ce qui incite à engager les relèves suivantes. La stratégie nationale révisée vise la création d'une filière française intégrée, avec un positionnement le long de la chaîne de valeur de l'hydrogène. Plusieurs appels à projet (AAP) du programme France 2030 répondent à cet objectif, avec notamment l'AAP « Innovation et démonstrateurs hydrogène » pour l'apport d'une aide aux travaux d'innovation.
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