Question de Mme LAVARDE Christine (Hauts-de-Seine - Les Républicains) publiée le 18/12/2025

Question posée en séance publique le 17/12/2025

M. le président. La parole est à Mme Christine Lavarde, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mme Christine Lavarde. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie, qui, lundi dernier, dans notre hémicycle, a jugé inacceptable le budget élaboré par notre assemblée ; pour qui nous devons sortir de l'ornière ; autrement dit, aux yeux de qui la majorité sénatoriale est tout simplement irresponsable. (Exclamations sur les travées du groupe SER.)

Monsieur le ministre, pour les membres du groupe auquel j'appartiens, être responsable, c'est réformer plutôt que taxer ; c'est choisir d'arbitrer entre différentes politiques publiques ; en un mot, c'est essayer de gouverner.

Les dangereux irresponsables de la majorité sénatoriale vous ont proposé plusieurs pistes de réforme, qu'il s'agisse des agences de l'État, de la fonction publique, de la fiscalité énergétique, du logement ou encore des collectivités territoriales. Ils ont voté une indexation différenciée du barème de l'impôt sur le revenu ; une mesure applicable aux impôts des retraités les plus aisés.

Finalement, ces sénateurs irresponsables ont fait preuve de courage et de créativité. (Protestations sur les travées du groupe SER. - M. Jean-François Husson applaudit.) En d'autres termes, ils ont pratiqué l'art de la politique selon Vauban.

Monsieur le ministre, ma question est simple : quelle est votre définition d'un homme politique responsable ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe UC.)

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Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 18/12/2025

Réponse apportée en séance publique le 17/12/2025

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. (Huées sur les travées du groupe Les Républicains.)

Mes chers collègues, veuillez laisser M. le ministre répondre.

M. Yannick Jadot. Oui ! Ça suffit, les insoumis ! (Sourires sur les travées des groupes GEST et SER.)

M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, pendant un instant, j'ai eu l'impression d'être à l'Assemblée nationale. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST, ainsi que sur des travées du groupe RDSE.)

M. Max Brisson. Ça suffit ! Assumez !

M. Roland Lescure, ministre. Mais c'est bien au sein de la Chambre haute que je me trouve.

Je voudrais remercier la sénatrice Christine Lavarde, dont la question me permet de répondre aux interpellations, émanant de deux groupes au moins, relatives à mon intervention de lundi soir.

Voilà huit ans que je suis élu ou membre de gouvernement...

M. Fabien Genet. C'est bien le problème !

M. Roland Lescure, ministre. J'ai toujours souhaité répondre aux interpellations, d'où qu'elles viennent, avec respect, franchise, sincérité et conviction. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et INDEP.)

Si vous avez entendu que je traitais quiconque d'« irresponsable » (Oui ! sur les travées du groupe Les Républicains.), c'est soit que je me suis mal exprimé (Ah ! sur les mêmes travées.), soit que nous sommes dans un dialogue de sourds, ce que je regrette.

En effet, ce que j'ai dit lundi, c'est que, si nous voulons avoir un budget susceptible d'être voté dans les deux assemblées, il va falloir que tout le monde fasse des efforts.

M. Olivier Paccaud. Les socialistes aussi !

M. Rachid Temal. Ils en font !

M. Roland Lescure, ministre. Et je continue de le penser et de le dire !

Vous pouvez, certes, vous renvoyer la balle les uns aux autres,...

M. Olivier Paccaud. Ce sont vos amis !

M. Roland Lescure, ministre. ... ou même nous la renvoyer.

Mais il se trouve que je passe beaucoup de temps avec nos partenaires européens, et je peux vous dire, comme je l'ai fait lundi, que si nous terminons avec un déficit public à 5,3 % du PIB, là, ce sera effectivement irresponsable !

M. Stéphane Sautarel. C'est votre faute !

M. Roland Lescure, ministre. Lundi, j'ai indiqué qu'un projet de loi de financement de la sécurité sociale allait sans doute être adopté définitivement - il l'a été hier à l'Assemblée nationale - et qu'avec ce texte et le projet de loi de finances voté par le Sénat, le déficit public atteindrait 5,3 % du PIB.

M. Jean-François Husson. Par votre faute !

M. Roland Lescure, ministre. Monsieur le rapporteur général Husson, vous pouvez m'interpeller comme vous le souhaitez ! Je vous ai répondu avec sincérité, conviction et franchise, sur la base d'éléments factuels et chiffrés.

Encore une fois, avec le projet de loi de finances tel que l'avait présenté par le Gouvernement et le projet de loi de financement de la sécurité sociale,...

M. le président. Il faut conclure.

M. Roland Lescure, ministre. ... le déficit public s'établissait à 5 %. (Vives protestations sur les travées du groupe Les Républicains.) Là, nous sommes à 5,3 %. Je vous le dis en toute franchise : il va falloir faire des efforts. (Mêmes mouvements.)

M. le président. La parole est à Mme Christine Lavarde, pour la réplique.

Mme Christine Lavarde. Monsieur le ministre, je vous ai écouté, et je ne sais toujours pas ce qu'est un « homme politique responsable » selon vous !

Responsables, nous, nous continuerons à l'être dans les jours à venir, en refusant de sacrifier l'avenir au présent. Et je vous invite à l'être vous aussi, mesdames, messieurs les membres du Gouvernement, en utilisant le 49.3 ; c'est la seule solution aujourd'hui qui rende possible ce qui semble impossible ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains et sur des travées du groupe UC. - Exclamations sur les travées du groupe SER.)

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