Question de Mme GRÉAUME Michelle (Nord - CRCE-K) publiée le 11/12/2025

Mme Michelle Gréaume attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la prévention du cancer de la prostate.
Ce cancer représente la première cause de cancer chez les hommes en France, avec 60 000 nouveaux cas chaque année et plus de 12 000 décès annuels. D'après certaines études, ce chiffre pourrait doubler d'ici 2040.
Souvent silencieuse, cette maladie est généralement découverte tardivement, ce qui nécessite des traitements complexes, invasifs et onéreux.
Cependant, à la différence du cancer du sein, du côlon ou du poumon, aucune campagne nationale d'information et de sensibilisation majeure n'a été mise en place spécifiquement pour le cancer de la prostate.
Un dépistage précoce et régulier dès 50 ans, par dosage de l'antigène prostatique spécifique (PSA), pourrait permettre une détection plus rapide de la maladie, réduire le recours à des traitements lourds et limiter les coûts, qui se sont élevés à 2,7 milliards d'euros en 2023.
Elle sollicite donc le Gouvernement afin de savoir s'il envisage de lancer une vaste campagne nationale de sensibilisation et de faciliter l'accès au dépistage PSA dès 50 ans, avec une prise en charge totale par l'assurance maladie.

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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 21/05/2026

Avec plus de 50 000 nouveaux cas et plus de 9 000 décès annuels, le cancer de la prostate est, chez l'homme, le premier cancer en termes d'incidence et le troisième en termes de mortalité. Rare avant 50 ans, son incidence augmente progressivement avec l'âge. Le dépistage du cancer de la prostate repose sur un test de dosage de l'Antigène spécifique de orostate (PSA) associé à un toucher rectal. A ce jour, il n'a pas été démontré que le dépistage du cancer de la prostate soit associé à un bénéfice significatif en termes de réduction de la mortalité globale et qu'un traitement immédiat à un stade précoce améliore le pronostic individuel. La valeur prédictive positive en population d'un taux élevé de PSA est faible. Ce qui expose à un nombre élevé d'investigations invasives inutiles, à la fois douloureuses et à risque de générer des complications sérieuses (infections, hospitalisations…). De plus, la décision médicale de mise en place d'un traitement doit faire l'objet d'une analyse individuelle de la balance bénéfice / risque. En effet, le cancer de la prostate est le plus souvent d'évolution lente et les traitements du cancer de la prostate sont grevés d'un taux élevé de séquelles invalidantes (incontinence, impuissance…), qui mérite d'être considéré si le cancer n'est pas agressif. Pour ces raisons, le dépistage du cancer de la prostate fait l'objet de débats au sein de la communauté médicale et scientifique internationale et il n'a pas encore été démontré que le dépistage du cancer de la prostate soit associé à un bénéfice significatif en termes de réduction de la mortalité tout comme il n'est pas possible aujourd'hui d'émettre des recommandations particulières visant à prévenir le développement du cancer de la prostate. En effet, en l'état actuel des connaissances, il n'y a pas lieu de mettre en place de programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA (et/ou toucher rectal) ni de recommander cette pratique. Une information éclairée du patient, sur l'ensemble de la démarche de dépistage et ses conséquences, par le médecin, est néanmoins nécessaire avant qu'un homme ne décide ou non de faire un dosage et ce dans le cadre d'un dépistage individuel. La question du dépistage des cancers de la prostate agressifs fait quant à elle l'objet d'un Programme d'actions intégrées de recherche (PAIR) de haut niveau, soutenu par l'Institut national du cancer (INCa), la Ligue nationale contre le cancer et La Fondation ARC. L'ambition de ce PAIR est de pouvoir « dépister de façon plus précise, en connaissant mieux les personnes à risque élevé, avec de nouveaux outils de dépistage, de nouvelles technologies moins invasives, plus facilement acceptables, et plus fiables que les tests actuels ». Dans ce contexte, il n'est pas prévu à ce jour d'engager de campagne nationale d'incitation au dépistage du cancer de la prostate à l'instar des campagnes nationales réalisées pour l'incitation au dépistage du cancer du sein ou du cancer colorectal. Néanmoins, l'Institut national du cancer développe de nombreux outils et contenus d'information du grand public sur le cancer de la prostate et le dépistage individuel (rubriques du site cancer.fr, brochure d'information grand public sur le dépistage du cancer de la prostate). Enfin, la stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030 prévoit de renforcer la recherche dans le domaine des dépistages notamment pour développer de nouveaux programmes de dépistage, comme celui du cancer de la prostate. Les résultats des études sont suivis par l'INCa et, le cas échéant, une nouvelle saisine de la haute autorité de santé pourrait être proposée en vue d'actualiser la recommandation de 2012 sur le dépistage du cancer de la prostate.

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